Dimanche 11 octobre 2009

QUATRE MÈTRES CARRÉS

 

 

Version française – QUATRE MÈTRES CARRÉS – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – Quattro Metri Quadri – Malasuerte FI*sud


Je suis un prisonnier, j'ai été condamné

Trois de prison déjà passés

Enfermé dans une cellule en compagnie d'un idéal

J'avais tant envie de voler

Je suis dedans aussi par amour; à moi aussi, le cœur battait

C'est étrange : un forçat n'a pas de cœur

Puis un jour : la nuit, la peur et puis, les coups

Enfermé dans une cellule couleur de mort...

 

Dans quatre mètres carrés huit bras à laver

Quatre bouches à nourrir et à écouter

Tant de temps à rêver

Tant de jours à décompter; je suis la voix de celui qui veut crier.

Il n'est pas vrai

Il n'est pas vrai que d'une cellule on ne voit pas le ciel

Il n'est pas vrai qu'on n'y meurt pas

Dans ma cellule, il n'y a pas de soleil JAMAIS !

 

Pour dormir, je n'ai pas de lit, j'ai seulement un cabinet

Ces murailles noires sont mes prisons

Et espérer sortir une heure dans la cour

L'heure de sortie sert à ne pas mourir

Et tomber en dépression dans une cellule de rigueur

Est plus facile qu'un coup dans un ballon

Puis un jour : la nuit, la peur et puis, les coups

Enfermé dans une cellule couleur de mort...

 

Dans quatre mètres carrés huit bras à laver

Quatre bouches à nourrir et à écouter

Tant de temps à rêver

Tant de jours à décompter; je suis la voix de celui qui veut crier.


Il n'est pas vrai

Il n'est pas vrai que d'une cellule on ne voit pas le ciel

Il n'est pas vrai qu'on n'y meurt pas

Dans ma cellule, il n'y a pas de soleil JAMAIS !

Il n'est pas vrai

Il n'est pas vrai que d'une cellule on ne voit pas le ciel

Il n'est pas vrai qu'on n'y meurt pas

Dans ma cellule, il n'y a pas de soleil JAMAIS !

Il n'est pas vrai

Il n'est pas vrai que d'une cellule on ne voit pas le ciel

Il n'est pas vrai qu'on n'y meurt pas

Dans ma cellule,

Dans ma cellule,

Dans ma cellule,

Il n'y a pas de soleil JAMAIS !

 

Par Marco Valdo M.I.
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Mardi 6 octobre 2009

L'ODEUR DE LA MORT

Version française – L'ODEUR DE LA MORT – Marco Valdo M.I. – 2009
Chanson italienne – L'Odore della morte – Talco

À l'appel des trompettes se rouvrent les danses
Au fracas des bombes, la dignité s'écrase.
Le chien impérialiste entre embargos et police
Se bat avec les fantômes de sa propre hypocrisie.

Terrorisme humanitaire et paix satellitaire
La vérité dort dans une base nucléaire
Entre des restes d'hôpitaux et des vies balayées;
Le yankee construit sa démocratie.

Siffle toujours plus fort
le vent de l'Occident
parmi les ruines humaines.
Une bombe intelligente
Justice planétaire
Le monde ouvre les portes
Paix totalitaire
Odeur seule de la mort.

Irak et Yougoslavie, Cuba et Afghanistan
Plomb sur la Palestine, le Nicaragua et le Vietnam
Enter les éloges de la race et de la civilisation
L'aigle étoilé continue à voleter.

Par Marco Valdo M.I.
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Mardi 6 octobre 2009

LA RAGE AU CŒUR

 

Version française – LA RAGE AU CŒUR – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – Rabbia dentro il cuore – Los Fastidios – 2001

 

 

Évidemment, Lucien mon brave ami, qu'il s'agit des journées de Gênes en 2001 où les forces de leur « Ordre » (celui des riches, cet Ordre qu'ils imposent par la Guerre de Cent mille Ans qu'ils font aux pauvres pour s'assurer une éternelle domination, leur éternelle exploitation) ont terrorisé la ville, humilié de jeunes femmes, battu, blessé et torturé des milliers de personnes... et tué purement et simplement – plus exactement, assassiné – Carlo Giuliani... Et ces poings levés sont pour lui, pour Carlo Giuliani.

