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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 12:53

C'EST TOUT UN PLAISIR

 

Version française – C'EST TOUT UN PLAISIR – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Ogni tanto fa un certo piacere – Dario Fo– 1963

Texte de Dario Fo
Musique de Fiorenzo Carpi

 

 

Regarde quelle coïncidence, Lucien l'âne mon ami...

 

 

Comment ça, quelle coïncidence ? Ce n'est pas clair. Il n'y a que toi qui dois savoir à quoi tu fais allusion.

 

 

En effet, en effet... Je m'explique. Hier ou il y a quelques jours, je t'ai rapporté une Histoire d'Allemagne qui s'intitulait : « Ni d'Est, ni d'Ouest. Nazis ! ». Cette histoire était narrée par un policier qui dénonçait ces bandes de criminels et leurs exactions assassines. Il dénonçait au passage le manque de moyens et d'effectifs pour faire face à ces bandes armées. La chanson d'aujourd'hui, qui nous vient d'Italie, où les choses n'ont pas sensiblement évolué, est chantée par le groupe des assassins et même, par leurs commanditaires – en Italie, ils sont fascistes, qui se réjouissent de la complicité de la police, de la protection qu'elle leur apporte dans leurs actions criminelles.

 

 

Ah, je vois, dit Lucien l'âne. Je me souviens très bien de cette histoire d'Allemagne [[44790]] et mieux, j'en ai encore de l'effroi dans le dos de tous ces nazis au crâne rasé qui massacraient de coups les travailleurs vietnamiens et leurs familles et incendiaient la cité où ils vivaient... Du temps de la guerre d'Algérie et en France, on appelait ça des ratonnades.

 

 

 

ratonnade.jpg

 

 

 

Exactement. À propos de Paris et de skinheads fascistoïdes (je précise et c'est important, car il y a des gens au crâne rasé qui ne sont pas nazis du tout et même, carrément opposés à ces crapules – voir absolument : http://www.redskinheads-de-france.fr/), un jeune homme, venu de Bretagne pour étudier à Paris, vient d'être assassiné alors qu'il sortait d'un magasin et précisément par des skinheads, qu'on qualifie pudiquement de droite... Et finalement, ce n'est pas inexact... Car la droite est comme le vin mousseux... D'abord, elle est pleine de bulles (papales), elle est en quelque sorte graduée... Quand tout va bien, que tout coule dans le sens qui lui convient, son niveau de réactivité est doux et ses propos sont onctueux, ses gestes enveloppants et d'une rondeur évangélique; quand – pour elle, les choses se compliquent, son taux de réactivité passe au niveau, demi-sec – c'est le temps de l'invective, de l'insulte modérée à l'encontre des gens qui ne sont pas de son bord ; on parle, mais on ne fait rien encore ; un cran au-dessus, on en vient aux mots blessants, aux méchancetés, aux manifestations de rue (Paris vient d'en subir quelques unes – et tous les prétextes sont bons : ici, il s'agissait de mettre en cause le mariage des homosexuel(le)s) – avec la bénédiction des évêques et la bienveillance du Vatican ; comme disait Voltaire ; « la caque sent toujours le hareng » ; on m'a dit aussi que c'était le bon Henry de Navarre, du temps où il n'avait pas encore touché le calice empoisonné qui était l'auteur de cette sentence et indiquait ainsi qu'il sentait de loin arriver le papiste et même si je fabule, l'expression et la sensation qu'elle figure sont exactes) ; et puis, quand les événements s'y prêtent, la droite durcit encore le ton et on en vient au niveau brut, qui comme son nom l'indique, est assez musclé – là, on démarre à l'insulte, on cogne, on frappe, on matraque, on assomme, on tue, on assassine... mais en quelque sorte, à petite échelle... Ensuite, à l'étape suivante, c'est Maurras (Charles Marie Photius Maurras – 1868-1952), c'est l'Action française, ce sont les bandes armées, c'est l'affrontement, c'est le putsch, c'est la prise de pouvoir... C'est l'État National ou l'Empire. On est cousin d'Adolf ou de Benito. Je laisse à chacun le soin de transposer cette graduation de la droite dans son aire géographique.

 

 

J'imagine très bien ce que ça doit donner en Espagne, en Grèce, au Portugal, en Allemagne, en Autriche, en Hongrie, en Pologne, en Italie... Pour m'en tenir à l'Europe où nous vivons... Ainsi donc, notre tâche est incommensurable et pourtant, il nous faut bien nous y remettre et recommencer à tisser le linceul de ce vieux monde un peu trop gris, un peu trop feldgrau, un peu trop noir, un peu trop brun... un peu trop enclin aux crapuleries, aux assassinats, aux massacres et aux guerres et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Dàlli, dàlli, dàlli, dàlli, dàlli,
De temps en temps, c'est tout un plaisir
De pouvoir assommer quelqu'un,
De pouvoir légalement laisser courir
Sa méchanceté sur quelqu'un.
Corsetés de mesquinerie,
Sus, chantons, couvrons de huées
Cette lamentation de bêtes à genoux :
Sus, écrasons-les sans pitié,
Sus sus, écrasons-les sans pitié.
Oh quelle grande invention l'ennemi,
Un ennemi qui est désarmé :
Remercions qui nous l'a procuré,
Indiqué et déjà malmené.
Remercions les autorités :
Avec leurs forces de l'ordre dans la rue
Pour nous, le monde est une aubaine
Chaque chose est faite pour nous
Chaque chose est faite pour nous
Pour nous gens aisés,
Pour nous gens bien-pensants,
Pour nous gens moralisateurs,
Pour nous gens conformistes,
Christ est mort pour nous,
Car nous l'avons fait tuer,
Pour ensuite le faire dorer
Et sur des croix d'argent clouer,
Et sur les trophées et les armes graver,
Afin que l'on sache que, sauf imprévu
Telle est la fin de tout Christ.

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Marco Valdo M.I. - dans Dario FO
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