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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 20:00

CHANT DES MATRAQUES

 

 

Version française - CHANT DES MATRAQUES – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Canto del bastone – Cantacronache – entre 1958 et 1962


Paroles de Franco Antonicelli
Musique de Fausto Amodei
Texte tiré de “Cantacronache – Un’avventura politico musicale degli anni 50”, a cura di Emilio Jona e Michele L. Straniero, CREL Scriptorium 1995.

 

 

 

Dédiée à Turi Vaccaro, Alberto Perino et aux centaines d'activistes NON TAV (contre la ligne TGV vers Lyon à travers le Val Susa – Val de Suse et sous les Alpes) qui ce matin ont tâché de résister à l'énième agression des sbires du Pouvoir qui, craintif de ne pas réussir à mettre ses griffes sur les centaines de millions d'Euros de l'Union Européenne, a résolu le problème à la manière habituelle, par la violence. Mais la lutte n'est pas finie encore « A SARÀ DÜRA! » - « Elle sera dure ! »

 

 

 

Cette canzone, vois-tu Lucien l'âne mon ami, me rappelle une chanson de Boris Vian... Une java qui avait elle-aussi pour thème un instrument de répression violente... Il s'agit, comme tu l'imagines, je le vois à ton regard pétillant comme une coulée de soleil en contrechamp dans une cascatelle... de La Java des Chaussettes à Clous. Cela dit, Lucien mon ami l'âne, je te dois un aveu. J'ai traduit une partie de cette chanson d'une façon peu orthodoxe...

 

 

Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, ne te tracasse donc pas pour si peu... On connaît tous l'adage : traduttore, traditore. D'ailleurs, je te lis à ce sujet la petite note de Wikipedia ; elle commence par une citation de la Défense et illustration de la langue française de Joachim du Bellay, lequel est mort le premier jour de l'an 1560 après Zéro, c'est te dire que la question ne date pas d'hier... donc, voici :

« Mais que dirai-je d’aucuns, vraiment mieux dignes d’être appelés traditeurs que traducteurs ? vu qu’ils trahissent ceux qu’ils entreprennent exposer, les frustrant de leur gloire… »

Joachim du Bellay, Défense et illustration de la langue française, chapitre VI

Traduttore, traditore (« Traduire, c’est trahir », ou littéralement, « traducteur, traître ») est une expression italienne. Cette expression est une paronomase qui joue sur la ressemblance des deux mots et elle est souvent utilisée dans d’autres langues, en raison de sa concision et de ce jeu de mots. Le fait de comparer un traducteur à un traître signifie que la traduction d’un texte d’une langue dans une autre ne peut jamais respecter parfaitement le texte de l’œuvre originale... » Mais... tout d'un coup, je me sens comme un bâton merdeux, car j'imagine que tu connaissais parfaitement cette expression... et tout le monde qui s'occupe des Chansons contre la Guerre également. Mais au fait quelle était donc ta trahison ?

 

 

Elle se situe à deux niveaux : dans le titre et dans le refrain... Pour le titre... C'est simple à voir : en italien, la canzone s'intitule Canto del bastone et j'aurais dû traduire Chant du Bâton... Ce que j'avais d'ailleurs fait dans un premier temps. Finalement, j'ai traduit : le Chant des Matraques... Car en français, le mot bâton me semblait trop anodin... Ces jeunes gens en uniforme ne badinent pas et n'ont que faire d'un « bâton »... Ce sont des professionnels et leur outil de travail, c'est la matraque. D'où ma traduction. Et ensuite, là où en italien on trouve une deuxième personne du pluriel – vous et je pense bien à l'impératif, j'ai déplacé les choses pour – à mon sens – mieux rendre l'italien et j'ai utilisé la troisième personne du pluriel et en quelque sorte, j'ai objectivé la brutalité de ces spécialistes...

 

 

Ceux-là, ô oui, je vois très bien de qui tu parles... De ces gens qui pour quelqu'argent se mettent corps et âme au service des riches dans toutes les circonstances de cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin de renforcer leur domination, de tirer toujours plus de profits, d'accroître leurs richesses, d'imposer au plus grand nombre leur parasitisme social et ce par tous les moyens : des plus doucereux aux plus mensongers en finissant invariablement par les plus brutaux... Du matraquage publicitaire au matraquage physique. On le voit dans cette histoire du Train à Grande Vitesse (Treno Alta Velocità) où des centaines de millions, des milliards d'Euros sont pris sur les fonds publics – c'est-à-dire massivement aux pauvres – pour être détournés au profit de tout une coalition d'intérêts et de gens avides. On ne lésine sur rien : ni à la dépense avec l’argent public, ni sur les moyens... La faim de profit justifie tous les moyens, même les plus brutaux. Ce sont bien des faits de guerre comme tu le vois. Ce sont toutes les choses de ce genre, les manigances de ces gens qui cherchent tirer parti du bien public qui m'incitent et m'encouragent à tisser le linceul de ce vieux monde injuste, déséquilibré, racketteur, exploiteur et cacochyme. (Heureusement !)

 

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

Debout, citoyens, ne restez pas à regarder

Le même sort peut vous arriver

Un coup pourra peut-être vous tuer

C'est le prix de la liberté.
Mais si les patrons nous cassent la gueule

Après, vous tomberez un après l'autre

La liberté est pour tous ou pour personne

Le salut est dans l'unité.

 

 

Ils frappent de leurs matraques

La bosse ne reste pas

Ils nous brisent la tête

L'idée restera

Courage avec vos lances

Nous ôterons nos frusques

En avant la musique

Qu'on danse.

 

 

Rejoignez-nous, employés et étudiants

Ici il y a du pain pour vos dents

Les traîtres hors de nos rangs

La vraie force nous unira.
Si aujourd'hui nous croisons les bras

Ne restez pas là à vous couvrir la face

Mais tous ensemble gravons la trace

Le monde entier la suivra.

 

 

Ils frappent de leurs matraques

La bosse ne reste pas

Ils nous brisent la tête

L'idée restera

Courage avec vos lances

Nous ôterons nos frusques

En avant la musique

Qu'on danse.

 

Devant nous marchent nos morts

Derrière nous nos fils ont surgi

Avec eux nous saurons être forts

Nous vaincrons pour eux aussi.
Et toi drapeau qui depuis un siècle vas

Toujours à la tête des ouvriers

Rouge sang, un jour tu seras

Le salut de l'humanité.

 

 

Ils frappent de leurs matraques

La bosse ne reste pas

Ils nous brisent la tête

L'idée restera

Courage avec vos lances

Nous ôterons nos frusques

En avant la musique

Qu'on danse.

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Marco Valdo M.I.
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