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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 17:06

EN ÉCOUTANT BEETHOVEN

 

Version française – EN ÉCOUTANT BEETHOVEN – Marco Valdo M.I. – 2012

d'après la version italienne de Riccardo Venturi

d'une chanson portugaise – Ouvindo Beethoven – Manuel Freire – 1977

sur un poème de José Saramago (Poemas Possíveis, 1966)
Poesia di José Saramago ("Poesie Possibili", 1966)
et

Musique de Manuel Freire (1977)

 

 

José Saramago n'a pas été seulement le plus grand poète et écrivain portugais de la seconde partie du siècle dernier, et même des débuts du "troisième millénaire", il a aussi incarné l'opposition, dans la littérature portugaise, de l'engagement civil et historique face au mysticisme solitaire du grand Fernando Pessoa & Co. Il ne m'étonne pas (et pas seulement car, dans ce site, nous avions déjà une autre poésie de Saramago mise en musique et chantée par lui [Manuel Freire]: Fala do Velho do Restelo ao Astronauta envoyée en son temps par José Colaço Barreiros), que Manuel Freire et Saramago se soient rencontrés, et que les "Poemas Possíveis" aient trouvé une forme musicale de la main du premier. José Saramago a été, et dans le sens le plus haut et sulfureux du terme, un hérétique; avec son air de monsieur tranquille, de grand-père de la porte à côté, parce que les vrais hérétiques et plus incisifs sont souvent les messieurs tranquilles de la porte à côté , il faudra qu'un jour je le fasse aussi savoir à mes voisines. Ce n'est pas pour rien si à sa mort ni consacrée ni illuminée par de pieuses sottises de foi contre lesquelles, de manière par ailleurs diaboliquement gentille et ironiquement respectueuse, Saramago s'était déchaîné toute sa vie en faisant à la Sainte Mère l'Église, aux Christs et aux Madones des dommages plus important que la grêle, l' "Ottenebratore Romano" (« L'Obscurcisseur Romain » pour l'« Osservatore Romano » Observateur Romain, c'est-à-dire le journal du Vatican) comme l'appelle sympathiquement le "Vernacoliere" (journal satirique livournais - http://www.vernacoliere.com/), a perdu toute retenue, exultant presque dans un article et se vengeant – quand évidemment Saramago ne pouvait plus répondre. À entendre de ces jours-ci, certains archevêques milanais, comme Scola( nomen omen: je soupçonne que, des alcools, il s'en entonne des tas), on ressent cruellement le manque d'un Saramago. D'autre part, dans ce poème mis en musique par Freire, dans lequel il rapporte ses impressions à l'écoute de Beethoven, il fait un beau tableau de toute la société portugaise du salazarisme (le poème est de 1966 ) qui était un bon catholique respectueux de dieu et PIDE . [RV]

 

 

Viennent des lois et des hommes avec des balances,

Des commandements de l'en deçà et de l'au-delà

Viennent des ordres, des décrets et des vengeances

Descend en nous le jugement au plus profond qui soit.

 

À chaque carrefour de cette ville

L'inquisitrice lumière rouge brille,

Raclent la terre les dents de la vanité

Et ils nous ordonnent pourtant de reloqueter

 

Combien de mains existent, demandent des doigts

pour salir les fiches des archives.

On ne respecte ni mystères, ni secrets

Il est évident que les gens soient un peu réservés.

 

On place des registres de toutes parts

Et des horloges pour indiquer l'heure exacte.

On n'accepte, on ne désire d'autre art

Que la prose bureaucratique, les vers d'acte.

 

Mais quand ils nous croiront sûrs,

Entourés de bâtons et de forteresses,

S'écrouleront avec fracas les hauts murs

Et viendra le jour des surprises.

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Marco Valdo M.I.
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