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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 20:00

CANTATE SAINTE MARIE DE IQUIQUE

 

Version française - CANTATE SAINTE MARIE DE IQUIQUE – Marco Valdo M.I. – 2012

d'après la version italienne de Riccardo Venturi

D'une chanson chilienne (espagnol) – Cantata Santa María de Iquique – Quilapayún– 1969

Paroles et musique de Luis Advis Vitaglich

 

 

 

 

 

La Cantate Sainte Marie d'Iquique est l’œuvre capitale de la Nueva Canción Chilena – Nouvelle Chanson Chilienne. Par la suite, elle fut remaniée par le poète Julio Cortázar, mais j'ai préféré la présenter dans le texte original de Luis Advis; peut-être moins "poétique", mais plus cru et plus authentique.

"La Cantate Sainte Marie d'Iquique" n'a pas pu être exécutée au Chili du 11 septembre 1973 jusqu'en 1990. Sous peine d'arrestation ou de déportation.

Les faits racontés arrivèrent dans la ville d'Iquique entre le 15 et le 21 décembre 1907; des faits semblables s'étaient produits quelques mois auparavant à Marusia (en août) ; ils ont aussi inspiré un film célèbre, Actas de Marusia, du metteur en scène Miguel Miguel Littín, interprété par Gian Maria Volonté. Le film était tiré par un livre de Patricio Manns . Curieusement, dans les jours-mêmes du massacre d'Iquique, fut étouffée dans le sang une autre protestation de mineurs à des milliers de kilomètres de distance, en Roumanie. Les morts d'Iquique furent en tout 3721, ceux-là en Roumanie au-delà 1500. [ En ce qui concerne les événements de Roumanie, il est important de noter ceci : que la grève des 7000 mineurs de la Vallée du Jiù (août-septembre) faisait suite à une formidable révolte paysanne en mai 1907 qui touchait toute la Moldavie et l' Olténie. La répression fut horriblement sanglante et fit plus de dix mille victimes, dit Lucien l'âne. Un coup les paysans, un coup les mineurs.]

L'ordre fut rétabli évidemment.

 

 

 

Tout d'abord, deux précisions de vocabulaire quant à la version française :

« Dans la nuit et la camanchaca. ».... La camanchaca est intraduisible, car c'est le nom d'un brouillard spécifique à la pampa des plateaux chiliens.

Ensuite :

« Trois mille six cents

Assourdis

Trois mille six cents

Amuïs. »

C'est cet adjectif "amui" qui mérite une explication particulière.

Le mot amuïr est un mot spécifique à la linguistique et désigne de fait de rendre « muet », certains sons. Ainsi, en va-t-il du « e » muet. Cependant, il n'existe pas de mot, de verbe français pour dire le fait de rendre muette une personne, de rendre muet quelqu'un. C'est la raison pour laquelle je me suis emparé d'« amuïr » et que je me suis empressé de l'appliquer aux gens. Le texte espagnol connaît le mot « enmudecido » et l'italien (la version de R.V.), utilise le mot « ammutolito » - au participe passé ; j'ai donc utilisé « amuï», participe passé d'amuïr, pour dire : « rendu muet ». C'est ainsi que la traduction finit par enrichir la langue, malgré elle.

 

Quant à l’histoire que raconte la cantate... je voudrais indiquer ce qui en ressort... En somme, son actualité. Là, en 1907 dans le Nord du Chili, à Iquique, en Moldavie, en Roumanie, ubique... comme le dit la cantate :

« Demain ou après-demain

Ou en un temps plus lointain

L'histoire que voilà

À nouveau se produira. »

 

 

Oh, dit Lucien l'âne en hochant sa large tête et en balançant ses oreilles en signe d'approbation, on dirait un épisode de la Guerre de Cent Mille Ans, quasiment un archétype. Une scène vécue des dizaines de fois, cent fois répétées en Inde, au Pakistan, en Chine, en Allemagne, aux Zétazunis, en Afrique, en Russie, chez nous, partout. Toujours, toujours ces massacres... Et toujours, toujours, les pauvres, les exploités, les opprimés, les révoltés... appelle-les comme tu veux, finissent par relever la tête et reprendre leur route vers le monde meilleur auquel tous, ils aspirent.

 

Parfois, dit Marco Valdo M.I., les soldats ne tirent pas... Comme ceux de ce régiment de ligne de l'armée française qui refusa de tirer sur les viticulteurs...[[704]] et même mieux encore, prit leur défense contre d'autres régiments de la même armée. C'était en cette même année 1907.

