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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 23:16

Ça sent

Chanson de langue française – Ça sent – Marco Valdo M.I. – 2012

Parodie de La Bière – Chanson de Jacques Brel – 1968

 

 

 

 

Salut à toi, Lucien l'âne mon ami... Aujourd'hui, je m'en vais te régaler, et mieux encore si tu étais un cochon, d'une de ces parodies bien fumantes. Elle s'intitule Ça sent... Comme disait Boris Vian : « On ne peut rien rêver de plus fumant »... Elle devrait bien plaire à nos amis en ce qu'elle est une attaque frontale contre ceux qui font tant souffrir les gens de Grèce, d'Espagne et d'ailleurs ; qui les pressent et les écrasent actuellement sous le fallacieux prétexte de sauver leurs économies. C'est aussi un complément aux Histoires d'Allemagne... rapport à certains relents d'époques pas si lointaines où des pacifistes autoproclamés déchaînèrent les folies d'Arès.

 

 

Oups, ce doit être une canzone terrible, qui a dû te trotter en tête depuis bien longtemps... Car je sais que chez toi les parodies mettent parfois longtemps à mûrir. Elle a dû macérer des mois, sinon des années. Ce doit être une colère de derrière les fagots. Et comme je pressens les choses, tu as vraiment dû aller la chercher dans le fond du fond de ton cœur...

 

 

Exactement... Il y a là toute ma colère d'Européen, j'entends ainsi « habitant sur cette partie de la planète qu'on a coutume d'appeler l'Europe ». Une colère gigantesque contre le supplice que certains font subir aux petites gens de Grèce, d'Espagne, d'Irlande, d'Italie, d'Allemagne, de Hongrie, de Roumanie, de France, de Grande-Bretagne et d’ailleurs, contre cette offensive systématique que les riches mènent à l'encontre des pauvres pour les réduire plus encore, les terrasser, les obliger à subir les pires avanies afin de gonfler encore leur baudruche financière, de se faire ah les crapauds !, plus gros que le plus gros des bœufs. Oh, je sais, il n'y a pas de petit profit...

 

 

Non, pour le riche, il n'y a pas de petit profit, dit Lucien l'âne en balançant la tête en signe d'approbation.

 

 

Pour eux, pour les riches, il ne peut y avoir que de gros profits, de gigantesques profits, sans souci aucun pour ceux qu'ils détruisent, en rejetant par avance et par principe toute considération humaine, toute considération de simple moralité, toute idée de décence. Dès lors, « Ça sent ! ». Oui, ça sent la suffisance, ça sent la cupidité et l'avidité; bref, ça sent la merde de Londres à Berlin... On vit dans une auge... On nous force à vivre dans leurs déjections, dans leurs puanteurs. Voilà ce qu'elle dit la canzone.

 

 

Je vois, je vois, dit Lucien l'âne tout vibrant de son poil luisant et noir comme la gaillette. Mais puisque parodie il y a, de quelle chanson et dès lors de quel auteur ? Je parie sans aucune crainte de me tromper que ce doit être une chanson forte et un de ces auteurs au verbe fort...

 

 

 

 

Et tu as gagné... Pour l'auteur, que dirais-tu de Jacques Brel et pour la chanson, il s'agit de La Bière [http://www.dailymotion.com/video/x6810t_jacques-brel-la-biere-beer-english_music], une chanson forte, une chanson puissante, une chanson pleine de superbe. Et la bière, la bière pourrait bien être une boisson au symbolisme assez rude qu'on pourrait mettre en balance avec le vin ; un peu comme se balancent une certaine Europe du Nord et un Sud méditerranéen. Bien sûr, la parodie ne fait pas dans la dentelle, bien sûr la parodie ne s'embarrasse pas de subtiles distinguos... Mais c'est dans sa nature de parodie. Et de toute façon, ma colère s'adresse à ceux-là qui sans distinction et très brutalement rançonnent les populations et sans vergogne aucune, font de cette élégante rapine permanente leur profession de foi.... Et Dieu dans tout ça ? me diras-tu. Le Dieu du Vatican est de leur côté... Ils seront absous quoi qu'ils fassent.

 

Et oui, tu as raison... Ça sent... Et cela-même nous impose de reprendre notre tâche infinie et de tisser le linceul de ce vieux monde odoriférant, malodorant, puant, écœurant, nauséabond, fétide, putride, pestilentiel, malsain et cacochyme. (Heureusement !)

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Ça sent la merde de Londres à Berlin

Ça sent la merde, Dieu qu'on est bien

Ça sent la merde de Londres à Berlin

Ça sent la merde, donne-moi la main

 

C'est plein de banquiers

Qui pleurent pour un rien

Et de financiers

Qui jouent aux malins

C'est plein de vent du Nord

Qui mord comme un chien

Le Sud presque mort

Qui cherche son pain

 

Ça sent la merde de Londres à Berlin

Ça sent la merde, Dieu qu'on est bien

Ça sent la merde de Londres à Berlin

Ça sent la merde, donne-moi la main

 

C'est plein de politiciens

Qui font la kermesse

Comme font la messe

Les prêtres en latin

C'est plein de jours morts

Et de foyers gelés

Chez nous il n'y a que l'été

Que les hommes vivent encore

 

Ça sent la merde de Londres à Berlin

Ça sent la merde, Dieu qu'on est bien

Ça sent la merde de Londres à Berlin

Ça sent la merde, donne-moi la main

 

C'est plein de gens grimaçants

Qui soignent leurs souvenirs

Agonisant sans rire

En espérant un printemps

C'est plein de dirigeants

Qui soignent leur vérole

En discourant

De "prosit" en "Schol"

 

Ça sent la merde de Londres à Berlin

Ça sent la merde, Dieu qu'on est bien

Ça sent la merde de Londres à Berlin

Ça sent la merde, donne-moi la main

 

C'est plein de bonshommes

C'est plein de bonnefemmes

De cérémonies infâmes

C'est plein de décorum

C'est plein de gens superbes

Qui ont depuis si longtemps

Un coffre pour la merde

Un coffre pour l'argent

 

Ça sent la merde de Londres à Berlin

Ça sent la merde, Dieu qu'on est bien

Ça sent la merde de Londres à Berlin

Ça sent la merde, donne-moi la main

 

C'est plein d'horizons

Effondrés de partout

Mais l'alcool est blond

Le diable est chez nous

On dit qu'en Espagne

Ils espèrent en Dieu

On fait des montagnes

Avec ce qu'on peut

 

Ça sent la merde de Londres à Berlin

Ça sent la merde, donne-moi la main

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