 

Alors, dit Lucien l'âne révulsé, voilà encore une démonstration que le fascisme ordinaire prospère sur le corps de cette Europe bavarde.

 

En effet, le ventre est encore fécond et la chose immonde se répand à nouveau... La dernière fois qu'on l'a laissé s'étendre et distiller son venin, elle a fait soixante millions de morts... et si l'on n'y prend garde, elle n'hésitera pas à remettre ça. C'est sûr.

 

Tu as raison, mon ami Marco Valdo M.I., il faut vraiment tisser chaque jour, inlassablement, le linceul de ce vieux monde cacochyme et malodorant.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

Combien de fois reverrais-je

Les scènes de ces jours-là

Combien de fois entendrais-je

Leurs sirènes autour de moi

 

Barricades dans les rues

Rage au cœur

 

Combien de fois reverrais-je

Ce sang sur l'asphalte

Combien de fois entendrais-je

Leurs danses de guerre

 

 

Uniformes bleus qui avancent

Rage au cœur

 

Mille poings au ciel

Mille poings au ciel

Mille poings au ciel

Pour toi !

 

Par Marco Valdo M.I.
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Mardi 6 octobre 2009

LA SAINT PRÉCAIRE

 

Version française – LA SAINT PRÉCAIRE – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – St Precario Day – Los Fastidios

 

Très belle chanson sur les conditions dramatiques des travailleurs et des ouvriers.

 

Voilà une chanson italienne contemporaine et qu'entend-t-on, mon cher Lucien l'âne, exactement ce qu'on aurait pu dire ici sur le même sujet des précaires. Chacun sa manière et celle des Fastidios est simple et passionnée. Pour le reste, «même ennemi, même combat ». À mille kilomètres de là, c'est strictement pareil. Des dizaines de millions de précaires, chômeurs, vieux (misérablement) pensionnés, enfants à la dérive dans la brillante Europe étoilée … Au fait, sais-tu qu'en octobre 2010, les précaires de toute l'Europe convergeront , comme le font les Gitans aux Saintes Maries de la Mer, vers Bruxelles pour la Saint Précaire.

 

Décidément, les hommes sont fous. J'irai, pour sûr, dit l'âne Lucien en dansant d'un pied sur l'autre pour simuler le mouvement. D'ailleurs, dès maintenant, j'en parlerai à mes amis et connaissances. En somme, c'est une manière de tisser le linceul de ce monde malade de l'argent.

 

Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

Un chez soi, des droits, un salaire...

 

Une vie pendue à un fil

Licenciés sans préavis

Toujours exploités et sous payés,

une vie toujours à terme, sous chantage, sans contrat.

 

Sur le mur de ce vieux chantier est apparu

si tu regardes en haut même sur les cheminées

Sur la porte d'entrée de l'hypermarché,

coopérative, call center privé

 

Sur le rideau de fer de l'intérim,

Sandwicherie multinationale

On intercède pour qui rêve de droits et d'un salaire

Bière gratuite pour toi, Oi!, Saint Précaire.

 

De porte à porte en cherchant du travail,

Un revenu fixe et pas nécessairement l'or,

Tout permis est toujours refusé,

Cette vie n'est pas un théâtre mais la réalité du précaire.

Par Marco Valdo M.I.
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Lundi 5 octobre 2009

La Cannaie

 

 

Canzone léviane – La Cannaie – Marco Valdo M.I. – 2009

Cycle du Cahier ligné – 55

 

 

 

La Cannaie est la cinquante-cinquième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.



