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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 21:04

RIEN NE RESTE DE L’ÉCOLIÈRE

 

D’HIROSHIMA

 

Version française – RIEN NE RESTE DE L’ÉCOLIÈRE D’HIROSHIMA – Marco Valdo M.I. – 2017

Chanson italienne – Nulla rimane della scolara di Hiroshima – Primo Levi – 1978

 

 

 

 

À Hiroshima, Japon, où tomba la première bombe atomique, il existe un Parc de la Paix, dans lequel on a bâti un monument aux enfants. Voici ce qu’en dit le site qui y est consacré :

« Le Monument des Enfants est dédiée à Sadako Sasaki, fillette de 2 ans lors de l’explosion de la bombe, qui vivait alors à deux kilomètres de l’épicentre.

Alors que la plupart de ses voisins furent tués ou blessés, Sadako sembla être épargnée. Aucune blessure… visible.

Jusqu’en 1954, ce fut une petite fille comme les autres.

Bonne élève, enfance sans problème. Tout allait bien. Elle faisait même de la compétition de course à pied.

Mais, en 1954 tout bascula.

Après une course, elle fut prise de vertiges. On crut à une fatigue passagère.

Mais les vertiges se multiplièrent. Emmenée à l’hôpital de la Croix Rouge on diagnostiqua une leucémie, le « mal de la bombe atomique ».

Elle n’avait plus beaucoup de temps à vivre. Son souhait fut alors d’avoir son tout premier kimono. Ses parents lui offrirent également un sac-pochette et des zori (sandales) traditionnels.

A l’hôpital, sous l’influence de sa compagne de chambre, Kiyo Okura, de deux ans son aînée, elle se mit à lire des romans et écrire à des correspondantes dans des magazines pour filles.

L’hôpital de la Croix Rouge reçut alors du papier coloré et le distribua aux enfants pour qu’ils fassent des pliages (origamis).

On raconta alors à Sadako la « légende des 1000 grues ».

Au Japon, la grue est symbole de longévité. On raconte qu’elle peut vivre 1000 ans. En pliant du papier en forme de grues selon l’art de l’origami. ("ori", plier et "gami" papier) et en confectionnant une guirlande de 1000 grues (un senbazuru ou zenbazuru, せんばづる), on fait plaisir aux dieux et ceux-ci peuvent alors nous faire vivre 1000 fois 1000 ans

Sadako se met alors à confectionner des grues de papier, avec tout le papier qu’elle put trouver.

On dit qu’elle en confectionna 644.

Elle mourut le 25 octobre 1955 à l’âge de douze ans.

Ses camarades de classe terminèrent la guirlande.

Sadako Sasaki est devenue une héroïne et la grue en papier, "ori-tsuru", est un symbole de paix à travers le monde.

Chaque année, des millions de grues sont envoyées au Japon et déposées autour du Monument des Enfants érigé à la mémoire de Sadako Sasaki et des milliers d’enfants victimes de la bombe atomique d’Hiroshima.

Sadako Sasaki est devenue une héroïne et la grue en papier, "ori-tsuru", est un symbole de paix à travers le monde.

Ce monument a été construit en utilisant l’argent provenant d’une campagne de collecte de fonds menée par les écoliers japonais, dont les camarades de classe de Sadako.

Le monument des Enfants (genbaku no ko no zōa – Statue des enfants de la Bombe Atomique) été inauguré le 5 mai 1958 (le 5 mai est le « jour des enfants » au Japon).

Tout en haut du monument une statue représente Sadako qui tient une grue dorée au bout de ses bras.

Sous le dôme du Monument, un carillon fait d’une cloche et d’une grue dorée, que le vent agite et que l’on peut aussi faire sonner.

Ces deux objets ont été donnés par le lauréat du prix Nobel en physique Hideki Yukawa.

À la base du monument, on peut lire ces paroles gravées, écrites par les élèves de l’école que fréquentait Sadako :

 

 これはぼくらの叫びです    Ceci est notre cri.

これは私たちの祈りです    Ceci est notre prière.

世界に平和をきずくための    Pour construire la paix dans le monde »

 

(https://onsenfuton.jimdo.com/hiroshima-miyajima/hiroshima-m%C3%A9moire/parc-de-la-paix/)

 

 

 

 

Dialogue maïeutique

 

 

Voici, insérée aujourd’hui en italien, une chanson que je me suis empressé de traduire ou plus exactement, dont je me suis empressé de donner une version en langue française, car, je l’avoue, ma version n’est pas une « vraie traduction » du texte de Primo Levi. On y trouvera sans doute des dissemblances qui pourraient être prises pour des erreurs de traduction ; ce qu’elles ne sont pas.

Par ailleurs, je suis persuadé que Primo Levi n’aurait rien trouvé à y redire ; finalement, l’essentiel, c’est qu’elle existe.