 

 

La même année 1907, j'étais de passage dans le Midi, cette année-là. Et, il me souvient que tout le Midi de la France manifestait pour échapper à la misère... L’État lui envoya l'armée avec ordre de tirer et il y eut des morts. Il s'agissait de préserver l'ordre social, déclara Georges Clémenceau, président du Conseil. Ce fut pourtant un mouvement formidable... [http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_des_vignerons_du_Languedoc_en_1907#Les_.C3.A9v.C3.A9nements_de_1907] La manifestation de Montpellier (le 9 juin) rassembla 800.000 personnes. Ainsi, le 26 mai 1907, 220 à 250 000 personnes manifestent à Carcassonne. Dès l’avenue de la gare, ils passent sous un arc de triomphe où est inscrit « Salut à nos frères de misère »... « Les Albigeois étaient autrefois réunis sous ces murs, ils y tombèrent pour la défense de leur liberté. Nous ferons comme eux ! En avant pour la défense de nos droits ! Le Midi le veut, le Midi l'aura ! » et autre discours : « Un souvenir me hante, souvenir de misère pareille à la vôtre ! Lorsque les barons féodaux envahissaient le Midi et le saccageaient, un troubadour pleurait ainsi : Ah ! Toulouse et Provence, et la terre d'Argence, Béziers et Carcassonne... »

 

 

Oh, tu sais bien Lucien l'âne mon ami, que le pouvoir central, arme des puissants et des riches, avait déjà mené croisade des siècles auparavant dans cette région de ce qui n'était pas encore la France et après des années et des années de massacres, avait écrasé les gens de la parole des pauvres et les porteurs de liberté. Cette fois-ci encore dans ce Midi d'il y a plus de cent ans, on réussit à enliser la révolte, à la noyer dans les promesses et la répression. Ainsi en va-t-il au travers du temps. La Guerre de Cent Mille Ans est très longue. Mais la terre tourne... Cependant, on ne peut passer sous silence la patience et l'obstination nécessaires pour venir à bout de cette entreprise de domination, de rapine et d'exploitation.

 

Je sais, je sais. Pierre Valdo et la Fraternité des Pauvres parlaient déjà il y a sept cents ans. Et nous, notre part dans cette longue lutte est de tisser chaque jour (ou presque) le linceul de ce vieux monde soumis aux dominations les plus cruelles, exploiteur en diable, volontairement amoral et cacochyme. (Heureusement !)

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

Votre attention...

 

 

Mesdames, messieurs,

Nous allons vous conter

Ce que l'histoire

Ne veut pas se rappeler.

Cela se passe dans le Grand Nord

Dans la ville d'Iquique.

En mil neuf cent et sept

Frappa la fatalité.

Là, le pauvre vacher

Fut tué pour tuer.

 

Nous sommes les trouvères

Nous dirons la vérité.

Vérité morte amère

Des ouvriers de la potasse.

Nous rappelons notre histoire

De douleur sans pitié.

Car plus le temps passe

Moins il faut oublier.

À présent, nous vous demandons

Votre attention.

 

 

Premier récit.

 

 

Voici la pampa sans repères

Les lieux arides du silence

Le sol sans miracle et les ateliers vides

Comme au bout du désert.

 

Et si vous observez la pampa et l'imaginez

Au temps de l'industrie du salpêtre

Vous verrez la femme au foyer

L'ouvrier sans visage et l'enfant triste

 

Sans doute, la hutte en ruines,

La chandelle qui illuminait sa misère,

Les parois encroûtées de calamine

Et pour lit, des sacs et la terre.

 

Mais aussi, d'humiliants supplices,

Un piquet où on lie l'ouvrier

Sous le soleil des jours entiers

Qu'importe, si à la fin, il crève.

 

La faute de l'ouvrier, souventefois,

Était sa fière souffrance.

Rébellion impuissante. Insolence !

La loi du riche patron est la loi.

 

Voyez ce qu'ils lui baillent

Des bons à valoir ; jamais d'argent

Un pour chaque jour de travail

Pour la nourriture, uniquement.

 

Et pas question d'acheter ailleurs

On ne pouvait d'aucune manière

Même si c'était moins cher.

C'était interdit par le directeur.

