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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 19:12

 

FANTAISIE D'APRÈS-DEMAIN

 

Version française – FANTAISIE D'APRÈS-DEMAIN – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande - Fantasie von Übermorgen – Erich Kästner – 1929

 

Kästner Gedichte: Lärm im Spiegel, 1929

 

 

 

 

Une sorte de mythe, de légende, de récit, de rêve, d'imaginaire, de fantôme traverse l’histoire des hommes – je veux dire ainsi l'histoire humaine, l'histoire du genre humain – si j'ose dire : sans tambour, ni jupette, et tu vas comprendre pourquoi, mon ami Marco Valdo M.I.. Cette histoire se présente régulièrement sous des formes diverses et elle me semble à proprement parler une sorte de féerie en ce qu'elle est séduisante, jusqu'à présent peu réaliste et même, carrément surréaliste. Il s'agit d'une sorte de conte primitif, une structure, un squelette d'histoire qui se meut dans l'idée que les femmes vont mettre fin à la guerre. Aristophane, de mon temps, la racontait déjà ; ici, c'est notre quasi-contemporain Erich Kästner qui la fabule à son tour...

 

 

Certes, mais je te prie, Lucien l’âne mon ami, de bien considérer s'agissant d'Erich Kästner qu'il l'intitule : Fantasie von Übermorgen, que j'ai traduite par « Fantaisie d'après-demain » et que j'aurais tout aussi bien pu traduire : « Fantaisie pour après-demain ». Somme toute, cette guerre-là n'a pas encore eu lieu, elle est purement imaginaire et les femmes pourront ainsi l'interrompre avant même qu'elle n'éclose. Une sorte d'avortement préventif, une action prophylactique, un geste médicatoire. Ce n'est pas, tu peux me croire, que l'idée que les femmes puissent mettre fin à la guerre me désole... Bien au contraire ! Comme toi, j'en suis persuadé, je ne demanderais pas mieux qu'elles y missent fin à cette foutue Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour accroître leur domination, pour étendre leur dominium, pour conforter leur droit d'exploiter, pour imposer l'impunité de leur avidité... Mais précisément, toute l'affaire gît là. Cette histoire de femmes qui en raison de leur genre ?, de leurs bonnes intentions ?, de leur nature ?... mettraient fin à la guerre, c'est pure imagination, rêve, illusion... Car, tu en conviendras aisément, les femmes aussi peuvent être riches ou pauvres et c'est bien là, la vraie ligne de partage ou plus exactement, de refus de partage. Le fait d'être homme ou femme n'a strictement rien à y faire. Il est des femmes aussi rapaces que certains hommes. Ce sont des bêtes de proie aussi redoutables et aussi, avides. Mais passons sur ces considérations rationnelles et plongeons dans la féerie imaginative de Kästner.

 

 

Ce que j'en dirais moi, avant de conclure, c'est que malgré tout, même si c'est un rêve, une rêverie, un songe, un fantasme, une utopie, une fantasmagorie, bref, comme dit Kästner, une fantaisie, c'est quand même un songe intéressant, passionnant et bourré d'une sympathique espérance... et une fameuse façon de mettre en garde les hommes contre les folies guerrières... Rappelle-toi qu'il écrit ça en 1929, qu'Hitler et les gens du genre déploient déjà leurs drapeaux, serrent déjà leurs ceinturons, lubrifient leurs bottes, assouplissent leurs matraques, marchent au pas en cadence, carrent leur menton et donnent déjà de la voix... Leurs aboiements emplissent déjà les rues un peu partout en Europe... et c'est de la part de Kästner une fameuse manière de tisser, comme nous entendons le faire, le linceul de ce vieux monde belliqueux (de cheval), belliciste, brutal, bête , querelleur, avide, assassin et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Et lorsque la guerre suivante commença,
Les femmes dirent : Non !

Et renfermèrent frère, fils et mari
Solidement en leur logis.
Alors, elles se rendirent dans chaque pays,
Devant la maison du capitaine
Elles tenaient des bâtons en main
Elles ont viré les types.
Et ont mis à genoux,
Ceux qui ordonnèrent cette guerre :
Ces messieurs de la banque et de l'industrie,
Le ministre et le général.
On cassa là ainsi un peu de bâton .
Et les grandes gueules se turent.
Dans tous les pays, il y eut des cris,
Et nulle part, il n'y eut la guerre.
Les femmes rentrèrent alors à la maison,
Au frère, au fils et au mari,
Elles dirent : la guerre est finie!
Les hommes se précipitèrent aux fenêtres
Et ne virent pas les femmes…

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Marco Valdo M.I.
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