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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 21:01

Les Malouines aux Malouins

 

Canzone française – Les Malouines aux Malouins– Marco Valdo M.I. – 2012

Histoires d'Allemagne 81

 

An de Grass 82

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

 

 

Des fois, Marco Valdo M.I. mon ami, je me demande si, par hasard, tu ne te moques pas de moi ; de moi et de ceux qui auront l'obligeance de te lire... Car, si je ne me trompe pas, nous voici dans des Histoires d'Allemagne et tu m'annonces une canzone au titre aux allures fort peu germaniques. Les Malouines aux Malouins... Que viennent faire ici les gens de Saint-malo, car ce sont bien eux les Malouins... et leurs femmes sont bien évidemment, les Malouines.

 

 

Rassure-toi, Lucien l'âne mon ami, je ne me moque pas du tout de toi et je vais t'expliquer ce mystère. D'abord, il s'agit bien des Malouins, c'est-à-dire de gens de Saint-Malo, ville et port fortifié de Bretagne, des marins s'il en est ; cependant, pour ce qui est des Malouines, il ne s'agit pas de leurs dames, mais bien des îles de l'Atlantique sud auxquelles, il y a bien longtemps, ces Bretons donnèrent leur nom. Quant au rapport avec l'histoire d'Allemagne de cette chanson, il est tout entier d'une part dans la bataille des Malouines qui en 1914 vit la marine anglaise anéantir la flotte allemande de l'amiral von Spee et d'autre part, dans la bataille navale qui, en 1982, opposa encore la marine anglaise à la marine argentine... Dans cette dernière, l'astuce est que les deux sous-marins les plus récents et les mieux équipés de la marine argentine avaient été construits et fournis par l’Allemagne. Heureusement, dit notre narrateur, l'un (le Salta) était en cale sèche, quant à l'autre de nos sous-marins (le San Luis), il ne put lancer ses torpilles car les servants argentins n'étaient pas encore formés à l'électronique embarquée. Qu'aurait-on dit à l'Otan ? Un sous-marin allemand (de fabrication...) coule un vaisseau anglais...

 

 

Ç'aurait fait un peu désordre et certainement jeté un certain froid... Ah, je comprends mieux ce que vient faire cette canzone dans les histoires d'Allemagne.

 

 

C’est en effet le cadre général de la canzone, mais comme toutes les histoires d'Allemagne, celle-ci est racontée par un interlocuteur privilégié, en l’occurrence, quelqu'un qui travaillait dans la société qui avait construit les fameux sous-marins, dénommés U-209. Tu te souviendras qu'ici même, dans ces histoires, on a déjà eu une chanson consacrée à l'U 1. [[37639]], sans compter celle, toute récente consacrée au Grand Amiral Dönitz, amateur de sous-marins et à son enterrement [[42535]].Tout cela avec pour cadre Hambourg ou Kiel. Pour le reste, la canzone fait l'histoire des Malouines, d'une part ; et d'autre part, elle aborde l'histoire de l'Allemagne de 1982 à partir d'un tableau représentant un marin tenant le drapeau du Reich hors de l'eau lors du naufrage du navire de von Spee coulé par la Royal Navy... En 1914... C'est le drapeau du Reich... et c'est ce drapeau qu'arborent les skinheads lors de manifestations du lundi à Leipzig en 1982 où l'on revendique la « réunification allemande »... Le commentateur note finement « Ein Volk ! Ein Reich ! » … sous-entendant : Ein Führer ! Comme il dit : « C'est reparti ! »

 

 

Sans doute, dit Lucien l'âne très sérieusement, connaissait-il l'expression populaire française : « C'est reparti comme en 40 » ...

 

 

Il y a certainement de ça... Car ce Reich auquel le drapeau fait allusion est celui qui fut amené sur les fonds baptismaux par le Chancelier Bismarck, c'est la réalisation du « rêve d'Otto », dont nous parlons régulièrement.

 

 

Moi, dit Lucien l'âne, ce qui me frappe, c'est que ces pauvres îles perdues à près de cinq cents kilomètres des côtes et où il n'y a que quelques habitants, des manchots et des moutons, ont connu en direct deux épisodes de guerre... La Guerre de Cent Mille Ans décidément se déroule jusque dans les coins les plus reculés... Raison supplémentaire pour que nous reprenions sans plus tarder notre tâche qui est, comme bien tu le sais, de tisser le linceul de ce vieux monde belliqueux, envahisseur, conquérant, colonisateur et cacochyme. (Heureusement ! )

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Malouines-1914.jpg

 

 

 

Comme le firent La Boudeuse et ses marins,

Dans le fond,

Les Malouines auraient dû revenir aux Malouins

Car au fond,

On aurait pu éviter cette guerre aux Argentins

Mais au fond

Quand je dis ça, je ne dis rien

Les premiers colons

Étaient des Acadiens

 

Aux Malouines, il y avait de grands dépôts

Chargés de charbon

Pour refournir les grands bateaux

Qui marchaient au charbon

La grande flotte du Sud et ses matelots

Victorieux et fiers, au fond

Graf von Spee regardaient le soleil déjà haut

Avant de couler tout au fond

En tenant haut le drapeau

 

Aux Malouines, Malvinas, Falkland

Depuis longtemps, tout était tranquille

Les manchots, les moutons et quelques gentlemans

Déambulaient sur l'île

Soudain, guerre et débarquement

Coups de feu dans la ville

Les Argentins du continent

Vainqueurs dans les rues défilent

Allégresse d'un moment

 

Aux Malouines, tout est fini

Et nos sous-marins argentins

N'ont heureusement pas servi

Mais le drapeau du Reich revient

Aux manifestations de Leipzig

Des jeunes gens plein d'entrain

Aux crânes passés à l'émeri

Crient un seul peuple dès demain

Ein Reich, ein Volk, c'est reparti !

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