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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 10:01

CHANT DES SOLDATS



Version française – CHANT DES SOLDATS – Marco Valdo M.I. – 2012

d'après la version italienne de Gaya Parolini

de la chanson allemande Soldatenlied – Erich Mühsam – 1916

 

Texte d'Erich Mühsam
Musique de Hanns Eisler
Interprétation d'Ernst Busch

 


Texte extrait du "Schwarz-rotes Liederbüchlein" de l'anarcho-syndicalisme allemand.

Ce poème est devenu une des chansons les plus célèbres contre la guerre. Ernst Busch, l'acteur et interprète le plus connu des chansons de Bertolt Brecht, Erich Weinert et Erich Mühsam, rappelle: « Je travaillais en 1917 dans les chantiers navals, quand un jour mon camarade de travail me fit voir une copie du journal Leipziger Volkszeitung avec le Chant des Soldats d'Erich Mühsam. C'était pour moi la première chanson contre la guerre et un mois plus tard, je la chantai pendant une fête prolétarienne. »

 

 

Le motif et le fond du chant est la guerre, mais l'inspiration est probablement un tract de Karl Liebknecht du 27 mai 1915: « L'ennemi principal est dans notre pays » (vers 6 et7). Liebknecht et Mühsam invitent à la solidarité internationale de classe, à la lutte contre le parti de la guerre impérialiste et contre le social-chauvinisme et les sociaux-démocrates de droite. Ce fut l'origine du mouvement de protestations et de grève des masses sous la conduite du (futur) groupe spartakiste. Mühsam a été un des premiers à élaborer cette politique littérairement contre la guerre. »

 

 

Leonhard Schäfer, 'Erich Mühsam, c'era una volta un rivoluzionario' (Erich Mühsam, il était une fois un révolutionnaire », Chersi Libri, Brescia 2010, p. 65

 

 

****

 

 

erichmuehsam.jpg


 

Vois-tu, Lucien l'âne mon ami, il y a tant de chansons contre la guerre et tant à traduire... Qu'on ne sait trop où donner de la tête... Mais une chanson de Mühsam, on ne peut l'ignorer... Et rien que par cette admirable proclamation : « N'oubliez pas l'ami dans l'ennemi ! », elle me paraît briller dans le ciel telle une étoile de bienveillance.

 

 

Ah, Marco Valdo M.I., mon ami, voici donc une chanson écrite par Erich Mühsam... Est-ce bien ce même poète anarchiste et infatigable militant contre le nazisme, ses pompes et ses œuvres, dont tu rapportais dans une chanson de tes histoires d'Allemagne (An de Grass 34) : [[38381]] Erich Mühsam, poète, anarchiste et assassiné, qu'après l'avoir littéralement, physiquement, cyniquement, volontairement, sadiquement, torturé, massacré, et finalement, assassiné au camp de concentration d'Oranienburg, les nazis disaient :

 

« D'accord, Mühsam était juif, poète, et anarchiste

D'accord, il était écrivain, artiste et journaliste

Rien que çà, pour nous, le condamnait par avance

Entre nos mains, il n'avait aucune chance. »

 

 

En effet, c'est bien lui, mort ainsi en récitant de la poésie en lieu et place du Horst Wessel Lied que ces noirs bouchers voulaient lui faire chanter. Mühsam est un personnage extraordinaire qui sa vie durant et dès sa jeunesse a mené le combat pour la révolution, celle qui libérerait les hommes de la dictature des riches, du travail forcé et de la guerre. En somme, dans la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour assurer leur domination, renforcer leur pouvoir, accroître leur richesse, développer plus encore l'exploitation, tirer le maximum de profits au détriment des autres... Erich Mühsam avait choisi son camp et poète, il fit de la poésie une arme pour la défense des pauvres contre cette guerre des riches.

 

 

En somme, dit Lucien l'âne en raidissant son échine, Mühsam sut donner de la voix à l'immense refus des hommes face à la boucherie des tranchées... Il fut parmi ceux qui sauvèrent l'honneur de l’humanité et du peuple allemand, qui sut dire à tous ces jeunes hommes auxquels on bourrait le crâne de stupidités patriotardes et nationalistes, que la seule vraie patrie était l'humanité, la seule nation possible : l’humaine nation. Il le fit inlassablement toute sa vie et jusqu'au tout dernier moment. Nous lui devons de poursuivre notre tâche et de continuer tout aussi inlassablement à tisser le linceul de ce vieux monde désuet, toujours bêtement guerrier, enlisé dans le trop, étouffant dans sa gloutonnerie et cacochyme. (Heureusement !)

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Nous apprîmes par la bataille à tenir

Dans la tempête et le feu d'enfer

Nous apprîmes à aller à la mort

Sans regarder à notre sang.

Et quand l'arme se tournera

Vers ceux qui nous ont appris le combat

Ils ne nous trouverons pas lâches

Votre enseignement était bon.

 

Nous mourons comme on nous l'ordonne,

Par le plomb et la dynamite,

Pour la patrie et le capital,

Pour l'empereur et le profit.

Cependant, quand le jour viendra,

Alors nous nous dresserons pour nos femmes et nos enfants

Et nous combattrons, à travers brumes et souffrances

Jusqu'à ce qu'on voie briller le soleil.

 

Soldats : criez-le de front à front :

Qu'on dépose les fusils !

Celui qui peut donner son sang pour les riches,

Peut beaucoup plus encore pour les siens.

Vous en face ! Même devoir !

N'oubliez pas l'ami dans l'ennemi !

L'horizon en flammes crie

À la niche les armées.

 

Longue vie, les frères ! Notre main,

Que la paix soit l'avenir !

Que jamais plus le lien entre les peuples

Ne soit rompu par une guerre brutale.

Pour gagner tous la bataille pour la patrie

Liquidons les frontières, renversons le pouvoir.

Et le monde entier sera notre patrie,

Et le monde entier sera libre !

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Marco Valdo M.I.
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