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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 22:33

 

La Complainte du Priapisme ou La Complainte d’Alphonse

 

Paroles de Boris Vian (1959)

Musique d'Yves Gilbert

 

Chantée par Philippe Clay sous le titre « La Complainte du priapisme » – 1971

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

Chose promise, chose due. Tu es bien d'accord avec ça, Lucien l'âne mon ami...

 

 

Mais évidemment, si tu as promis, tu dois... Et j'imagine que c'est la complainte du priapisme dont tu me parles...

 

 

En effet... Chantée par Philippe Clay et écrite par Boris Vian. Je te rappelle que j'en disais en présentant Los Dictatorios [[41728]] : « elle a une conclusion où il est démontré qu'il très imprudent et pour tout dire mortel de jouer avec les armes – spécialement les obusiers lourds, surtout quand on est militaire (mais que ferait un civil d'un obusier lourd ?) – je m'en vais de ce pas, dès qu'on en aura fini avec celle-ci, proposer cette ode à la braguette comme chanson contre la guerre à part entière. Mais pour en quelque sorte, préparer la voie à cette petite merveille – due à l'audacieuse imagination de Boris Vian sous le nom duquel elle apparaîtra ici ... » Et bien, la voici. Tu verras tout au long de la chanson que le brave Alphonse, le héros digne du « Charles Martel rentrant de la croisade » de Fabrizio De André[[1095]], le brave Alphonse atteint de cette pénible infirmité – le priapisme, qui comme tu le sais consiste en une extension majeure et permanente de certain organe mâle destiné (selon le Saint-Siège, exclusivement !?? ) à la reproduction de l’espèce... Donc, Alphonse se conduit comme un trouffion tout au long de la chanson et à la fin, in cauda venenum, en quelque sorte, devenu militaire, il tente de se soulager en ... comment dire ? ... en enfilant la plus grosse des pièces d'artillerie qu'il rencontre, un obusier de 420... En somme quelque chose comme la Grosse Bertha [[37665]]. Par parenthèse, il ne choisit pas n'importe quel moment pour s'engager, l'Alphonse, ni n'importe quelle armée... Il choisit l'armée du grand de Lattre... Oui, mais laquelle ? Est-ce l'armée triomphale (la Première Armée) conduite par Jean Joseph Marie Gabriel de Lattre de Tassigny [http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_Lattre_de_Tassigny], qui remonta de Provence jusqu'à Stuttgart en 1945 ou celle qui perdit la guerre d'Indochine ? Vu l'année où fut écrite la chanson, je pencherais pour la seconde...

 

 

Admettons... Mais tissons, non pas à la manière d'Alphonse, nous ne sommes pas aussi bien équipés que lui et puis, moi, toi, nous, les Grosses Berthas... c'est vraiment pas notre truc, mais tissons le linceul de ce vieux monde explosif, héroïque, combatif et cacochyme (Heureusement !)

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Amis que je vous raconte

La vie triste et pleine de honte

D'un horrible mécréant

Qui mourut voici cent ans

 

Doué d'une nature immonde

Du jour où il vint au monde

Il souffrit de priapisme

On lui mit un sinapisme

 

Pour lui calmer ses ardeurs

Mais ce fut peine perdue

Et, poussé par la douleur

Sous le flot de ses humeurs

Il noya dans le quart d’heure

La médecine incongrue

 

Quand il eut cinq ans à peine

Une culotte de chêne

Fut d'un bois insuffisant

À lui rabattre le gland

 

On essaya bien des choses

Depuis des bains d'eau de rose

Jusqu’à du piment moulu

Qui lui violaçait le cul

 

Malgré ces tentatives

Il arquait tel un géant

Et de l'une à l'autre rive

Criant qui m'aime me suive

Il dressait sur les eaux vives

Son gonfanon rougeoyant.

 

À quinze ans un jour de fête

Il attacha sa braguette

Avec un câble d’acier

Et s'en fut au bal Blomet

 

Sitôt entré dans la place

Il empoigne une putasse

Et commence tout de go

À trémousser un tango

 

Au bout de trois pas, soudain

I1 entend craquer le câble

Et l’engin se détendant

Anéantit dans l'instant

Dix-sept filles et cinq enfants

Qui trépassent sous les tables

 

Si le récit de sa vie

N'est pétri que d'infamie

Sa mort éclaire d'un jour sombre

L’âme d’Alphonse et son ombre.

 

Désespérant de trouver

Un endroit où se fourrer

Il s'engagea pour se battre

Dans l'armée du grand de Lattre

 

C'est là qu’il périt un jour

Victime d'un sort funeste

Quand voulant faire l'amour

Avec un obusier lourd

Le coup partit, triste et sourd

Comme il commençait les gestes.

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