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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 15:10

 

 

LE PROBLÈME DU FÜHRER CONSIDÉRÉ D'UN POINT DE VUE GÉNÉTIQUE

 

Version française - LE PROBLÈME DU FÜHRER CONSIDÉRÉ D'UN POINT DE VUE GÉNÉTIQUE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande - Das Führerproblem, genetisch betrachtet – Erich Kästner – 1932

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Erich_K%C3%A4stner

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, j'avais suggéré l'autre jour dans notre conversation à propos de cette chanson à la paternité discutée [43426], dont j'avais intitulé la traduction LES ENFANTS JOUENT À LA GUERRE, chanson que tu avais toi-même attribuée provisoirement au plus célèbre et plus prolifique de tous les auteurs, je veux dire ainsi : l'anonyme, que si ce n'était Bertolt Brecht (et il y a beaucoup d'indices que ce ne serait pas lui), ç'aurait pu être Erich Kästner. J'avais lancé cette hypothèse un peu au hasard, mais elle me semblait cependant parmi les plus plausibles. Depuis j'ai un peu indagué sur cette voie et ce qui était hasardeux me semble pouvoir être argumenté. Ceux qui connaissent Kästner savent qu'il était un grand auteur de littérature pour la jeunesse (une position difficile où on est souvent ignoré des adultes et tenu soi-même pour un auteur mineur), mais il est moins connu qu'il fut aussi un grand journaliste à Berlin du temps où il était dangereux d'avoir un avis (demandez-le à Tucholsky, par exemple) sous le pseudonyme de Berthold Bürger (citoyen Berthold) et tout autant, un poète aux accents antimilitaristes des plus affirmés. Alors qu'il avait pu se réfugier en Suisse, il revînt en Allemagne pour en quelque sorte affronter la bête immonde. En conséquence, il fut plusieurs fois arrêté par la Gestapo et on interdit ses livres et on les brûla. On a donc là, un poète antimilitariste qui savait parler aux enfants... Je n'insisterai pas sur les initiales B.B.


C'est évidemment intéressant, mais ce ne sont là que des conjectures...


Des conjectures, en effet, Lucien l'âne mon ami, mais elles auront eu l'avantage de faire paraître Erich Kästner dans les Chansons contre la Guerre... et pour appuyer le propos, je vais ici te montrer une chanson sans musique (Verlaine avait bien écrit des Romances sans paroles et Brel Une Chanson sans paroles)...


Une chanson sans musique ?, dit Lucien l'âne. Mais moi, j'en connais tout plein des chansons sans musique , à commencer par L'Odyssée et l'Iliade et tout ce que les aèdes ont chanté ; ensuite, la chanson de geste – celle de Roland et les autres... En fait, la chanson n'a été réduite à ce qu'elle est maintenant que par la nécessité de tenir sur un disque et de faire du commerce. Et que dire des romances, ballades, lais, complaintes... Tranchons, la chanson est tout simplement un texte poétique... D'ailleurs, le poète chante... La poésie chante et la prose devient poétique dès l'instant où elle se met à chanter. D'ailleurs, c'est bien toi qui dit que les musiciens sont en retard... Villon et Rutebeuf, Verlaine, Rimbaud, Baudelaire, Apollinaire ont attendu Ferré pour être mis en musique, idem Théodore de Banville, Jean Richepin, Antoine Pol ont attendu Brassens et Brecht lui-même en français... attendit Boris Vian."Et voilà l'eau qui monte et le bateau qui descend..." Donc, tout texte poétique attend les musiciens...


Dès lors, voici une chanson de ce poète ici méconnu d'Erich Kästner. Une chanson des plus ironique qu'il fit en 1932 à l'égard du tristement célèbre Führer (toujours sans les musiciens – ils jouaient dans les fanfares du régime... ou alors, ils étaient en exil). On en a même un enregistrement de sa voix...

Fort bien. Écoutons-le alors. Puis reprenons notre travail qui consiste à tisser le linceul de ce vieux monde plein de bruits (de bottes) et de führers... oh, pardon ! De fureur, de ce vieux monde furieux, incendiaire, toujours gros d'une bête immonde et cacochyme.


Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Quand Dieu à la fin de la première semaine
Regarda le monde, et vit, qu'il était bon,
Alors, il se frotta les mains.
Une sorte d'exubérance l'a emballé.
 
Il regarda fièrement sa Terre
Et il vit la tuberculose, la Standard Oil et des armes
Alors, d'Allemagne, monta une plainte :
« Tu as oublié de créer notre Führer !»

 

« Dieu fut consterné. On peut le comprendre

« Mon cher peuple allemand », a-t-il écrit en réponse,
« Il faut simplement avancer sans Führer .
La création est finie. Grâce à Dieu. Bonne chance. »

 

Alors, nous restâmes là sans rien,
Abandonnés bonnement à l'histoire universelle.
Et : Tout ce qui arriva depuis lors,

Ne peut être saisi sans cette indication.

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Marco Valdo M.I.
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