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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 19:47

CIAO BELLA



Version française – CIAO BELLA – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Ciao bella – Luf – 2007



Le 3 janvier 1944, les Brigades noires de Missaglia, commandées par Emilio Formigoni (père de l'actuel président de la région lombarde) fusillent quatre partisans à Valaperta di Casatenovo

Le 23 octobre 1944 le brigadier du détachement de Missaglia de la Garde Nationale Républicaine (GNR) chargea un de ses soldats, Gaetano Chiarelli, de fournir des renseignements sur un réfractaire à l'appel aux armes de Valaperta.

Un groupe de partisans, averti de la présence du « repubblichino » (de la Républiquette de Salò- républiquettin) en Valaperta, cernèrent le pâté de maisons et sommèrent Chiarelli de lever les mains et de leur remettre sa bicyclette et ses armes; devant son refus, ils lui tirèrent dessus, le tuant.
À 22 heures , fondirent sur Valaperta une quinzaine de brigadistes noirs. Entretemps, étaient arrivés le secrétaire du Faisceau et le Commissaire Préfectoral de Missaglia, ainsi que commandant du Détachement local de la Brigade Noire, l'ingénieur Emilio Formigoni, père du président actuel de la Région Lombardie Roberto Formigoni.

Les soldats du G.N.R., se dispersent dans le hameau, tirent au hasard dans les cours, incendient les étables et les granges, pillent les maisons, frappent les gens désarmés pendant trois jours pour obtenir les noms des partisans. Tout cela sous les yeux indifférents du capitaine qui répond, à qui il lui demande de calmer ses hommes, qu'ils sont en train d'exercer une vengeance légitime en raison du camarade tué.

 

 

Sont arrêtés pour le meurtre de Chiarelli quatre partisans: Natale Beretta d'Arcore de 25 ans, Nazzaro Vital de Bellano de 24 ans, Mario Villa de Biassono de 23 ans, Gabriele Colomb d'Arcore de 22 ans.
Le matin du 3 janvier 1945 à Valaperta, les quatre partisans sont fusillés.
À l'exécution, étaient présent les soldats du G.N.R. de Missaglia, le Commissaire préfectoral de Casatenovo, prof. Firmiani, le médecin municipal. Della Morte et le commandant de la Brigade Noire de Missaglia, l'ing. Formigoni.


Après la guerre Formigoni s'échappa en exil mais condamné par contumace seulement comme collaborationniste, il put rentrer tranquillement en Italie comme de nombreux autres fascistes.

La population locale se rappelle fort bien que Formigoni père a plusieurs fois séquestré et torturé des civils désarmés. Son fils Roberto Formigoni, par ailleurs Président de la région lombarde et l'homme politique italien d'importance, a toujours nié le passé de son père et mieux, il se plaît à le citer à citer en exemple – positivement.



da brianzapopolare.it



(DonQuijote82)



Tu vois, Lucien l'âne mon ami, je vais une fois encore te parler de la traduction et plus exactement, de la position du traducteur face à un texte, ici, une chanson. Il s'agit d'une chanson de résistance – et je te rappelle ou plutôt, je le mentionne pour ceux qui ne nous ont jamais rencontrés, qu'une de nos devises est « Ora e sempre : Resistenza ! » et crois-moi, on n'a pas fini d'y avoir recours. Comme tu le sais, elle fait référence – pour ce qui nous concerne – au chant lapidaire de Piero Calamandrei : « Lo avrai camerata Kesselring ! », que j'avais traduit sous le titre : « Ode à Kesselring ! » [[39124]]. Dans les CCG, la date de la traduction est 2011, mais en réalité, je l'avais traduit et publié une première fois dans un livre, publié en 2007, qui racontait une autre histoire de résistance, celle d'une association d'immigrés de Seraing, la Leonardo da Vinci. Ce livre s'intitule « Storia della Leonardo da Vinci di Seraing – Histoire de la Leonardo da Vinci de Seraing ». Une des particularités de ce livre est qu'il porte en mention en haut de toutes ses 300 pages, une double sentence : « Non più cose, ma protagonisti – Ora e sempre Resistenza ! ».



On dirait un mantra, dit Lucien l'âne en souriant de toutes ses solides et blanches dents...



