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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 21:28

 

L’DIÈRIN-NE BATAYE

 

Chanson wallonne (Liège) – L’DIÈRIN-NE BATAYE – Orchestre Roger Darton – 1971

Paroles de Roger Darton et Eugène Petithan -

 

 

 


 

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, voici encore une version de l'Internationale, mais en wallon du pays de Liège, cette fois.

 

Tu connais ça toi, Marco Valdo M.I. mon ami...

 

À vrai dire, non. Je ne la connaissais pas cette « Dernière Bataille », ce qui est la traduction du titre liégeois. La dernière bataille, c'est-à-dire la célèbre Lutte finale. Elle arrive ici par des chemins bien compliqués et un peu tortueux et qui plus est par une voie des plus internationale. Je m'en vais t'exposer cette aventure, car c'en est une. C'est notre ami Riccardo Venturi qui, comme tu le sais, s'évertue à faire une sorte de Tombeau de l'Internationale (Tombeau au sens où on dit Le Tombeau de Couperin de Maurice Ravel [http://www.youtube.com/watch?v=1Mgw8pV4iPM] ou « Le Tombeau de Charles Baudelaire », « Le Tombeau de Poe », « Le Tombeau de Verlaine », qu'écrivit Mallarmé) avec cette page proprement titanesque [[2003]], donc Riccardo Venturi [R.V.] qui recueillit sur un site allemand une Internationale en wallon et m'en fit part en me demandant d'en établir le texte. Là, les choses se gâtèrent quelque peu. J'ai beau avoir quelque peu l'oreille ouverte au liégeois (tu verras plus bas pourquoi), il n'en reste pas moins qu'avec un orchestre et chantée... La transcription était quasi-impossible et quand bien même, je ne suis pas du tout un auteur wallon et ma transcription eut eu des orthographies improbables. Dès lors, il me fallait trouver le texte d'origine. Ce fut le début d'une sorte d'enquête...

 

 

Vu ton passé de journaliste, une telle enquête ne devait pas être hors de ta portée...

 

 

En effet, mon ami Lucien l'âne, j'ai dû recourir à des pratiques anciennes. Et comme tu le verras la méthode a du bon, car la voici enfin cette Dernière Bataille. Oh, j'avais vite fait de la retrouver, d'en retrouver les auteurs... D'abord, Roger Darton, mais manque de chance, il était mort en novembre dernier. J'ai retrouvé son disque (1972), j'ai retrouvé son éditeur à Bressoux, j'ai retrouvé son successeur au Trianon... Contact devait être établi avec son fils... Ne voyant rien venir, ne trouvant rien du côté des chorales syndicales, ne trouvant rien à l'Union Culturelle Wallonne... Abrégeons... J'ai finalement décidé d'indaguer sur la piste de l'autre auteur : Eugène Petithan... Il est mort depuis 22 ans... Mais, ô miracle, j'ai retrouvé trace de sa fille, grâce – et je ne l'invente pas – à Cocorico (une revue culturelle liégeoise)... Puis, j'ai reçu son adresse... Mais pas de téléphone. Cependant, Nelly habite à Ougrée à deux pas de la Leonardo da Vinci di Seraing...

 

 


 

 

Seraing, Seraing... Dis-moi, Marco Valdo M.I. mon ami, Seraing, n'est-ce pas la ville de la demoiselle de magasin, dont tu fis une chanson ? [http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=8969&lang=it]

 

 

Bien évidemment... Mais t'avais-je jamais dit, Lucien l'âne mon ami, que cette demoiselle allait devenir ma grand-mère et faire d'Armand, mon grand-père ? Mais pour en revenir à la Dernière Bataille, notre ami Angelo, qui préside cette association d'immigrés italiens de Seraing, a été voir Nelly Petithan chez elle... et voilà, Nelly nous a envoyé ce texte...

 

 

En effet, voilà une aventure curieuse... Mais enfin, c'est aussi une manière de tisser le linceul de ce vieux monde « canaye, voleur, profiteû, pouri » et cacochyme.

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

C’èst l’dièrin-ne bataye

Qui nos fans as canayes

Is-arant leû daye

Voleûrs èt profiteûs

C’èst l’dièrin-ne bataye

Qui nos fans as canayes

Is-ârant leû daye

Et nos vikrans eureûs

 

 

Lèvez-ve tos les cis qui sos l’tére

Ovrèt po n’nin t’èsse èl mizère

Turtos essonle nos alans mostrer

Qui nos n’sèrans pu dominés

Nos volans d’ner à nos-èfants

Di l’ovrèdje,del djôye èt dè pan.

Nos nos batrans tot come nos péres

Zèls qui nos ont scrî nos’istwére

 

 

C’èst l’dièrin-ne bataye

Qui nos fans as canayes

Is-arant leû daye

Voleûrs èt profiteûs

C’èst l’dièrin-ne bataye

Qui nos fans as canayes

Is-ârant leû daye

Et nos vikrans eureûs

 

 

Fini dè profiter d’nos fwèces

Po nos ôtes,c’èst nosse seûle ritchesse

Nos n’volans pu passer po brubeûs

Ca nos-avans ossi dès dreûts

Fât qu’lès pouris rindèsse des comptes

Unis, nos mosteurans â monde

Qui l’pu fwèrt des pârtis sèrèt

Li grand parti dès cis qu’ovrèt

 

 

C’èst l’dièrin-ne bataye

Qui nos fans as canayes

Is-arant leû daye

Voleûrs èt profiteûs

C’èst l’dièrin-ne bataye

Qui nos fans as canayes

Is-ârant leû daye

Et nos vikrans eureûs


LA DERNIÈRE BATAILLE

 

Version française de l'INTERNATIONALE en wallon de Liège de Roger Darton et Eugène Petithan – La Dernière Bataille – Nelly Petithan – 2013

 

 

C’est la lutte finale

Que nous livrons aux vauriens

Ils auront le coup mortel

Voleurs et profiteurs.

C’est la lutte finale

Que nous livrons aux vauriens.

Ils auront le coup mortel

Et nous vivrons heureux

 

 

Debout tous ceux qui sur la terre

Travaillent pour éviter la misère

Tous ensemble , nous allons montrer

que nous ne serons plus dominés.

Nous voulons procurer à nos enfants

Du travail, de la joie et du pain.

Nous combattrons comme nos pères

Eux, qui ont écrit notre histoire

 

 

C’est la lutte finale

Que nous livrons aux vauriens

Ils auront le coup mortel

Voleurs et profiteurs.

C’est la lutte finale

Que nous livrons aux vauriens.

Ils auront le coup mortel

et nous vivrons heureux

 

 

Fini de profiter de nos forces

Pour nous, c’est notre seule richesse

Nous ne voulons plus être considérés comme des mendiants

Car nous avons aussi des droits

Il faut que les oisifs rendent des comptes

Unis, nous montrerons au monde

Que le plus fort parti sera

le grand parti de ceux qui travaillent

 

 

C’est la lutte finale

Que nous livrons aux vauriens

Ils auront le coup mortel

Voleurs et profiteurs.

C’est la lutte finale

Que nous livrons aux vauriens.

Ils auront le coup mortel

Et nous vivrons heureux

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