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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 21:32

HYMNE NATIONAL

 

Version française – HYMNE NATIONAL – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Inno nazionale – Cantacronache – 1962


Paroles de Franco Fortini
Musique de Sergio Liberovici
Texte trouvé sur « Cantacronache – Un’avventura politico musicale degli anni 50 », Emilio Jona e Michele L. Straniero, CREL Scriptorium 1995.

 

 

 

 

 

Quel bel hymne national !, dit Lucien l'âne en lançant dans l'espace intersidéral un de ses rires claironnants... Forcément national puisque limité aux seuls Italiens... Quant à savoir ce qu'est un Italien ?

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, il y a là un grand mystère...

 

 

Un Italien ? Est-ce un habitant de l'Italie ? Est-ce quelqu'un qui est né en Italie ? Doit-il avoir des ancêtres italiens et jusqu'où faut-il remonter ? Avant l'An Zéro ? Et comment ces « ancêtres » d'avant l'An Zéro pouvaient-ils être Italiens ?

 

 

À tous les coups, Lucien l'âne mon ami, tu creuses dans la bonne voie, tu donnes en plein dans le bon sens, car tu poses de bonnes questions et je ne saurais y répondre... moi qui ai déjà bien du mal à comprendre l'idée de nation en dessous de l' « Humaine Nation », la seule que je connaisse et reconnaisse. Cela dit, d'un point de vue théorique, est Italien (Grec, Roumain, Péruvien, Cubain, Sahraoui, Malgache, Chinois, Tibétain...), celui qui est nanti des autorisations nécessaires pour l'être... Bref, celui qui a un passeport italien, qui dispose des documents adhocs (je sais, je sais, le mot n'existe pas comme tel et même, s'il existait, il devrait être invariable ; mais voilà, j'avais envie de le franciser, d'enrichir la langue à ma manière. Donc ad hoc – expression latine devient par ma grâce « adhoc » qui est un adjectif et donc s'accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte – au féminin : adhoque; au pluriel : adhocs et adhoques). Sauf pour les Tibétains dont les Chinois ont englobé  la nation contre leur gré... On peut aussi – de façon pragmatique, repérer l’Italien (je veux dire de façon assez générale) à son intérêt pour l'équipe de football nationale, la Squadra, ce qui évidemment le distingue de l'Allemand, de l'Espagnol, du Brésilien, du Coréen, du Ghanéen et ainsi de suite … Mais ce n'est là qu'une approximation. Car, par exemple, ni toi, ni moi, ne sommes passionnés par quelque équipe que ce soit et a fortiori, par des équipes nationales. On ne pourrait donc, dans notre cas, user de ce critère. Dès lors, revenons à l'idée de nation et de nationalité ; elle se définit en principe – du point de vue du droit et des pouvoirs en place – par des papiers. Mais personnellement, j'aurais tendance à passer outre à ces arguties juridico-diplomatiques et à dire qu'un Italien (idem pour n'importe quelle nationalité) est celui qui se revendique comme tel. Ainsi, dans notre cas à tous les deux, on aurait (comme Jorge Semprun, par exemple) une furieuse tendance à souhaiter être apatrides... Rien que pour le principe... Car disparue la nation, on voit surgir la région... Tous ces petits villages, ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités... Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est d’être habités … par des gens qui regardent le reste avec mépris du haut de leur rempart, la race des chauvins, des porteurs de cocarde.... Là, je te cite de mémoire le bon tonton Georges. [[177]]

 

 

