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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 16:36

Mon Vieux Léo

Chanson française – Mon Vieux Léo – Marco Valdo M.I. – 2008-2015

 

 

Et si tu peux

Encore un peu

Jouer du piano

Au cœur du néant

Tu te plais sûrement

Mon vieux Léo.

 

 

Ah, Lucien l’âne mon ami, c’était il y a déjà quelques années… Je venais de découvrir les Chansons contre La Guerre… Autrement dit, c’était en 2008 et c’était une de mes premières tentatives, disons, d’écriture de chanson. J’avais eu l’idée de faire une chanson, une parodie déjà. Et une parodie de Georges Brassens et je te le dis tout net, je n’avais pas pu aboutir. J’avais donc laissé la chose en plan.

 

 

Et alors, pourquoi me racontes-tu ça ? J’imagine que tu as dû retrouver cette chanson inachevée et sans doute, as-tu essayé de la mener à son terme…

 

 

C’est exactement ça et comme tu le penses bien, vu qu’on en parle ici, j’ai dû réussir à la terminer. Mais je ne dirai pas combien de fois je l’ai reprise – une vieille chaussette ne l’a pas été autant, modifiée, recommencée, réécrite… Une montagne de papier griffonnée, raturée, barrée, sursaturée de corrections, de biffures… Et maintenant que je l’ai finie, j’en suis bien content, même si…

 

 

Tu m’en vois ravi, dit Lucien l’âne en tressautant pour simuler la joie, sauf que je ne sais toujours pas de quelle chanson il s’agit, de quelle autre chanson elle est une parodie, de quel auteur elle s’inspire et in fine, de qui ou de quoi elle parle. Ça fait beaucoup, tu l’admettras.

 

 

J’admets, j’admets, Lucien l’âne mon ami. Et je te livre le secret tout à trac. Son titre est fixé et on ne pourrait – tu vas le comprendre tout de suite – en donner un autre. C’est « Mon Vieux Léo », une canzone où il est question de Léo Ferré. C’est, comme je te l’ai dit, une parodie d’une chanson de Georges Brassens : « Le vieux Léon » (1953) et elle a comme trame une histoire que j’ai inventée, à savoir que Georges Brassens, reprenant son vieux Léon, s’adresse à Léo Ferré par-delà le temps de façon très amicale et l’interpelle à propos de son grand saut dans le rien ou sur le rocher (étant Monaco où on l’a ramené d’Italie) et la vie d’artiste qu’il peut y mener avec les autres anarchistes exilés là-bas dans le néant. Mais pour les anarchistes, l’exil est une seconde nature. Il lui demande (Georges à Léo) si les anars ont enfin fait un mauvais sort à la guerre et il lui donne des nouvelles d’ici.

 

 

Je verrais bien le père Valdu reprenant une telle parodie… Ce devrait être dans ses cordes de guitare et vocales… Juste pour dire, évidemment. Cela étant, il faudrait sans doute un de ces jours que tu insères « Le vieux Léon » de Tonton Georges dans les Chansons contre la Guerre, car tout comme La Vie d’Artiste de Ferré, cette chanson manque cruellement au tableau. Enfin, je t’avoue que je suis très impatient de découvrir cette parodie et je me réjouis hautement déjà, rien qu’à l’idée. Voyons-la et reprenons notre tâche ; tissons, tissons le linceul de ce vieux monde mortel, mortifère, morbide et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Ça fait maintenant

Près de vingt-cinq ans
Mon vieux Léo
Que tu es parti
Chanter au pays
Des arnarcos.
Parti serein
Voir si les copains
Du bref été
Étaient contents
De se marrer
Dans le néant.
Plus de vingt-ans
Depuis le temps
Que tu es allé
Guincher au bal
Phénoménal
Des révoltés.
Léo, mourir

N’est pas finir.
Léo, j’espère
Que tu as trouvé
Dans ce désert
La liberté.

 

 

C’est une erreur
Mais les rêveurs
De la grande vie
Au grand jamais
On ne leur permet
De fantaisie.
Et toi, tu as dû
T’en aller ailleurs
L’esprit rageur
Sans avoir vu
Revenir jamais
Le joli mois de mai.
Mais les copains
Viendront demain
Les rangs serrés
En rigolant
Et tout fringants
De te retrouver.
Et dans les cœurs
Où pousse la fleur
De l’anarchie
Il fait ma foi
Beaucoup moins froid
Qu’à la Bastille.


Depuis l’ami

Que d’Italie

On t’a ramené

On n’a pas cessé

De faire partout

Les quatre cents coups.

Et on gueulait
Tant qu’on pouvait
À l’unisson

Et dans les prisons 
De la Pianosa
À la Santé
Nombre d’amis
Derrière les murs gris
Furent enfermés
Nul sans surprise
N’a oublié 
Le temps des cerises.

Et les bons amis
Sont restés à l’écart
Des gens de partis.

À t’écouter
Nous rechanter
Graine d’ananar
Tous ces anars
Ont le cœur gros
Mon vieux Léo.

 

Comment ç’est-y
Chez les amis
Autour de toi.
Les libertaires
Ont-ils déjà
Tué la guerre
Et le pinard
Du Père Peinard
Est-il meilleur
D’être partagé
En amitié
Et de grand cœur.
Et s’il t’arrive

Qu’une fée vive

Se laisse approcher
C’est sûr alors
Que tu as trouvé l’Âge d’or

Sur ce rocher
Et si tu peux
Encore un peu
Jouer du piano
Au cœur du néant
Tu te plais sûrement
Mon vieux Léo.

 

 
Mon Vieux Léo

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Marco Valdo M.I.
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