 

Sans doute, sans doute, Marco Valdo M.I. mon ami, et il aurait raison. Car, du moment – et moi, je t’ai vu travailler – du moment que tu fais ce travail – simple en apparence, et que tu rends in fine un texte correct et qui tienne en lui-même, bref, qu’il n’ait pas l’air d’une pièce rapportée, il n’aurait pu qu’en constater le résultat. Certains pourraient l’aimer, d’autres pas, mais là, on est dans le domaine de la sensation. C’est une autre histoire. Peut-être, en effet, aurait-on pu espérer meilleur interprète, mais enfin, ça faisait près de quarante ans qu’il attendait. Cela dit, on est très loin des catastrophes lexicales que sont les traductions des « traducteurs automatiques ». Il y a d’ailleurs là tout un domaine d’étude, à mon sens d’âne, d’une complexité quasiment infinie.

 

Tu m’as bien compris, Lucien l’âne mon ami. Toutefois, on peut imaginer qu’un autre fera mieux ; en tout cas, moi, je le souhaite. Maintenant, je voudrais te parler de la canzone, de ce qu’elle raconte et surtout, de ses deux héroïnes, puisqu’elle est bâtie autour de leurs terrifiants destins.

Il y est donc question de deux écolières, de deux filles aux deux bouts du monde, aux deux bouts d’une guerre.

L’une, celle dont le titre dit : « Rien ne reste de l’écolière d’Hiroshima » me paraît être Sadako Sasaki, une enfant, encore presque un bébé au moment de la chute de la bombe (le 8 mai 1945), sur la ville où elle était née et où elle vivait, une enfance commune dans une ville jusque-là tranquille et indemne, jusque-là, très loin du front et des combats.

L’autre, que Primo Levi met en résonance avec la petite Japonaise, est une jeune fille allemande juive, exilée aux Pays-Bas quand elle était encore une petite enfant, qui mourut du typhus au camp de Bergen-Belsen sans doute en février 1945. Comme les autres morts du camp, elle fut réduite en cendres et fumée dans le crématoire. Elle s’appelait Anneliese Marie Frank. Elle raconta ses jours de claustration clandestine dans son journal en néerlandais : Achterhuis (littéralement, arrière-maison), publié en français sous le titre : « Le Journal d’Anne Frank ».

 

 

Ce sont là des histoires terribles et il est bon de les raconter, dit Lucien l’âne. D’une part, tout simplement afin que nul n’en ignore, mais aussi pour pousser à la réflexion, y compris ceux qui sont amenés à prendre les décisions les plus graves. Cependant, malgré le fait que tous les jours ou presque nous disons notre mépris de la guerre et la nécessité de l’éviter, si nous trouvons que c’est là une des plus stupides choses à faire, on ne peut que constater qu’elle se perpétue et resurgit inlassablement ici, là et ailleurs encore.

 

 

En effet, Lucien l’âne mon ami, on sait tout autant que la Guerre de Cent Mille Ans, bien que sa durée réelle soit indéterminée et indéterminable, implique la longue durée (très longue durée) du phénomène de la guerre, qui ne peut que perdurer tant que les hommes voudront des richesses, voudront du pouvoir, voudront de l’adulation, tant qu’il y aura de l’avidité, de l’ambition, de l’envie et le goût de paraître. Une telle mutation de l’espèce dans son entier suppose une autre dimension temporelle que la vie commune de l’individu humain. Cependant, il faut par tous les moyens tenter de faire évoluer l’ensemble des humains. Il est même possible que l’espèce n’arrive pas à le faire à temps… Cela dit, ces deux jeunes filles me rappellent d’autres chansons comme La petite Juive ou Auschwitz  ou la Comptine de Thérésine ou d’autres encore.

 

 

Conclure, Marco Valdo M.I. mon ami, il est difficile de conclure. Sauf à dire ce que nous disons depuis des années maintenant : tissons, tissons sans discontinuer le linceul de ce vieux monde malade de la richesse, de l’ambition, de l’avidité et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Puisque l’angoisse de chacun est la nôtre

Nous revivons encore la tienne, fille maigre

Qui te serre convulsivement contre ta mère

Comme pour rentrer en elle

Quand à midi le ciel est devenu si sombre.

En vain, car l’air devenu poison s’est infiltré

À ta recherche par les fenêtres fermées

De ta maison tranquille aux murs solides,

Enchanté par ton chant et ton rire timide.

Des siècles sont passés, la cendre s’est pétrifiée

Emprisonnant pour toujours ces jolis membres.

Ainsi tu restes parmi nous, tors calque de plâtre,

Agonie sans fin, terrible témoignage

De combien importe aux dieux l’orgueil de nos semences.

Mais rien ne reste parmi nous de ta sœur lointaine,

De cette fille de Hollande, entre quatre murs serrée

Qui raconta pourtant sa jeunesse étouffée ;

Ses cendres muettes ont été par le vent dispersées ,

Dans un cahier chiffonné, sa courte vie enfermée.

À Hiroshima, rien ne reste de l’écolière,

Ombre confite dans le mur par la lumière

De mille soleils, victime sacrifiée sur l’autel de la peur.

Puissants de la terre, maîtres des nouvelles horreurs,

Tristes gardiens secrets du tonnerre dernier,

On en a assez des tourments par le ciel donnés.

Avant de presser votre doigt, arrêtez-vous et réfléchissez.

 

 
RIEN NE RESTE DE L'ÉCOLIÈRE D'HIROSHIMA

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Marco Valdo M.I.
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