 

Le pouvoir d'achat de ces bons

Baissait au fil du temps

Le salaire restait constant

Et surtout, jamais d'augmentation.

 

Voici la pampa sans repères

Les lieux arides du silence

Si vous observez la pampa d'hier

Vous entendrez leurs lamentations, par bribes.

 

 

Chanson I

 

 

Le soleil dans le grand désert

Et le sel qui nous brûla

Et le froid si amer

Dans la nuit et la camanchaca.

La faim de pierre sèche

Et nos gémissements qu'elle écoutait.

Notre vie de mort lente

Et les larmes qui coulaient.

 

Les maisons expropriées

Et l'ouvrier attendait

Le sommeil, oubli qui jamais ne venait

D'une peine retardée.

Le vent dans la pampa immense

Plus jamais ne cessera.

La dure sécheresse

Pour toujours restera.

 

Salpêtre, pluie bénie,

Se change en malheur.

La pampa, pain de vie,

Cimetière et terre amère.

Le temps passe, passe

Et une histoire mauvaise suivra,

La dure sécheresse

Pour toujours restera.

 

Récit II.

 

 

S'était accumulé un dommage immense,

Beaucoup de pauvreté, beaucoup d'injustices;

Ils n'en pouvaient plus et leurs paroles

Durent réclamer l'obole.

 

À la fin de mille neuf cent sept

À San Lorenzo, la grève était dans l'air

Et au même moment, tous écoutaient

Un cri qui volait dans le désert.

 

D'un bureau à l'autre, comme des rafales,

On entendait les protestations de l'ouvrier.

Les Messieurs, d'un bureau à l'autre,

Le mépris marqué sur leurs visages blasés.

 

Que peut leur importer la rébellion

Des dépossédés, des parias ?

Bientôt repentis, ils reviendront

Tête basse. La faim les ramènera.

 

Que faire alors, si personne n'écoute ?

Le frère interrogeait le frère

Notre revendication est juste et c'est si peu :

Devons-nous laisser toute espérance ?

 

Ainsi, par la souffrance et l'amitié

Si on unissait les volontés,

En un seul lieu, elles comprendraient

Que descendre au grand port s'imposait.

 

 

Chanson II : Allons, femme !

 

 

Allons femme,

Partons à la ville.

C'est autre chose,

Il n'y a aucun doute.

Il n'y a aucun doute,

Viens voir, aie confiance,

Car à Iquique

Tous comprennent.

 

Femme, prends ma couverture,

Elle te protégera

Prends l'enfant dans tes bras

Il ne pleurera pas.

Aie confiance, il ne pleurera pas,

Il sourira

Tu lui feras lalalala

Il s'endormira.

 

 

Qu'est-ce qui se passe ?,

Ne te tais plus, dis-moi,

Un long chemin, il faudra

Que tu fasses

Au travers des collines,

Allons femme.

Allons femme, aie confiance,

Il suffit d'arriver à la ville

Nous pourrons voir toute la mer.

 

Iquique est plus grand peut-être

Que la mine de salpêtre

Qu'il y a beaucoup de jolies maisons

Qui te plairont.

Aie confiance, elles te plairont fort

Confiance comme en Dieu,

Là-bas dans le port

Tout sera mieux.

 

Qu'est-ce qui se passe ?,

Ne te tais plus, parle,

Allons femme,

Partons à la ville.

C'est autre chose,

Il n'y a aucun doute.

Il n'y a aucun doute,

Viens voir, aie confiance,

Car à Iquique

Tous comprennent.

 

 

Récit III

 

 

Durant six jours

Du mois de décembre,

Se fit leur long parcours

À travers les collines.

Vingt-six mille ont marché

Ou plus peut-être

Avec leurs silences usés

Par le salpêtre.

Anxieux, ils descendaient,

Ils arrivaient

De la pampa, par milliers

Eux, les relégués

Ils ne venaient pas mendier

Ils venaient réclamer

Réponse à leur demande

Une réponse claire.

 

Certains à Iquique

Les comprirent

Et à eux, s'unirent

C'étaient les syndiqués

Et se solidarisèrent

Les charpentiers

Les mariniers

Les charretiers

Les peintres et les tailleurs,

Les journaliers,

Les maçons et les carreleurs

Les boulangers

Les plombiers et les livreurs

Les dockers et les aconiers

Juste regroupement

De pauvres gens.

 

Chez les bourgeois d'Iquique

C'était la panique.