Belle chanson, dit Lucien l'âne en secouant ses ongles antérieurs, très touchante, très émouvante... Elle sonne un peu comme la Chanson de Craonne, avec sa succession d'adieux. C'est comme le chant d'un soldat très amer qui part pour la guerre et dont une voix intérieure lui dit « Tu n'en reviendras pas toi qui courais les filles, jeune homme... ».



Tu parles d'or, mon ami Lucien l'âne de même farine. Il y a bien de ça dans notre canzone – et ce n'est sans doute pas un hasard. Tout comme ce début qui rappelle – et pourtant crois-moi, je l'avais écrite avant – qui rappelle le début de l'italienne « Nel Nome della bella » de Massimiliano Larocca … qu'ici-même, Riccardo Venturi a traduite en français de la façon suivante :

« Parto per terre lontane

parto per terre straniere

Je pars pour des terres lointaines

Je pars pour des terres étrangères »

mais c'est une situation « archétypale ». Il y a tant de guerres, tant d'exils, tant d'émigrations... Mais rappelle-toi qu'il s'agit de notre prisonnier-guerrier-blessé et de son long combat contre l'isolement, de ce combat pour la vie. La rupture ici est celle de l'enfantement, de l'exil forcé dans le monde, dans ce monde de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent contre les pauvres, dans ce monde de domination et de violence, dans ce monde de mensonges, d'exactions et de sordide exploitation. C'est un peu aussi une évocation du paradis perdu, de ces moments de l'enfance où malgré tout, dans les interstices et dans les bras des femmes, tendres géantes, coule – radieux – un peu de bonheur. Rappelle-toi que le retour au plus profond de soi, à la source-même de l'être, au pays des merveilles, « entre les cannes de la cannaie » (ce qui donne le titre de la canzone), aux instants où l'enfance se réservait des coins de bonheur, est ici une technique de survie face aux affres des autorités en tous genres. On emprisonne le corps, mais comment emprisonner l'esprit, surtout l'esprit de résistance ?



Oh, dit Lucien l'âne se redressant vivement, on ne le peut pas... J'aime beaucoup comme il conclut : « ...refus obstiné / De toute violence, de toute autorité ». C'est d'ailleurs notre devise : « Ora e sempre : Resistenza ! »



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Adieu donc, temps sans temps,

Je pars pour longtemps.

Adieu, je vais en des terres lointaines.

Où donc ce train fol nous emmène ?

Adieu, choses et doux bras.

Un jour sans doute, on se retrouvera.

Adieu mère qui m'avez allaité

Adieu mes sœurs, qui m'avez tant aimé

Adieu Lucia et l'enchantement des matins

Adieu les lézards dans les prés.

Adieu, cœur simple, qui ne demande rien;

Adieu, affection de ma terre mère,

Douce géante à la tendresse austère.

J'avais découvert gamin,

Les servantes, les paysannes, les lavandières,

Toutes femmes, toutes nourricières.

Adieu Val Salice et banc de pierre

Où dans les langes et les linges, après le bain,

L'enfant est mis à sécher,

Et regarde son corps, heureux et serein.

Adieu l'odeur verte du foin coupé

Adieu les citrouilles illuminées,

Adieu jardin de la maison aimée,

Adieu groseille rouge, groseille noire,

Poires martine, moscatello blanc et noir,

Citronniers, verveines, iris, lilas,

Magnolias et musa.

Adieu petit chemin

Qui descend doucement vers la vallée,

Entre les cannes de la cannaie

Où un automne lointain,

Une femme se promenait

En songeant à l'enfant qu'elle portait

Qui, au plus profond du noir

D'une nuit de novembre, naîtrait,

À une heure moins le quart,

Arraché aux forceps – l'heure, c'est l'heure.

À son tendre nid de bonheur.

Telle est l'origine du refus obstiné

De toute violence, de toute autorité.

Par Marco Valdo M.I. - Publié dans : Marco Valdo M.I.
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