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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 23:30

LES ENFANTS JOUENT À LA GUERRE

Version française – LES ENFANTS JOUENT À LA GUERRE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Kinder in den Krieg zu spielen – Anonyme





Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, te voilà bien catastrophé, me semble-t-il...



Que se passe-t-il ?

Mon ami Lucien l’âne, je vais tout te dire. D'abord, je ne suis nullement catastrophé, je suis tout simplement perplexe. Et je m'en vais t'expliquer pourquoi. J'avais comme tu le vois traduit une chanson allemande, intitulée « Kinder in den Krieg zu spielen » qui du reste est une chanson fort claire sur le chapitre de la guerre... et contre la guerre. La chose me paraissait limpide jusqu'au moment où j'ai lu les commentaires des divers intervenants dans le débat qui mettait en cause à tout le moins la paternité de Brecht. Et les remarques étaient fondées... Il n'y a pas d'autre trace de cette chanson ailleurs qu'en Italie, je veux dire dans l'Italie digitale. Nulle trace en Allemagne, rien sur d'autres parts.



C'est pour le moins curieux, en effet. Quand on sait combien Brecht est prisé par les Allemands (pas par tous, certes...), mais quand même.



Et puis, vois-tu Lucien l'âne mon ami, un pareil texte sur la guerre et les enfants , s'il avait été écrit par Brecht, aurait immanquablement fini dans les anthologies ou aurait fait l'objet d'une référence de l'Unicef, par exemple dans des programmes d'enfants en guerre, d'enfants soldats et pourtant, à ma connaissance, nulle trace, excepté... À tout le moins serait présent quelque part ailleurs... Mais rien. Ni en allemand... Ni en français et je peux garantir que les gens de théâtre de France – du moins, une part importante d’entre eux est très intéressée par tout ce qui a pu être écrit par Brecht.



Alors ?, dit Lucien l'âne en fronçant les sourcils et en formant un point d'exclamation de l'oreille droite.



Alors, ceci : j’ai un peu l'impression qu'on prête à Brecht bien des choses et notamment celle-ci. Mais me diras-tu, on lui en a tellement pris que ce ne serait qu'un juste retour... Et par exemple, s'il y avait un autre père à cette chanson ou ce poème, peu importe... Erich Kästner, par exemple...



À moi, dit Lucien l'âne en rougissant sous son poil noir comme les pentes de l'Etna, il me semble qu'il faudrait – en attendant de pouvoir préciser la chose – attribuer ce texte à l'auteur inconnu, généralement connu sous le nom de l’anonyme. Mais je t'en prie, fais-nous connaître ta version... Car compte tenu du sujet et de l'importance qu'il y a d'en faire état, me paraît rencontrer notre effort dans cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches font sempiternellement aux pauvres, cherchant ainsi à mieux asseoir leur domination, à renforcer leur puissance et à les terrifier de mille façons, qui est s'emploie à tisser et tisser encore le linceul de ce vieux monde manipulateur, polémophile, guerrier et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane





Les enfants jouent à la guerre.
Il est rare qu'ils jouent à la paix.
Car les adultes
Font toujours la guerre,
Ils font « pan » et ils rient;
Le soldat tire
et un autre homme
ne rit plus.
Telle est la guerre.
Il y a un jeu plus subtil
Qu'il faut inventer:
Un sourire au monde,
Pas de pleur.
La paix signifie
Qu'il n'y a jamais

De jeu égal.
Ton jouet
Plaît aussi à
D'autres enfants
Qui souvent n'en ont pas,
Pourquoi as-tu autant ;
Les dessins d'autres enfants
Ne sont pas des pâtés ;
Ta mère
N'appartient pas seulement à toi ;
Tous les enfants
Sont tes amis.
Et la paix est toujours encore
Ne pas avoir faim
Ne pas avoir froid
Ne pas avoir peur

 

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Marco Valdo M.I.
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