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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 22:17

Le Bouffon de Franziska

 

Chanson française – LBouffon de Franziska – Marco Valdo M.I. – 2015

 

ARLEQUIN AMOUREUX – 5

 

Opéra-récit historique en multiples épisodes, tiré du roman de Jiří Šotola « Kuře na Rožni » publié en langue allemande, sous le titre « VAGANTEN, PUPPEN UND SOLDATEN » – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1972 et particulièrement de l'édition française de « LES JAMBES C'EST FAIT POUR CAVALER », traduction de Marcel Aymonin, publiée chez Flammarion à Paris en 1979.

 

 

 

 

 

Harlekin, tu es mon non-sens

Pure invention, je te garde bouffon.

 

 

 

 

 

 

Cette fois, Lucien l'âne mon ami, notre Arlequin, amoureux et déserteur, est aux prises avec ses maîtres. Il y a bien sûr l'Arlecchina à laquelle il se doit de rendre des comptes, auprès de qui il veut trouver le sens de sa propre vie ; en qui il met toutes ses espérances.

 

 

On ne peut en effet être Arlecchino que si on joue la comédie de l'amour avec son Arlecchina et que toujours, à cette figure, on reste obstinément attaché, sinon fidèle. C'est donc bien là, sa vraie maîtresse. La chose est évidente, mais quels sont ses autres maîtres ?

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, il te souviendra que Matthias le déserteur avait abouti dans le château de la petite ville de Bohème,d'où il était issu, car il ne supportait pas d’être loin du pays, mais aussi, car finalement, c'est là qu'il avait trouvé refuge contre l'hiver et une situation – sans aucun doute provisoire – mais où il mangeait et avait chaud. Cependant, il y périssait d'ennui et le printemps venant, il voulut reprendre son errance. C'était compter sans la Comtesse, une Hohenfeld, qui s'ennuyait dans son château tout autant que lui. Elle l'avait recueilli pour en faire le conseiller in teatro de son auguste mari, le Comte Wallenstein et voilà qu'elle le surprend à s'éclipser avant même que le Comte ne soit revenu de Vienne. Mais elle le retient, l'Harlekin déserteur en lui chantant ce petit refrain :

« Regarde, Harlekin, là dans la cour

Passer cet officier au pied de la tour.

C'est le responsable de ton régiment.

Harlekin, mon ami, sois prudent ! »

 

 

C'est du chantage, tout simplement, dit Lucien l'âne estomaqué. Mais dans le fond, comment tient-on les gens ?

 

 

Et puis, le Comte revenu est bien content de pouvoir discourir avec cet inconnu, bombardé par son épouse, conseiller in teatro. Il lui parle des affaires militaires, telles qu'elles sont perçues à Vienne où l'on craint par dessus tout dieser Bonapart et ses Français. Ils ne se trompaient pas ces prévisionnistes viennois. Il y faudra encore bien des années avant de mettre hors de combat l'Empereur auto-proclamé sur les cendres de la République. Une manie française qui se répétera. Mais, il convient de se souvenir que nous sommes tout au début du siècle, c'est-à-dire bien des années avant qu'à Vienne, précisément, on réduise en mille morceaux cet Empire trop audacieux. Leurs craintes pourront à loisir se révéler fondées.

 

 

Mais, dis-moi, Marco Valdo M.I. mon ami, il y a quelque chose qui souvent m'intrigue dans ces canzones de ton Arlequin : que veux-tu dire dans ces refrains étranges ? Parfois, c'est à n'y rien comprendre. Qu'en sais-tu ?

 

 

Moi, rien ; je suis comme toi, je découvre. Peut-être Arlecchino, en sait-il quelque chose ? Ce n'est pas sûr, mais il se laisse soliloquer en confiant le sens des choses à la poésie et la suite de son aventure.

 

 

Et puis, il change continuellement de nom… Explique-moi un peu.

 

 

Mais c'est simple, Lucien l'âne mon ami. Pour nous, il est Arlequin, Matĕj, alias Matthias, Matys, Matysek, Mathieu Kuře, qui signifierait poussin, poulet…D'où, le Pollo que lui lance son Arlecchina pour qui il est Arlecchino. Pour le Comte et la Comtesse, il est Luigi Sevastiano, le conseiller in teatro… Pour la Contessa, sa padrona, qui se prénomme Franziska et qui est Allemande, il est aussi Harlekin. Et puis, au fil de son histoire, on lui trouvera sans doute de nouveaux noms. Mais que veux-tu quand on est déserteur, quand on doit vivre dans la clandestinité, on vit de faux noms, de faux papiers.

 

Alors, voyons la suite de l'aventure de notre Arlequin amoureux et tissons nous aussi le linceul de ce vieux monde réactionnaire, militaire, ennuyeux et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Ach, dit la comtesse Franziska,

Le comte adore l'opéra.

L'opéra italien… pour tout dire.

Ah, padrona, je ferais mieux de repartir.

 

Repartir ? Où étais-tu auparavant ?

Je me suis enfui du régiment.

Je n'aimais pas la tenue militaire.

Elle ne me va pas. Elle n'a pas bel air.

 

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,

Oui, Monsieur Chi,

Oui, Monsieur Nelle,

Oui, Monsieur Polichinelle.

 

 

Harlekin, tu es mon non-sens

Pure invention, je te garde bouffon.

Arlechinna, ô délice de vie, mon espérance !

Arlecchino, tu es fin saoul. Comme un cochon...

 

Harlekin, où pars-tu comme ça ?

Que fais-tu, mon garçon ?

Mais que fais-tu de ce baluchon ?

Je m'en vais, Contessa. Loin d'ici, padrona.

 

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,

Oui, Monsieur Chi,

Oui, Monsieur Nelle,

Oui, Monsieur Polichinelle.

 

 

Tu t’en vas, tu t'enfuis… Mais pourquoi ?

Je m'ennuie, Arlecchina. On s'ennuie ici, padrona.

Moi aussi, Harlekin… Ne t'en va pas !

Sois mon fou ! Au moins, on s'amusera.

 

Regarde, Harlekin, là dans la cour

Passer cet officier au pied de la tour.

C'est le responsable de ton régiment.

Harlekin, mon ami, sois prudent !

 

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,

Oui, Monsieur Chi,

Oui, Monsieur Nelle,

Oui, Monsieur Polichinelle.

 

 

Hé, Matthias, la Flûte enchantée, tu connais ?

Pensez bien ! La Zauberflöte, autrefois, à Prague !

L'Histoire, Bonapart et ses Français

L'art, l'art… Les guerres sont plus puissantes.

 

Luigi Sevastiano, vilain Bohème

Bateleur errant, il nous faudrait un miracle

Ou un décor marin où des cormorans

Voleraient contre le soleil éternellement.

 

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,

Oui, Monsieur Chi,

Oui, Monsieur Nelle,

Oui, Monsieur Polichinelle.

 

 
Le Bouffon de Franziska

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