LE PÈLERIN FLORENTIN.
Version française – Le Pèlerin florentin – Marco Valdo M.I. – 2009
Chanson italienne – Fiorentin pell'Isdrael – Riccardo Scocciante – 2009
S'insérant de force dans le débat à propos de l'invasion de Gaza, d'Israël, du sionisme et du comportement plus ou moins démocratique des médias et des politiciens italiens, Riccardo Scocciante nous envoie une petite composition en florentin basée sur une chansonnette toscane appelée Pellegrin che viaggia a Roma. - Un Pèlerin qui va à Rome. Cette chansonnette raconte l'histoire d'un paysan lequel n'avait jamais quitté son village et voulait se rendre à Rome en grand pèlerinage, et imaginant Rome au bout du monde, avant de partir « fit le plein », mangeant cinq ou six plats de pain et de macaronis et un sac de châtaignes. Le résultat se fit sentir peu après sur le train. Dans sa version, Riccardino Scocciante imagine un Florentin qui, après avoir lu dans le journal « La Nazione » l'appel à participer à une manifestation de « soutien à Israël et à la démocratie », avant de monter sur l'autobus, se renseigna et se « remplit » des intéressantes publications d'Oriana Fallaci, de Magdi Allam et de Fiamma Nirenstein (nom qui en yiddish signifie « calcul rénal »). Le résultat .....[AWS/CCG Staff]
Mais , ajoute Marco Valdo M.I., le résultat en effet est assez croquignolet. C'est pas qu'on soit scatophile, mais cette aventure de ce jeune gars égaré, qui finit par prendre les bureaux d'un journal favorable au régime de Cheese Berlu pour un lieu d'aisance, est vraiment drôle. D'autant, ajoute à titre personnel Marco Valdo M.I., que ce journal à la Libération fut l'organe du CNL, c'est-à-dire de la Résistance et qu'il eut parmi ses directeurs Carlo Levi, qui fut un des grands résistants au régime de l'époque et pendant vingt ans; Carlo Levi dont j'ai le plaisir d'être un des traducteurs. Pour en revenir à la canzone de Scocciante, il y a là quelque chose d'assez dans la manière de Marx, Groucho évidemment. Qu'alliez-vous penser ? Ou alors, dans la meilleure veine d'un Hara Kiri Hebdo, qui fit les beaux jours de la presse française d'opinion et qui fut interdit pour cette raison qu'il dénonçait le régime gaullien et la presse lèche-bottes. À moins que l'ami Scocciante ne s'inspira d'Aristophane de son bousier, véhicule de paix ou de ses réflexions stercoraires dans une pièce à la dénomination incontestable dans ce site : La Paix.
Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.
Je vais vous raconter
L'évènement assez coquin
L'autre jour arrivé
à un pauvre Florentin.
Qui voulut aller manifester
Pour Israël. Comme la presse
Entre nichons, flics et fesses.
Et son journal l'y avaient incité.
Avant de partir, dès le matin
De monter dans le tram
Il lut cinq ou six bouquins
D'Oriana et Magdi Allam
Comme il lui fallait davantage
que ses six ou sept bouquins,
Il emporta en plus un ouvrage
De Fiamma Nirestin.
Quand il fut sur le tram,
Afin de se donner des idées
Il ouvrit les ouvrages de ces dames
Et se mit à les dévorer.
Tout d'un coup, son corps
Se mit à maronner.
Le pauvre malheureux
Ne sut plus quoi penser.
Dieu que je me sens mal,
Ohlala, je n'en peux plus !
Putain, arrêtez ce vicinal,
Je vais me chier dessus.
Alors, une grande puanteur
Submergea les passagers florentins
Qui pour chasser l'épouvantable odeur,
De tout ouvrir furent contraints.
Puis, comme Dieu le voulut
Devant la Nazione, qui l'aurait cru,
Ce pauvre gars, le feu au cul
Descendit comme un obus.
Tout en dégrafant sa braguette,
Il fonça comme un taureau
Mais au lieu des toilettes
Il entra dans un bureau.
Tandis que ce malheureux
Chiait avec délectation
Entra tout coléreux
Le chef de la rédaction.
« Espèce d'andouille idiote,
Tu es vraiment un veau
Au lieu d'aller aux chiottes
Tu chies dans mon bureau ! »
Alors le pauvre gars
À toutes jambes s'enfuit
En montrant son troulala
À toute la compagnie.
Et dans le bus, il cria tout éperdu :
« J'en ai marre de ce bordel
Manifester ainsi pour Israël
On ne m'y reprendra plus ! »