Oui, oui, je te comprends et je t'approuve, dit l'âne Lucien en redressant ses oreilles à la verticale sur son auguste crâne et en les balançant d'arrière en avant et inversement. D'ailleurs, depuis les temps que je cours le monde, je ne sais plus exactement d'où je viens, ni même quand et par où je suis passé – du moins en gros... Je peux évidemment quand j'y repense retrouver tout ce que j'ai fait, car, Marco Valdo M.I. mon ami, la mémoire d'âne est bien plus longue et précise que celle de l'éléphant – au moins, celle de l'âne que je suis, enfanté par une longue tradition hermétique – et de plus, en tant qu'âne, je n'ai jamais eu de « papiers » et même, je n'aimerais pas en avoir. Pour le reste, je m'en réfère à Mordicus d'Athènes (. "Ici repose, dans la paix des dieux de l'Olympe, Mordicus d'Athènes, l'illustre philosophe ivrogne athénien, fondateur de l’École éthylique, 328-244, au fond de la cour à droite avant l'ère chrétienne." - http://www.ina.fr/audio/PHD99256723/mordicus-d-athenes-119eme-episode.fr.html)

lequel Mordicus d'Athènes a dit :

 

« Celui qui ne sait rien en sait tout autant que celui qui n'en sait pas plus

que lui ».

 

 

Pour en revenir à cet hymne national italien chanté par Cantacronache, dit Marco Valdo M.I., sache, Lucien l'âne mon ami qu'il reprend la forme et les premiers mots de l'hymne en vigueur dans les cérémonies officielles, mais – je te l'assure – celui de Fortini est bien meilleur. Moins pompeux, moins compassé... Pour que tu comprennes et que tu puisses les comparer ces deux hymnes, voici une version française... de l'hymne national officiel, dit de Mameli.

 

Frères d’Italie

L'Italie s’est levée,

Du heaume de Scipion

Elle s’est ceint la tête.

Où est la Victoire ?

Qu’elle lui tende sa chevelure,

Car esclave de Rome

Dieu la créa. (2x)

 

Serrons-nous en cohortes

Nous sommes prêts à la mort

Nous sommes prêts à la mort

L'Italie a appelé.

Serrons-nous en cohortes

Nous sommes prêts à la mort

Nous sommes prêts à la mort

L'Italie a appelé!

 

Nous avons été depuis des siècles

Piétinés, moqués,

Parce que nous ne sommes pas un Peuple,

Parce que nous sommes divisés.

Que nous rassemble un Unique

Drapeau, un Espoir :

De nous fondre ensemble

L'heure a déjà sonné

 

Serrons-nous en cohortes

Nous sommes prêts à la mort

Nous sommes prêts à la mort

L'Italie a appelé.

Serrons-nous en cohortes

Nous sommes prêts à la mort

Nous sommes prêts à la mort

L'Italie a appelé!

 

Unissons-nous, aimons-nous

L'union, et l'amour

Révèlent aux Peuples

Les voies du Seigneur ;

Jurons de Libérer

Le sol natal :

Unis par Dieu

Qui peut nous vaincre ?

 

Serrons-nous en cohortes

Nous sommes prêts à la mort

Nous sommes prêts à la mort

L'Italie a appelé.

Serrons-nous en cohortes

Nous sommes prêts à la mort

Nous sommes prêts à la mort

L'Italie a appelé!

 

Des Alpes à la Sicile

Partout est Legnano

Chaque homme de Ferruccio

A le cœur, a la main

Les enfants d'Italie

S'appellent Balilla,

Le son de chaque cloche

A sonné les Vêpres.

 

Serrons-nous en cohortes

Nous sommes prêts à la mort

Nous sommes prêts à la mort

L'Italie a appelé.

Serrons-nous en cohortes

Nous sommes prêts à la mort

Nous sommes prêts à la mort

L'Italie a appelé!

 

Sont des joncs qui ploient

Les épées vendues

L'Aigle d'Autriche

A déjà perdu ses plumes

Il a bu le sang d’Italie,

Le sang Polonais,

avec le cosaque,

Mais cela lui a brûlé le cœur.

 

Serrons-nous en cohortes

Nous sommes prêts à la mort

Nous sommes prêts à la mort

L'Italie a appelé.

