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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 20:11

La Véridique Histoire De La Disparition Du Rouge

 

Chanson de langue française – Marco Valdo M.I. – 2013

 

 

 

 

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Ah, Lucien l'âne mon ami, voici en chanson la version française de cette histoire « vraie » racontée par Andrea Camilleri, « histoire vraie » dont j'ai tiré cette petite chanson. Bien évidemment, une parodie, c'est ma manie. Comme tu le sais autant que moi, les chansons durent et se diffusent tout partout. C'est ma modeste contribution de citoyen européen à la nécessaire ingérence des « étrangers européens » dans ce désastre vers où certains mènent l'Italie. Car, je l'ai déjà dit il y a un certain temps, l'Italie nous importe en ce qu'elle est partie de notre monde et que lorsqu'elle a dérapé l'autre fois et qu'elle s'était livrée quasiment sans réserve à un cavalier hurlant, elle mena le reste de l'Europe et du monde à un terrible massacre – plusieurs dizaines de millions de personnes furent tuées, des millions et des millions d'autres en subirent de terribles dommages. Tu comprendras aisément qu'il est plus qu'utile de décréter un droit d'ingérence et de sauter allègrement les Alpes. On ne peut laisser les Italiens seuls face à cette farce tragique qui se joue actuellement entre les deux rives du Tibre. Et puis, il y a la honte qu'en tant qu'être humain, on ressent de voir agir impunément une telle bande de cuistres. Dès lors, voici une chanson prophylactique.

 

 

Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, cela me réjouit le cœur et l'esprit. Même si ce n'est pas la première fois que tu t'en prends aux loups de Rome[[8929]] et que tu sonnes ici le tocsin. Trop is te veel !, dit-on par ici. Mais, dis-moi, d'où t'est venue l'idée de cette chanson sur la disparition du rouge...

 

 

Je te dirai tout. Il m'arrive, vois-tu, de lire Micro-Méga, une revue italienne de belle tenue. Et dans le numéro qui sort ces jours-ci, j'ai trouvé ce texte d'Andrea Camilleri (http://temi.repubblica.it/micromega-online/camilleri-e-montalbano-sabato-tutti-in-piazza-con-la-fiom/), qui comme tu sais, est écrivain et a quelques accointances avec notre José Saramago, auquel tu voues une admiration... Je le sais et je sais aussi que tu regrettes un peu qu'il ait raconté le Voyage de l'Éléphant plutôt que celui de l'âne... Mais que veux-tu, on ne peut pas tout faire. Si j'insiste sur ces accointances, c'est qu'elles ont un rapport direct avec la canzone... Dans les Intermittences de la Mort, José Saramago racontait qu'elle (la mort...) envoyait préalablement à sa visite, préalablement au moment où elle venait enlever un homme ou une femme pour l'emmener vers le néant, elle envoyait une lettre dans une enveloppe violette. Il raconte aussi qu'elle fit exception pour une personne, un homme qui sans doute avait pu la séduire. C'est un peu le cas ici...Quoique ce ne soit pas vraiment la séduction de ce bellâtre qui ait attiré cette gente dame. Le fatum de Camilleri était un arc-en-ciel, le nôtre, c'est la camarde qui s'en vient chercher son cavalier pour l'emmener faire la noce aux enfers...

 

J'aimerais cependant, Marco Valdo M.I., afin de faire certaines comparaisons que tu me lises le texte de Camilleri, je veux dire ta version en langue française...

 

Pour te complaire, la voici :

 

 

Fable Véridique *
d' Andrea Camilleri

Élu par un peuple en délire président de tout (de la République, du Sénat, de la Chambre, du Conseil), le Cavalier réunit ses ministres et dit : « Depuis longtemps j'avais préparé la réforme de la Constitution. Prenez des notes. J'ai déjà envoyéle texte à la Gazette Officielle ». Diligentement, les ministres se munirent de papier et de plume.


« Article 1 » dicta le Président. « Iliata est une République fondée sur les travaux du Cavalier. »

Les ministres opinèrent.


« Article 2 », poursuivit le Président. « La couleur rouge, symbole du communisme détesté, est déclarée anticonstitutionnelle et par conséquent, elle est abolie.

 

« Comment ferons-nous pour la Ferrari ? » demanda le ministre de l'Industrie.

« Il n'y a pas problème. Elles deviennent azur » reétorqua le Cavalier.

« Et avec le Tricolore ? » demanda à son tour le ministre de la Défense.

