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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 23:14

CHANSON POUR LES HÉROS

 

Version française - CHANSON POUR LES HÉROS – Marco Valdo M.I. – 2012

d'après la version italienne de Lorenzo Masetti d'une

Chanson anglaise - Song for the Heroes - Alex Comfort

 

 

 

 

Alex Comfort, 1920 -2000 médecin, pacifiste, anarchiste, antimilitariste, objecteur de conscience, écrivain et poète.

Connu du grand public pour son best-seller "La Joie du Sexe", le manuel illustré de la révolution sexuelle, il a en réalité abordé les sujets les plus variés dans ses écrits, y compris un traité sur "Pouvoir et délinquance."

 

Il a aussi écrit les mots de quelques chansons interprétés par Pete Seeger, mais je ne crois pas que ce poème, (qui de toute façon dès le titre est une chanson), aie jamais été mise en musique. Mais, du fait que son sujet correspond parfaitement à notre site, j'ai pensé le proposer quand même. Nous disons que pour Comfort, comme pour Marco Valdo M.I., les musiciens sont en retard.

 

 

 

 

Je me demande parfois si les soldats qui gisent

Sous terre enveloppés dans leurs capotes comme des mendiants

Qui dorment sous un pont, les mains remplies de feuilles.

 

Ne pourraient pour une fois tirer vengeance des hommes qui les ont envoyés

Revenant comme mendiants, voyant les maisons et les champs

Que leur obéissance leur a fait perdre, les hommes de tous les pays

 

S'ils avaient quelque chose à dire

Aux fenêtres glacées comme des fantômes à leurs fils ou à leurs frères

Autre que ceci : « Obéissance égale mort.

 

Si tu veux mourir, alors choisis l'obéissance. »

 

« Nous qui nous sommes ici à présent, hommes de toutes les nations

Les mains pleines de brindilles, des pierres sur les yeux

Un peu effrayés par ce que nous avons fait (mais c'est oublié

 

Un bref rêve sauvage, quand nous étions d'autres hommes

Pas nous mêmes, mais maintenant nous sommes nous à nouveau,

Ouvriers, paysans, étudiants, c'est nous qui vous le disons),

 

Vous devez choisir avec attention, pour votre vie, et pas seulement la vôtre

Dépendra de ceci, maintenant ou plus tard, entre croire

Comme nous que par l'obéissance vous pourriez aider ou profiter

 

De la terre, des champs, des gens; en disant « Mort égale obéissance »

 

« Car maintenant nous savons que toute cause est juste

Et le temps ne distingue pas entre l'agresseur

Et l'enfant mort, entre la Nécessité Déplorable

Et l'atrocité horrible – l'herbe est objective

 

Et transforme tous les citoyens en monticules verts

 

Nous avons eu du temps, comme les soldats ont toujours du temps,

En se reposant devant Platée, Dunkerque, Albuera

De penser à l'obéissance, même si nous bondirons toujours

Au sifflet ; il est trop tard pour reculer – que quelqu'un doit payer

Pour tout ceci, et ce sera les gens.

« Nous n'avons rien d'autre à vous dire que ceci: Choisissez avec attention

Et si vous devez quand même obéir, nous sommes prêts,

Vos pères, grands-pères, arrières-grands-pères, à vous trouver

 

Place à notre table sèche, à vous accueillir comme des soldats

D'un salut sec, et assis, coude à coude

Silencieux pour toujours sous le ciel de la terre:

 

Mais maintenant vous choisissez. Quand ils commencent à en appeler

À votre bon fond, à votre juste indignation,

À votre pitié pour les hommes comme vous, arrêtez,

 

Regardez vers le bas et observez les poux sur votre peau.

 

Il se pourrait que vous, ou alors vos enfants

Vous baissiez la main et vous les écrasiez. Mais sinon

Souvenez-vous que nous attendons, des hommes bons comme vous,

 

Pas des idiots mais des hommes qui savent le prix de l'obéissance

Tiennent les poux pour ce qu'ils sont, la Cause pour une escroquerie

N'espèrent rien et ne caressent aucune illusion.

 

Et nous verrons vos tertres s'élever en groupes

À côté du nôtre, et vous y accueillir d'un salut,

Crucifiés comme nous tous, tous ensemble frères-fantômes,

 

Pas dupes des salauds, mais allant les yeux ouverts.

 

« Il vous suffit de parler une fois – ils s’évanouiront comme la fumée,

Il vous suffit de capter leur regard – ils partiront

Hurlant comme des diables vers la mort incommensurable.

 

Mais si vous choisissez d'obéir, nous ne vous blâmerons pas

Car chaque leçon est neuve. Nous vous ferons place

Dans cette halle glacée, où toute cause est juste.

 

Peut-être, irez-vous avec nous vers les fenêtres gelées

Faisant le même choix au fur et à mesure que les années passent

Épiant quand les Gadaréniens appellent nos enfants

 

Ou vous assoirez-vous pour débattre - quand désobéiront-ils ?

 

Enveloppés dans nos manteaux contre le froid impartial ».

Les hommes enterrés diraient tout ceci, je pense,

En serrant leurs côtes blanches et leurs casques rouillés

 

Os apatrides, sous la terre immobile.

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Marco Valdo M.I.
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