Serrons-nous en cohortes

Nous sommes prêts à la mort

Nous sommes prêts à la mort

L'Italie a appelé!

 

 

Oui, je vois le genre, pile poil dans l'habituelle stupidité militaro-sanguinaire, dit Lucien l'âne en riant.

 

 

Exact, Lucien l'âne mon ami, mais pour nos amis italiens (ou qui se prétendent tels), je signale et j'insiste sur le fait que tous les autres hymnes nationaux (ou presque... Personnellement, je ne connais pas d'exception, mais sait-on jamais) sont aussi frappés de pareille imbécillité... C'est en quelque sorte congénital, atavique et rédhibitoire.

 

 

En somme, c'est la loi du genre que les paroles et la musique patriotardes soient ringardes.

 

 

On peut le dire ainsi... Sauf évidemment, dit Marco Valdo M.I., quand de tels hymnes sont revus et corrigés et passés au sel d'ironie, comme c'est le cas ici. Car ici, cet « Inno nazionale » en plus d'être une joyeuse parodie d'un chant sinistre, est en même temps une parfaite description de l'Italie contemporaine et de ses dérives ; laquelle Italie évolue entre le pompiérisme des institutions, l'alliance de l'Église et de l'État, les manigances du Vatican et l'ingérence de Dieu jusqu'au plus profond de l’intimité humaine... « Chacun pour soi et Dieu pour tous ! », dit la chanson, est la devise de l’Italie...

 

 

Moi, dit Lucien l'âne en se gonflant le poitrail d'un air patriotique, les Mousquetaires de Dumas me plaisent mieux quand ils se donnent pour devise : « Un pour tous. Tous pour un ».

 

 

Cependant, que nos amis italiens (ou qui se prétendent tels) ne le prennent pas mal, ils ne sont pas les seuls à subir ce « chacun pour soi et Dieu pour tous », c'est un peu le destin commun dans la Guerre de Cent Mille Ans que les riches imposent aux pauvres de toute l'Humaine Nation. Surtout pas de solidarité, surtout pas de collectivité, surtout pas... Au contraire, ils exaltent certaines vertus de leur cru : d'un côté : croyance et soumission ; de l'autre : concurrence, apparence, maquillage et gonflette. Compétition et vanité, tel est le bain dans lequel les médias font tremper leur linge sale, le brouet insipide qu'ils nous servent – ici aussi, partout – jour après jour, année après année, jour et nuit, jusqu'à ce que mort s'ensuive.

 

 

Vois-tu, dit l'âne Lucien sur un ton rêveur en regardant dans le vague de ses deux grands yeux noirs comme la suie d'une cokerie, le temps me presse de reprendre ma tâche et de tisser le linceul de ce vieux monde perclus, reclus, pompier, ringard, étouffant et cacochyme.

(Heureusement ! )

 

 

Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Frères d'Italie

Faut bien vivre!

Le gouvernement et l'autel

S'occupent de vous...

Frères d'Italie

Chacun pour soi ! ( Pépérépépé)

 

Chacun pour soi

Une petite maison

Une petite femme

Un petit travail

Un espoir petit petit

Une petite messe le dimanche...

Et Dieu pour tous....

 

Frères d'Italie

Faut bien vivre!

Faut accepter

La vie comme elle est...

Frères d'Italie

Chacun pour soi ! ( Pépérépépé)

 

 

Chacun pour soi

Un petit silence

Un petit péché

Une petite conscience

Un repentir petit petit

Une petite FIAT pour le dimanche...

Et Dieu pour tous....

 

Frères d'Italie

Faut bien vivre!

Entre les Alpes et la mer

Il y a trop de pourquoi...

Frères d'Italie

Chacun pour soi ! ( Pépérépépé)

 

Chacun pour soi

Une petite vie

Une petite pitié

Une petite vilenie

Une liberté petite petite

Une petite mort chaque dimanche...

Et Dieu pour tous....

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Marco Valdo M.I.
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