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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 21:26

LE FANTÔME DU LAC

Version française – LE FANTÔME DU LAC – Marco Valdo M.I. – 2012

d'après la version italienne de Gian Piero Testa d'une

Chanson comasque – El fantasma del laac - Davide Van De Sfroos – 1992

 

 

 

Il est bien sympathique ce fantôme..., dit Marco Valdo M.I. en riant. Il y a déjà quelques mois qu'on parle ensemble et je lui avais promis de lui mettre sa chanson en français... Car il me disait qu'avec tous ces touristes, il essayerait peut-être de se réfugier pour un moment de répit sur un lac en Suisse ou en France, là où on parle le français et sa chanson lui servirait de carte de visite. Trop de touristes, mais aussi, dit-il, le fait que l'Italie lui semble dans une passe difficile et qu'on ne sait jamais... REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VONT NOUS LE FAIRE BIENTÔT. Il n'aimerait pas qu'ils lui prennent son suaire ou qu'on tente de le forcer à travailler...

 

Oui, évidemment... Je le comprends, dit Lucien l'âne, tout frémissant à l'idée qu'on tente de le forcer à travailler. Qu'on lui prenne son suaire, passe encore... Mais si on essaye de le forcer à travailler... Là, c'est un casus belli. Les travaux forcés, le travail obligatoire, c'est une condamnation à vie, d'autant qu'ils veulent encore retarder l'âge de la retraite... Moi aussi, je prendrais la tangente... Je dis tout de suite pour nos amis italiens que « prendre la tangente », en français, ce n'est pas encaisser une somme pas trop claire de manière discrète, comme – dit-on – le font certains politiciens. C'est tout simplement s'éclipser en douce... S'en aller de côté, l'air de rien ; partir tant qu'il en est encore temps.

 

À propos de mot, dit Marco Valdo M.I., je voudrais revenir un instant sur la traduction dans cette version du fantôme du lac du mot italien : « palle »... J'imagine que tu sais aussi bien que moi ce qu'il signifie, mais précisons-le tout de même pour qu'on ne croie pas que nous l'ignorons : les « palle », ce sont les couilles. Ici, je l'ai traduit par « os », non pas que je craigne de dire « couilles », ou n'importe quel mot, mais ici, la tentation de la rime (« Mais qui dira les torts de la rime... » - pour nos amis italiens ou anglo-saxons, j'indique qu'il s'agit un fragment de L'Art Poétique de Paul Verlaine, que je considère comme un des textes poétiques les plus extraordinaires qui soient et surtout, un des plus beaux – je le proposerai sous forme de chanson aux Chansons contre la Guerre..., , car il a été chanté par Léo Ferré) ou plus simplement, le goût d'un mot pour un autre, laissant planer un peu de doute sur la chose (« où l'indécis au précis se joint... »)... Certes, tout ceci est bien vrai, mais aussi, je te rappelle qu'Henry IV, jusqu'à cinquante ans, a cru que c'était un os, au demeurant fort proche de certaines parties du corps que la morale et la décence m'interdisent de préciser davantage. C'est donc un clin d’œil au roi de Navarre, réputé pour son grand nez.

 

Quand tu auras fini de raconter n'importe quoi, tu voudras bien me dire ce que ce fantôme vient faire dans les CCG...

 

Mais enfin, Lucien l'âne mon ami, n'as-tu pas vu qu'il y était question de partisans, de répression fasciste... Qu'il n'est pas le fantôme d'un seul mort que commit cette terreur … Il parle quand même de trois cents morts... Enfin, moi je ne suis que traducteur... Pour d'autres détails, il te faudra interroger Gian Piero Testa qui est du coin et doit en savoir beaucoup plus que ce que je devine. Ce ne serait d'ailleurs pas mal, s'il nous expliquait un peu les songes de ce fantôme... À moins que Davide Van De Sfroos lui-même...

 

En attendant, Marco Valdo M.I. mon ami, fantôme ou pas fantôme, il nous faut continuer notre tâche qui, je te le rappelle, consiste à tisser le linceul de ce vieux monde belliqueux, replet, humainement indigne et cacochyme. (Heureusement!)

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Je voyage sur le lac,

Comme une mouche sur le verre,

Je vais, je viens

De Bellagio à Bolvedro,

Et je voyage sur les chemins,

J'épouvante les fillettes

De Cadenabbia à Tremezzo...

 

Oh, oh, je suis le fantôme du lac

 

J'ai vu la guerre

J'ai vu les partisans

Et ceux qui ont massacré

Là au dessus d'Azzano,

Je voyage dans le vent

Et je me gratte une épaule

Cette nuit pour dormir

Je resterai en bas à Sala (Comacina)...

 

Oh, oh, je suis le fantôme du lac

 

Je suis mort trois cents fois

Et je suis encore en paix

Il me plaît de poursuivre

Les jeunettes de Domaso.

Cependant, parfois

J'ai aussi le bleu

Et je pleure un peu

En bas sur la rive de Colonno...

 


Oh, oh, je suis le fantôme du lac

 

Je suis poursuivi

Par les carabiniers d'Argegno

Qui veulent m'emprisonner

Dans une maison de bois

Et me courent après aussi

Les douaniers de Nobiallo

Et je leur dit

De ne pas me casser les os

 

Oh, oh, je suis le fantôme du lac

 

Me coursent aussi

Les frères de Piona

Qui veulent me remplacer

Par une quelconque Madone

Et je fuis

Sans parebrise

Il m'arrive de changer de lac

Et je finis à Porlezza (Lac de Lugano)...

 

Oh, oh, je suis le fantôme du lac

 

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