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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 18:08

Les Bigotes



Chanson française – Les Bigotes – Jacques Brel – 1962

 

 


 

Et une version en milanais :

 

 


 

 

Walter Di Gemma en Milanais

Le bigotte (Les Bigotes) di Jacques Brel, video live amatoriale tratto dal recital "Walter Di Gemma canta Jacques Brel" in lingua milanese. Stagione teatrale 2002/2003



« Le Ciel, l'Enfer : fables vieillottes,

Font sourire un libre penseur.

Bon Dieu des bigotes,

Tu n'es qu'un farceur. »,

disait déjà Eugène Pottier (Leur Bon Dieu) [[3049]] et on voit mal comment le contredire.





Personnellement, dit Lucien l’âne en riant, j'ai bien une suggestion, mais elle est de pure forme, j'aurais plutôt dit : Dieu des bigotes, tu n'es qu'une farce, étant sous-entendu par là : « Quel est le débile qui a bien pu inventer une pareille sottise ? ». On se demande d’ailleurs parfois ce que vous pouvez bien avoir en tête, vous les humains... Dieu, Dieu... Quelle farce !





Assurément Dieu est une farce... Brel lui-même le redit dans la chanson : « Dans le ciel qui n'existe pas... » Admettons, mais si je te citais le bon Pottier, Lucien l'âne mon ami, c'est pour la raison que la chanson que je te propose d’ouïr s'intitule « Les Bigotes » ; ce sont ces demoiselles que l'on qualifie de diverses façons : béguines, grenouilles de bénitier, punaises de sacristie et sans doute d’autres manières encore. C'est précisément un des charmes de la chanson de Jacques Brel que de détailler la « bigote ». Un portrait à l'eau forte comme il sait si bien les faire et pas tendre avec ça. Bien sûr, dans nos pays, à prédominance catholique, la bigote est par essence catholique... On ne sait trop pourquoi, ni comment elles surgissent du néant... Car, en apparence, on ne naît pas bigote, on le devient... en prenant de l'âge et en perdant de sa fraîcheur. Certains en croient l'espèce en voie d'extinction, mais à mon sens, rien n'est moins sûr. Quoi qu'il en soit, ces dames sont parmi les plus grands soutiens du conservatisme social ; ce sont les cousines des dames patronnesses. Elles peuvent d'ailleurs cumuler les deux fonctions... Bigotes et dames patronnesses [[39814]].





Mais, dit Lucien l'âne en ouvrant de grands yeux aussi noirs qu'étonnés, les bigotes telles que les présente Brel n'occupent plus tellement le paysage de nos villes...





Certes, et c'est heureux, il y a un recul de la « bigote traditionnelle »... toute vêtue de noir, c'était une sorte de pendant des prêtres en soutane... Lesquels, chez nous du moins, on quitté la scène publique. Mais tout comme eux, elles ont appris à modifier leur apparence et à se glisser dans le flot de la foule inaperçues, mais elles n'en sont pas moins présentes... Il suffit de voir certaines manifestations, certains rassemblements... À Milan l'autre jour, il y en avait des tas... Ou certains jours de l'année à Rome sur la place qui borde le Vatican... Là elles ressortent déguisées en femmes, mais elles n'en restent pas moins les fidèles piliers de l'Église dans ce qu'elle a de plus oppressant pour les femmes et les hommes de ce temps. En fait, elles ont en quelque sorte muté, mais elles continuent leurs ravages.





Dès lors, face à elles aussi, il nous revient de mener à bien notre tâche qui est de tisser le suaire de ce monde croyant, crédule, religieux, oppressant et cacochyme. (Heureusement !)





Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

Elles vieillissent à petits pas
De petits chiens en petits chats
Les bigotes
Elles vieillissent d´autant plus vite
Qu´elles confondent l´amour et l´eau bénite
Comme toutes les bigotes
Si j’étais diable, en les voyant parfois
Je crois que je me ferais châtrer
Si j´étais Dieu en les voyant prier
Je crois que je perdrais la foi
Par les bigotes

Elles processionnent à petits pas
De bénitier en bénitier
Les bigotes
Et patati et patata
Mes oreilles commencent à siffler
Les bigotes
Vêtues de noir comme Monsieur le curé
Qui est trop bon avec les créatures
Elles s´embigotent les yeux baissés
Comme si Dieu dormait sous leurs chaussures
De bigotes

Le samedi soir après l´turbin
On voit l´ouvrier parisien
Mais pas de bigotes
Car c´est au fond de leur maison
Qu´elles se préservent des garçons
Les bigotes
Qui préfèrent se ratatiner
De vêpres en vêpres, de messe en messe
Toutes fières d´avoir pu conserver
Le diamant qui dort entre leurs f[esses]...
De bigotes

Puis elles meurent à petits pas
À petit feu, en petit tas
Les bigotes
Qui cimetièrent à petits pas
Au petit jour d´un petit froid
De bigotes
Et dans le ciel qui n´existe pas
Les anges font vite un paradis pour elles
Une auréole et deux bouts d´ailes
Et elles s´envolent... à petits pas
De bigotes.

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Marco Valdo M.I.
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