Ils ne se souvenaient pas

D'avoir vu tant d'ouvriers

Le pampino n'est pas

Un homme à qui se fier

Il peut voler, qui sait

Ou assassiner.

Les maisons, entre temps

S'étaient resserrées,

On regardait seulement

Par les fenêtres fermées.

Le Commerce avait fermé

Aussi ses portes,

Il fallait se garder

De tant de bêtes.

Il valait mieux les rassembler

En un seul lieu,

Les laisser déambuler.

C'était dangereux.

 

 

Interlude chanté

 

 

À nous, se sont unis

Des compagnons d'espérance

Et les autres, les nantis

Nous considèrent avec méfiance.

 

Nous sommes venus à Iquique

Iquique nous prend pour des bourriques ;

Certains amis sont des soutiens

Mais les autres nous refusent la main.

 

 

Récit IV

 

 

L'endroit où on les emmenait

Était une école vide

Et l'école s'appelait

Sainte Marie.

 

Ils y laissèrent les ouvriers

Ils les laissèrent en souriant

Ils leur dirent de patienter

Un jour seulement.

 

Les hommes eurent confiance

Ils ne manquaient pas de patience

Attendre, ils avaient dû le faire

La vie entière.

 

Ils attendirent sept jours

Un enfer de sept jours

C'est ainsi quand le sort

Se joue avec la mort.

 

L’ouvrier est toujours un danger

Il faut s'en préserver.

C'est pour cette raison-là

Que l'état de siège, on déclara.

 

Un bruit traversa les ombres

Au loin, on entendit un tambour.

Le vingt et unième jour

De décembre.

 

 

Chanson III

 

 

Je suis ouvrier pampino

Et de tous le plus bancal

Ma voix entame un crescendo

Pressentant quelque chose de fatal.

 

Ce que je ressens cette fois

Je dois le communiquer

Quelque chose de triste se produira

Quelque chose d'horrible va nous arriver
Le désert ne m'a pas été fidèle

Rien que terre craquelée et sel,

Pierre amère de ma douleur

Roche triste de la chaleur

 

Je n'entends plus que silence

Et agonies de solitude ;

Seulement ruines d'ingratitude

Et souvenirs d'hébétudes.

 

Qu'en la vie, il n'y ait rien à craindre

Je l'ai appris avec le temps ;

J'entends une clameur pourtant

Qui me fait trembler maintenant.

 

C'est la mort qui arrivera

Galopant dans l'obscurité

De la mer, elle viendra

Je suis vieux ; la voilà, je le sais.

 

Récit V

 

Silence total

Quand arrive

Un noble militaire

Un Général.

Il saura comment leur dire

De la manière

Dont un seigneur

Traite les serviteurs.

Le Général est arrivé

Dans un grand boucan

Très bien protégé

Par son régiment.

Les mitrailleuses en corolle

Stratégiquement

Autour de l'école.

 

Du haut d'un balcon,

Il parla d'un ton martial.

Voici la déclaration

Du Général.

« Ça ne peut rien donner

Toutes ces manières

Cessez d'inventer

Tant de misère.

Vous ne comprenez pas les ordres

Vous êtes des ignorants

Vous perturbez l'ordre,

Vous êtes de mauvaises gens

Vous êtes contre le pays,

Vous êtes des traîtres

Vous volez la patrie

Vous êtes des voleurs

Vous abusez des filles

Vous êtes des violeurs

Vous avez tué des miliciens

Vous êtes des assassins

Il vaut mieux partir de ce pas

Sans protester

Que même vous demandez et redemandez

Ce que vous voulez, vous ne l'aurez pas.

Partez, partez

De cet endroit

Si vous n'obéissez pas

Vous le regretterez. »


De l'école, « Le Blond »,

Ouvrier valeureux,

Répondit sans émotion

D'un ton sérieux :

« Señor Général, vous

Ne nous comprenez pas du tout.

Nous poursuivrons nos espérances

Quoi qu'il nous en coûte.

Nous ne sommes pas des animaux

Ni un troupeau.

Nous lèverons fiers

Notre poing en l'air.

Nous donnerons des forces nouvelles

Par notre exemple

Et le futur le saura

Je vous l'assure.

Et si vous menacez

Je suis ici, moi.

Tirez sur cet ouvrier, tirez

En plein cœur. Tout droit. »

 

Le général l'a écouté,

N'a pas cillé,

De rage et d'un geste altier

Il l'a fusillé.

