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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 21:50

LES NAVETTEUSES

 

 

Version française - LES NAVETTEUSES – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Le pendolari - Ahmed il Lavavetri – 2013


Sur la musique des Passantes de Georges Brassens
(ou Le passanti de Fabrizio de André, c'est le même)

 

 

 

L'autre soir, il m'est arrivé d'assister à un concert dans une usine occupée. Il y avait là un groupe, un « cover band », qui jouait tout le répertoire de Rino Gaetano (qui, sans discussion, était beaucoup mieux là que sur les affiches de Forza Nuova), et il y avait les travailleuses et les travailleurs de l'usine mise en faillite et fermée pour ensuite être rachetée à un prix, justement, de faillite. Avec ce qui, probablement, s'en suivra. En voyant tout ce grand débat de « passants » qu'il y eut hier sur ce site, me sont venues à l'esprit les « Passantes » de chaque jour; celles-là dont les yeux ne réfléchissent vraiment plus aucun paysage. Je me suis mis à penser à ce que verrait aujourd'hui, Antoine Pol dans le train ou aux fenêtres ; et, alors, il m'est venu ce qui suit. [Ahmed il Lavavetri – Ahmed le Laveur de vitres]

 

 

 

Je veux dédier ce refrain
Aux femmes serrées dans un train
Au retour du soir, à l'aller du matin
À celles licenciées à peine,
Anciennes, il ne valait pas la peine
De les garder jusqu'au lendemain

 

À celles qu'on doit réveiller
Avant quatre heures pour aller
Travailler jusqu'à en mourir
Et dorment dans le train sans sourire,
Une grimace barre leur profil
Tandis qu'elles passent de ville en ville.

 

À la compagne de voyage
Chômeuse d'une boîte de nettoyage
Qui vous glisse un tract en main ,
En gare, par la fenêtre, elle en passe
À une fille de l'usine de glaces
Qu'on a fermée ce matin.

 

À celles ponctuelles travailleuses
Qui ont cru pouvoir être heureuses
Et faire confiance à la direction
Maintenant elles manifestent ici
Elles en appellent à la démocratie

À la face de l’État et des patrons

 

À la navetteuse dont le collègue
Palpe le cul, et qui ne peut réagir
Sauf à ne plus vivre, c'est la règle
À celle à qui le patron fait sentir
Qu'il est mieux de se taire si elle ne veut

Pas aller laver les petits vieux

 

Le syndicat ne peut plus t'aider
On te demande de te sacrifier
Pour le bien de la nation,
Silencieuse, tu ne dois pas protester,
Ni te défendre, ni manifester,
Sinon, c'est la prison.

 

Le soir toutes à nouveau sur ce train
Plus puant encore, et plus plein
De visages ternes, d'espérances enfuies
Puis à la maison, il y a le ménage
Les repas, la télé et la rage
Et à laver des vaisselles infinies.

 

Alors dans les instants de solitude
Penser aux révoltes devient une habitude,
Une manière de contrer l'épouvante
Mais le matin, à nouveau sur les rails
Les voilà là, navetteuses du travail

Et quelqu'un siffle « Les Passantes ».

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