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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 12:24

Ils ont brûlé

 

Chanson française – Ils ont brûlé – Marco Valdo M.I. – 2017

 

 

 

 

 

 

Avant de parler de la chanson, Lucien l’âne mon ami, je reviens un instant sur son titre et sur son antienne.

 

D’accord, Marco Valdo M.I. Et pour dire quoi exactement ?

 

Ceci très exactement que cette chanson comme d’autres de celles que j’ai écrites, est bâtie sur une ritournelle qui me trotte en tête ou sur une chanson antérieure qui me sert de canevas. Ici, c’est une chanson de Léo Ferré qui sert de base à cette histoire : « Ils ont voté », dans laquelle Léo Ferré dit, notamment :

 

« Ils ont voté et puis, après ? »

 

Ce qui pour moi reste la question centrale qui se pose à la « démocratie ». Il suffit de penser à quelques grands pays de notre monde… Je te laisse le choix.

Ici, il ne s’agit pas seulement de voter, mais aussi de brûler. Et ça sent.

Je raconte l’affaire pour qu’on situe la chanson. Elle se réfère à un événement tout, tout, tout récent.

 

Dernière petite nouvelle d’Italie :

 

Dans la région de Florence, quelque part en Toscane, le 3 janvier 2017, à 11 heures du matin, ils ont brûlé un bâtiment détruisant tout le matériel de La Ronce, une commune agricole autogérée. Un repaire de communistes ? Oui, la Ronce est une commune comme en faisaient autrefois les socialistes, les anarchistes et les communistes – avant qu’ils ne deviennent des apparatchiks.

La Ronce accueille aussi des réfugiés, des émigrés.

Elle s’est bâtie au fil des années sur cette terre en désuétude, sur cette terre abandonnée. La loi italienne de 1948 prévoyait pourtant que les terres abandonnées étaient libres d’occupation et qu’elles revenaient alors à ceux qui les entretiennent et les cultivent. L’a-t-on abrogée cette loi ?

Je ne sais, mais on a pris prétexte de l’occupation de la terre pour refuser d’alimenter la commune en électricité.

Les gens de la commune n’ont pas baissé les bras. Ils se sont passé des raccordements à la modernité urbaine.

La Ronce : c’est le travail en commun, c’est les légumes et les fruits au naturel et frais, c’est un lieu d’accueil et de fêtes aussi. On y travaille, on y chante, on y mange, on y boit et mille autres jolies choses aussi. Elle augure d’un autre monde.

Mais ça ne plaît pas. Alors ? Alors, on brûle. Ô, on ne sait pas qui, ni vu ni connu. Ô ce sont certainement des malfaiteurs qui ont fait ça. Des malfaiteurs ? On a déjà connu ça vers 1920 : ils se nommaient eux-mêmes des fascistes.

Au début aussi, on brûla juste un bâtiment pour donner un avertissement, pour impressionner, pour faire peur. Il n’y eut pas de poursuites ; dans le fond, la chose arrangeait bien les gouvernants.

Puis, on brûla une grange, on brûla une ferme, on en brûla plusieurs. Puis, on bastonna les paysans, puis, on tua les gens. La chose fit scandale un moment. Il n’y eut pas de poursuites ; dans le fond, la chose arrangeait bien les gouvernants.

De fil en aiguille…

On connaît la suite : elle mit le monde à feu et à sang.

Donc, ça recommence : c’est un recommencement.

Dans le fond, la chose arrange bien les gouvernants.

Et pas seulement en Italie…

 

La question est : va-t-on une fois encore fermer les yeux et faire semblant de rien ?

Je vais conclure, dit Lucien l’âne, car tel est mon rôle. Joseph – sur la couverture de Dachau Express – disait :

« Refuser le fascisme. La bête vit encore. Elle sourit à la télévision ».

Il est temps de relire L’Ode à Kesselring ! Dans laquelle Piero Calamandrei, un Florentin perspicace, disait : Ora e sempre : Resistenza !

Il le disait à Kesselring, mais ça vaut pour les autres nazis et fascistes :

Si tu voulais un jour revenir sur ces routes,
Tu nous trouverais à nos postes :
Morts et vivants avec le même engagement,
Peuple serré autour du monument
Qui s'appelle
Aujourd’hui et pour toujours
RÉSISTANCE !

Nous, on est là, dit Lucien l’âne. On n’en démordra pas. Jamais. C’est notre tâche et notre volonté de tisser le linceul de ce vieux monde avide, hargneux, envieux, sournois, fourbe et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I et Lucien Lane

 

 

 

Ils ont brûlé

Et puis après ?

Chez ces gens-là, c’est une habitude,

Jamais tombée en désuétude.

Hier encore, près de Florence,

Ils ont brûlé la Ronce.

Ils sont fascistes :

Ça existe.

Et puis après ?

 

Ils ont brûlé

Et puis après ?

Ils brûlent les livres,

Ils tuent les gens.

Ils rôdent depuis longtemps,

En rangs sur la même piste.

Ils sont fascistes,

Évidemment !

Et puis après ?

 

Ils ont brûlé

Et puis après ?

Au début, ils bavaient dans leur coin,

Puis, ils sont sortis dans les campagnes,

Ils ont brûlé les fermes et les foins,

Ils ont chassé les gens et leurs compagnes,

Ils sont fascistes,

Évidemment !

Et puis après ?

 

Ils ont brûlé

Et puis après ?

Puis, ce fut le tour des villages,

Puis, ce fut dans les villes,

Ils rôdent près des usines ;

Partout, ils laissent leur odeur d’urine,

Ils sont fascistes,

Évidemment !

Et puis après ?

 

Ils ont brûlé

Et puis après ?

La caque sent toujours le hareng.

Ils jouent aux hommes parfois :

Ils sourient, ils font semblant,

Mais nul n’est dupe de ces gens-là.

Ils sont fascistes,

Évidemment !

Et puis après ?

 

Ils ont brûlé

Et puis après ?

Ils vont à la télé, ils ont l’air de braves gens ;

Certains fascistes sont intelligents,

Ils parlent de démocratie en souriant

Et méprisent les autres gens.

Ils sont fascistes,

Évidemment !

Et puis après ?

 

Ils ont brûlé

Et puis après ?

Il y en a partout

Dans les parlements, dans les partis,

Dans les églises, sur les parvis,

Il y en a près de chez nous.

Ils sont fascistes,

Évidemment !

Et puis après ?

 

Ils ont brûlé

Et puis après ?

Ils ont des représentants

Ils sont ministres au gouvernement,

Dans des villes, des pays, sur d’autres continents

Ils sont élus présidents.

Ils sont fascistes,

Évidemment !

Et puis après ?

 

Ils ont brûlé

Et puis après ?

Ils n’aiment pas qu’on vienne d’ailleurs,

Ils portent les costumes, elles s’habillent en tailleur.

Ils parlent de bonheur, ils apportent le malheur.

Ils se disent apôtres, elles se déguisent en fleurs.

Ils sont fascistes,

Évidemment !

Et puis après ?

 

Ils ont brûlé

Et puis après ?

Chez ces gens-là, c’est une habitude,

Jamais tombée en désuétude.

Hier encore, près de Florence,

Ils ont brûlé la Ronce.

Et puis après ?

Ils brûlent les livres,

Ils tuent les gens.

Ils sont fascistes

Ils rôdent depuis longtemps

En rangs sur la même piste.

Et puis après ?

Après ?

Après, ils restent fascistes

Évidemment !

Ils ont brûlé

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Marco Valdo M.I.

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