Le premier tir fut l'ordre

Pour le massacre

Et ainsi commença l'infernale

Fanfare des rafales.

 

 

Litanie.

 

 

Il en mourut trois mille six cents.

Un après l'autre,

Trois mille six cents

Abattus l'un après l'autre.

 

L'école de Sainte Marie

Connut la mort ouvrière.

Un sang qui de sa vie

Ne connut que la misère.

 

Trois mille six cents

Assourdis

Trois mille six cents

Amuïs.

L'école de Sainte Marie

Fut la boucherie

D'une vie mourant

En un seul hurlement.

Trois mille six cents regards

Pour toujours hagards

Trois mille six cents ouvriers

Assassinés.

 


Chanson IV

 

 

Un enfant joue dans l'école

Sainte Marie.

Joue à débusquer des trésors

Qu'y trouvera-t-il ? Fors la mort.

 

Les hommes de la pampa

Qui voulurent protester

Comme des chiens furent tués

Car il fallait que cela soit.

 

Il ne faut pas être pauvre, ami

C'est dangereux

Il ne faut pas parler, ami

C'est dangereux.

Les femmes de la pampa

Se mirent à pleurer

Ils durent aussi les tuer

Car il fallait que cela soit.

 

Il ne faut pas être pauvre, amie

C'est dangereux

Il ne faut pas pleurer, amie

C'est dangereux.


Les enfants de la pampa

Ne faisaient que regarder

Ils durent aussi les tuer

Car il fallait que cela soit.

 

Il ne faut pas être pauvre, petit

C'est dangereux

Il ne faut pas naître, petit

C'est dangereux.


Où sont les assassins

Qui tuèrent pour tuer ?

Nous le jurons sur la terre

Nous les chercherons sans fin.

Nous le jurons sur la vie

Nous les chercherons sans fin

Nous le jurons sur la mort

Nous les chercherons sans fin.

 

Nous le jurons camarades,

Ce jour viendra.

Nous le jurons camarades,

Ce jour viendra.


Votre attention...

 

 

Mesdames et messieurs,

Ici s'achève

L'histoire de l'école

Sainte Marie.

Et à présent,

Nous vous prions respectueusement

D'écouter la chanson

De conclusion

 

 

Chanson finale

 

 

Vous qui avez écouté

La chanson ici contée

Ne restez pas là à méditer

Pensant que c'est du passé.

Le seul souvenir ne suffit pas

Le chant ne suffit pas

Il ne faut pas seulement se lamenter

Nous devons voir la réalité.

 

Demain ou après-demain

Ou en un temps plus lointain

L'histoire que voilà

À nouveau se produira.

Le Chili est un pays si grand

Mille choses peuvent se passer

Si nous ne sommes pas dès maintenant

Décidés à lutter.

Nous avons des raisons sûres,

Nous avons de quoi lutter,

Nous avons les mains dures,

Nous avons de quoi gagner.

 

Unissons-nous comme des frères

Et rien ne nous vaincra.

S'ils veulent nous mettre des fers

Ils n'y arriveront pas

À tous sera la terre

À nous aussi sera la mer

Pour tous, la justice viendra

Tout comme la liberté.

Nous luttons pour les droits

Dont tous doivent bénéficier

Nous luttons pour que ce qui est nôtre

N'aille plus à d'autres.

 






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Marco Valdo M.I.
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commentaires

Gilleron 21/04/2014 18:52

Merci de ce blog et des paroles de Santa Maria de Iquique.
Je connaissais l'histoire résumée sur scène par Quilapayun, mais avec les paroles c'est autre chose.
Très belles paroles au demeurant, une véritable internationale-bis appelant au combat de classe avec espoir alors qu'aujourd'hui, le représentants embourgeoisés "de los obreros" n'appellent plus qu'à voter pour leurs listes panachées de réformistes

tierralejana 28/01/2014 21:32

Merci mille fois pour cette traduction..... Très difficile de retranscrire dans sa forme poétique sans en perdre la puissance .... L'avantage est, que les non Hispaniques peuvent aussi comprendre le texte.... Quand j'écoute cette œuvre je suis toujours aussi émue que je l'ai été la première fois..... Les textes, la composition musicale ainsi que l' interprétation sont extraordinaires ...... Un vrai chef d’œuvre qui mérite pleinement d'être compris