Lundi 6 juillet 2009

Nous les ânes.

 

Canzone de révolte asinesque - Nous les ânes – Lucien Lane - 2009

Parodie de la scie sirupeuse – Nous les femmes - Julio Iglesias

 

 

 

Lucien Lane, comme son nom l'indique est un âne et pas n'importe lequel, c'est l'âne Lucien, celui de l'Âne d'Or, venu d'Éphèse, du fond de la plus haute antiquité grecque. Depuis ce temps en compagnie de bien des hommes, il a parcouru le monde; il a vécu toutes les grandes aventures; il a notamment connu Rossinante (une rosse, au sens strict, celle-là) - c'était au temps de Sancho et de Cervantès, on l'a croisé dans les Cévennes avec Stevenson, il a porté les marbres blancs pour Michel-Angelo, il a porté les canons pour Napoléon, il a passé les Alpes avec Hannibal et ses éléphants... Et toujours, toujours, il fut parmi les plus méprisés... Seuls certains hommes (souvent parmi les plus misérables) lui ont fait le signe de reconnaissance le plus merveilleux qui soit - un sourire et cette marque de solidarité au solipède, a ouvert la voie de l'amitié et de la camaraderie, qui sont les roses de l'anarchie. C'est à ce moment que l'homme est devenu humain et à cet endroit de l'histoire du monde que naquit l'humanité.

 

En attendant et pour le reste, c'est la révolte : « Fierss, têtus et récalcitrants

Ni le bâton par derrière, ni la carotte par devant. »

 

Les ânes aussi, on le voit ici, dans cette foutue Guerre de Cent Mille Ans que les riches font contre les pauvres afin de garder et d'accroître leurs privilèges et leurs richesses, les ânes aussi entendent résister (Ora e sempre : Resistenza !, crie Lucien l'âne !) et de la même manière qu'ils avancent, petit pas à petit pas, ils tissent eux-aussi le linceul du vieux monde... Écoutez leur révolte qui gronde...

 

Ainsi parlait Marco Valdo M.I.

 

Nous les ânes, on est calmes
Notre allure nous attire des sarcasmes
Nous les ânes, sur nos râbles
En bêtes de somme, nous portons tout, comme des diables

On nous traite de rosses, on nous bat

On nous méprise et sans rien dire, nous on s'en va

Ils se sentent très fort et ils pensent nous connaître

Ils nous disent avance, ils se croient les maîtres

Ces idiots, ces misérables hommes

Nous menacent du bâton

Sombres diables, que nous sommes

Nous les ânes, si bons compagnons

Fiers, têtus et récalcitrants

Ni le bâton par derrière, ni la carotte par devant


Dès qu'un humain nous sourit, on a tendance
À oublier toutes nos souffrances
À tout faire pour l'aider, c'est ainsi
Alors, on devient camarades et amis


Nous les ânes, on est calmes
Notre allure nous attire des sarcasmes
À vos manières insupportables
Pauvres hommes, nous résistons comme des diables


Fiers, têtus et récalcitrants

Ni le bâton par derrière, ni la carotte par devant.

Par Marco Valdo M.I. - Publié dans : Marco Valdo M.I.
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