« Il reste tricolore, mais au rouge on substitue l'azur » fit sèchement le Cavalier.
Et ainsi de suite.

Furent établies des amendes salées pour celui qui, impliqué dans un n'importe quel incident, montrerait publiquement le rouge de son sang, avec les désherbants, on fit disparaître les roses et toutes les fleurs rouges, la viande rouge ne fut plus admise à la vente tandis que le poisson azur fut exalté, l'unique vin dans commerce resta le blanc.

Submergés de tout cet azur, les Iliatani commencèrent bien vite à souffrir de nostalgie du rouge, une nostalgie qui devenait de jour en jour toujours plus aiguë.

Il y eut alors les premiers attentats revendiqués par le Grar (des Groupes révolutionnaires des adorateurs rouge).

Les contrebandiers faisaient des affaires d'or non pas avec les cigarettes ou les clandestins, mais avec les boîtes de sauce de tomate, absolument interdites en Iliata.

Jusqu'à ce que un matin, après une très violente averse, apparut dans le ciel un gigantesque arc-en-ciel qui couvrit le pays tout entier. Le rouge de cet arc-en-ciel n'était pas seulement une couleur, mais un fracassant cri de révolte, décidée et limpide. Cet arc-en-ciel marqua, toujours porté par un peuple en délire, la fin du Cavalier.

* un apologue prophétique d' il y a 12 ans, tiré par « Cinq fables politiquement incorrectes », publiées sur « MicroMega », n. 2, Mars 2001, maintenant dans
Come la penso (« Comme je le pense »), Chiarelettere 2013

 

Et avant de te laisser conclure, j'espère que tu connais La Légende de la Nonne, que notre bien-aimé oncle Georges tira d'un somptueux poème du Père Hugo, car c'est elle qui mène la danse. C'est elle qui m'a donné la clé du destin du cavalier aux cheveux mous, président de tout.

Écoute ce que disait la légende et bien évidemment, transpose un peu... Ainsi, la nonne peut-être interprétée comme ce que les Italiens honnêtes appellent la « caste », quant au bandit...

 

« Or quand, dans la nef descendue
La nonne appela le bandit
Au lieu de la voix attendue
C´est la foudre qui répondit
Dieu voulu que ses coups frappassent
Les amants par Satan liés
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers »

 

 

Eh bien, dit Lucien l'âne en raidissant son échine avec un certain tremblement, puisqu'il me faut conclure, je dirai que je me sens en excellente compagnie avec tous ces écrivains qui à leur manière et mieux que nous assurément, tissent le linceul de ce vieux monde libidineux, délirant, infernal et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

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Venez, vous dont l´œil étincelle
Pour entendre une histoire encor
Approchez: je vous dirai celle
Du vieux vieillard et de la mort

 

Un épouvantable délire populaire,

Avait élu président de tout

Des assemblées, des ministères

Le cavalier aux cheveux mous

 

 

Italiens, voici les gens de la caste

Cachez donc vos rouges idées

 

 

Fort de ses succès populaires

Et de son Grand Conseil extraordinaire

L'Illustrissime décréta, sans que personne ne bouge

Le bannissement absolu de tout ce qui était rouge

 

À commencer par les drapeaux, les avions et les autos

Puis,on s'en prit aux cravates et aux culottes

Aux poissons, aux limaçons et aux escargottes

Au grand dépit du Vatican, on interdit le rouge aux cardinaux.

 

 

Italiens, voici les gens de la caste

Cachez donc vos rouges idées

 

 

Il anoblit tout son monde, palsambleu

Toute la clique eut dès lors le sang bleu

Il fit décorer les daltoniens et les daltoniennes

C'était, dit-il, l'avant-garde des citoyens et des citoyennes

 

 

Il ruminait jour et nuit

Hanté par une terrible ire

La République, il n'y a rien de pis

Son régime s'établit, il le fit empire

 

 

Italiens, voici les gens de la caste

Cachez donc vos rouges idées

 

 

Au sang rouge, les amendes les plus fortes

La mort bientôt vint frapper à sa porte

Elle lui dit : ô vieillard libidineux et pervers

Vois-tu, de tous, c'est toi que je préfère

 

 

Marions-nous, je te sais célibataire

Allons donc faire la noce en enfer.

Tous tes amis t'y attendent autour de Lucifer

Il y a là Khadafi, Mussolini et Hitler.

 

 

Italiens, voici les gens de la caste

Cachez donc vos rouges idées

 

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