Certes, et c'en est un. Donc, pour être complet, je préciserai que « Non più cose, ma protagonisti » (Plus des choses, mais des acteurs – sous entendu du « monde ») est une phrase de Carlo Levi. Mais j'en reviens à l'actuelle chanson et surtout à l'introduction proposée par celui qui signe (DonQuijote82) et qui a le mérite de faire le lien avec les événements actuels. En effet, dans la canzone apparaît un certain Formigoni, qui dirige la bande d'assassins en chemises noires et un autre dénommé Formigoni, en réalité le fils de ce criminel fasciste, est actuellement poursuivi pour mille malversations d'envergure et pour des détournements de fonds publics dans sa charge de Président de la Région lombarde. Il suffit d'ouvrir les journaux italiens pour apprendre son goût pour les yachts, les plages ensoleillées, les comptes masqués... Je ne t'en dirai pas plus, mais tu devines assez le reste. Ce « Monsieur » nie évidemment tout, y compris l'indigne conduite paternelle, avec la plus grande énergie et se rengorge de sa propre importance. Laissons-le à ses manigances et à ses illusions. Revenons à la traduction. J'aurais pu me contenter de traduire ce qui est là et me réfugier derrière le statut « neutre » du traducteur... J'aurais même pu ignorer ce commentaire rapporté par (DonQuijote82)... Mais, comme tu le vois, il n'en est rien et je ne lâcherai pas l'os...



Hou là, je te sens en colère, mon ami Marco Valdo M.I.



Et de fait, je le suis. Je vais te dire pourquoi. Et les raisons sont nombreuses. La première est évidemment à chercher dans mon histoire personnelle et donc, dans ce que firent les « amis » du père de ce Formigoni à bien des gens, comme ici aux partisans et comme les tortures qu'ils firent subir (jusqu'à ce que mort s'ensuive) à mon propre père – en ces temps-là. Comme à « bien des gens... », comme à des millions de gens... On ne saurait l'oublier, ni le passer sous silence jusqu'au dernier jour de l'éternité. Et là se trouve le lien entre le passé et le présent... En Europe (et pas seulement en Italie), l'épuration n'a pas eu lieu... Ou à peine et on voit avec les Formigoni – père et fils – où ça mène... Sais-tu qu'on ne poursuit même pas ceux qui dénient les faits, les pires comportements, ni même ceux qui à l'encontre de toute vraisemblance, vantent les exploits des bêtes noires... Quant aux pires criminels, ils furent nombreux à être relâchés et à retrouver place au soleil. Comme ce fut le cas pour Kesselring, pour Hans-Martin Schleier, celui-là auquel je faisais allusion dans Tortures et Mensonges d'État, une de mes Histoires d'Allemagne [[41596]] et ici, pour l’ingénieur Formigoni.



En fait, dit Lucien l'âne en redressant le col, cette guerre n'est pas finie. On dirait qu'elle se poursuit au-delà des générations et en somme, qu'ils ont abandonné (provisoirement?) les techniques de la guerre militaire, pour celles de la guerre (en) civile. Du moins, dans nos régions.



Provisoirement, mais ici comme ailleurs, la Guerre de Cent Mille Ans [[7951]] se prolonge sous toutes ses formes... Tu sais, cette guerre que les riches font contre les pauvres pour les réduire à moins que rien, afin d'accroître leurs richesses, de renforcer leur domination, d'étendre leur empire, de faire prospérer leurs finances, de démultiplier leurs profits... encore et toujours. Le résultat, on peut le voir en Grèce, en Irlande, en Espagne et en Allemagne-même où les pauvres sont toujours plus nombreux et plus pauvres.



En effet, on le disait bien : « REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT BIENTÔT ! » et le rêve d'Otto menace l'Europe... Ce rêve d'Otto contre lequel tant de partisans ont lutté et sont morts... Il ne serait pas décent de le laisser se réaliser sous ses habits de velours... Je veux dire dans ses costumes trois-pièces et ses Mercedes blindées... Alors, Marco Valdo M.I. mon ami, tissons, tissons le linceul de ce vieux monde pollué, libéralisé, concurrentiel, mortifère et cacochyme. (Heureusement !)





Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane







Il m'effleura de son sourire

Sans le poids de ses ans

Ses bras sans temps

Dessinaient ses chimères

À présent, la fumée de la cheminée

S'était éteinte mais le souvenir

Restait

 

 

Il me regarda droit dans les yeux

Puis il me dit où tu vas

Il me regarda droit dans le cœur

Et puis me dit comment ça va

C'était lui qui revenait

De l'enfer en blanc et noir

Et il chantait

Oh bella ciao bella ciao
Il n'y a plus de partisans
Oh bella ciao bella ciao

 

 

Toi seule reste

Oh bella ciao bella ciao
Il n'y a plus de partisans
Oh bella ciao bella ciao

À présent, c'est ton tour.

 



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Marco Valdo M.I.
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