Version française : Les étoiles dans le fossé – Marco Valdo M.I. – 2008
Chanson italienne – Le stelle nel fosso – Mario Di Leo
Un matin sur les montagnes franchissant la frontière
Même pas un frisson, en pensant à la prison
C'était la voix du cœur que je devais suivre :
“On ne laisse pas mourir des gens ainsi !”
Ces trois petits anges souffraient beaucoup
L'étoile cousue par mépris sur leur poitrine
J'ai caché dans une tanière cette femme
Avec ses trois petits attachés à sa jupe.
Serrés à bras entre la paille et l'épouvante,
Leurs cœurs affolés battaient la tourmente.
Un palais ne sert à rien à celui qu'on aime.
Un peu de place comble qui a de la peine.
Attendant l'aube pour passer la frontière
Laissant là les injures et les épines
L'étoile scélérate dans la boue d'un fossé,
À peine passée la barrière d'un pas.
Il vint une bande, et ils vinrent une centaine
Ils cassèrent tout, ils jetèrent tout au vent.
Muet comme un poisson, ma bouche cousue
par son silence insultait cette injuste blessure.
Je pris tant de coups de pieds et de poings
Une huile infâme massacra ma nuit.
Je pris les mains vides le chemin du retour
Hurlant de rage, aboyant
Ni la louche matraque ne put me faire parler
Ni la purge répugnante me faire trahir
Les marques restèrent, mais la torture passa
Passèrent les coups, je leur passai la peur
La faux de la lune soulignait leurs yeux
Elle céda le pas à l'aurore qui teinte d'or les pics.
Voici qu'est arrivée l'heure d'arracher
Les fausses étoiles pour les jeter au fossé.
Alors, baptisé d'un nouveau nom
Je saute toutes les barrières, je taille le barbelé
J'aide qui je peux à passer les frontières
Et je regarde les étoiles embourbées dans le fossé.
Car un cœur libre ne craint pas la prison
Il sait lutter de jour, il lutte encore la nuit
Toujours la tête haute, pas après pas,
En piétinant les étoiles perdues dans le fossé.
Et contre vous qui semez la mort
Vous qui avez ouvert les portes aux barbares
Avec vous “race damnée”, on ne pactise pas
La liberté ne se mendie pas, la liberté se prend.