Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 17:47

LA SEMAINE TRAGIQUE

 

Version française – LA SEMAINE TRAGIQUE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson espagnole – La Semana Trágica – Orsini – 2012
Du disque intitulé – Quelle peur ! – “Hasta la total extinción de la burguesía”‎ - « JUSQU'À L'EXTINCTION TOTALE DE LA BOURGEOISIE »



Ce n'est pas que me plaisent le « crossover thrash hardcore », ni même les « bombes Orsini » (du nom de son constructeur, le carbonaro Felice Orsini qui en 1858 fit un massacre dans la tentative d'assassiner Napoléon III)… Cette chanson me sert d'occasion pour rappeler brièvement la « Semana Trágica » espagnole lorsque, à la fin de juillet de 1909, à Barcelone et dans une grande partie de la Catalogne, les gens – pas seulement anarchistes et socialistes – s'opposèrent aux conscriptions obligatoires destinées à procurer de la nouvelle chair à canons pour les guerres coloniales en Afrique.



Barcelone, Semana Trágica

La « Semaine Tragique » espagnole (car il y en eut une autre – et bien plus sanglante – en Argentine, à Buenos Aires, 10 ans après : La
semaine tragiquedésigne une période allant du 7 au 16 janvier 1919, marquée par une série de grèves et de manifestations en Argentine. Ces mouvements sociaux font l'objet d'une sévère répression menée par le président argentin qui envoie l'armée ainsi que des commandos para-militaires, les Ligas patrióticas. À l'issue de cette semaine de troubles, on aurait dénombré plus de 700 morts et 4 000 blessés. La violence de la répression policière a également touché la communauté juive de Buenos Aires) fut causée par le rappel, par le premier ministre espagnol Antonio Maura, des troupes de réserve qui devaient venir en renfort lorsque l'Espagne recommença son activité coloniale au Maroc.
Le ministre de la guerre rappela une brigade composée d'unités actives et de réserve en Catalogne. Parmi celles-ci, il y avait 520 hommes qui avaient terminé le service militaire six ans auparavant. Il était possible de refuser de s'engager, en payant cependant un « rachat » pour un montant qu'aucun d'eux, tous travailleurs salariés et paysans, n'aurait pu se permettre.

Alors la Solidaridad Obrera (Solidarité ouvrière), conduite par des anarchistes et des socialistes, organisa une grève générale le 26 juillet 1909 contre l'appel des réservistes par Maura. Des actes de vandalisme furent commis par des membres des « jovenes barbaros » ( « jeunes barbares »), associés au Parti Républicain Radical Socialiste d'Alejandro Lerroux. Le jour suivant, les ouvriers prirent le contrôle de Barcelone, en arrêtant les trains des troupes et en déviant les trams. La révolte prit même un tour anticlérical, car l'église était accusée d'être proche du gouvernement, du pouvoir, des classes dirigeantes qui envoyaient les hommes au massacre dans la guerre coloniale. Des églises et des couvents furent pris d'assaut, pillés et incendiés. Barcelone se transforma dans une « ciutat cremada »… L'arrivée de la nouvelle que deux ou trois cents réservistes étaient tués de la résistance arabe et berbère du Rif ne fit que raviver la rébellion et les violences. En el Barranco del Lobo

 


Barcelone, manifestation pour la liberté de Ferrer et des autres arrêtés


La réaction on ne se fit pas attendre. Maura fit converger sur Barcelone un fort contingent de soldats qui, à partir des Ramblas et du port, à coups de fusil, eut raison de toute résistance en l'espace de quelques jours. Le bilan final fut d'une octantaine de morts (presque tous civils) et d'une centaine d'édifices incendiés (presque tous religieux).
Mais cela ne finit pas là : le gouvernement déchaîna une dure chasse à l'homme, avec milliers d'arrestations et des centaines de procès, beaucoup conclus avec des condamnations très lourdes. Cinq hommes furent condamnés à mort : Josep Miquel Baró, Antonio Malet Pujol, Clemente García, Eugenio de Hoyo et, plus célèbre tous, de Francesc Ferrer, le célèbre libre penseur pacifiste et anticlérical et le pédagogue libertaire, fondateur de l' « Escuela Moderne » [http://fr.wikipedia.org/wiki/Francisco_Ferrer], qui fut condamné et fusillé car il fut considéré l'inspirateur idéologique de la révolte.

 


À Barcelone
La classe ouvrière
Fourbue de misère
S'oppose à la guerre
Descend dans la rue
Brûle les temples
Pendant sept jours
Et nuits de feu.
La colère du peuple.
Rien n'arrête un peuple insurgé…
Personne
Les comités ouvriers
Déclarent la grève
Et la bourgeoisie l'« été de guerre »
La colère du peuple
Devient incontrôlable
Contre la sale « guerre sale des banquiers »
La colère du peuple
Rien n'arrête un peuple insurgé
Il sait que c'est son moment
Brûlent les églises et les couvents
Brûle une vie de tourment
Et dieu…
Et dieu bénit la répression
Contre les profanateurs et les dépossédés
Et dieu…
Et dieu bénit la répression
Contre les profanateurs et les dépossédés
Les militaires
Avec leurs canons
Teintés de sang
Restaurent l'ordre
Prison et mort
Torture et sang
C'est l'ordre
Des bourgeois
Criminels, assassins
rien n'arrête un peuple insurgé
Il sait que c'est son moment
Brûlent les églises et les couvents
Brûle une vie de tourment
Il sait que c'est son moment
Brûlent les églises et les couvents
Brûle une vie de tourment

 



 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : CANZONES
  • CANZONES
  • : Carnet de chansons contre la guerre en langue française ou de versions françaises de chansons du monde
  • Contact

Recherche