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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 22:22

La Fin des Indiens

 

Chanson française - La Fin des Indiens – Marco Valdo M.I. – 2015

Tirée d'une nouvelle d'Oskar Panizza, intitulée « Idées d'un Indien », dans la traduction française de Jean Bréjoux, La Différence, Paris (1979)

 

 

 

Regarde, j'ai mis mon costume de grand guerrier ;

Sur ma peau, mes peintures de guerre ;

Sur ma tête, mes plus belles plumes.

 

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, voici une chanson terrible. Non, je ne parle pas de sa qualité, mais bien de quelque chose qui sème la terreur. Quelque chose d'effrayant. Mais une terreur bénéfique, une terreur qui bouscule la pensée et fait réfléchir ; bref, une terreur intelligente et salutaire.Elle n'a évidemment rien à voir, ni à faire, avec les délires terroristes que l'on connaît de nos jours. Bien sûr, je le vois à ton œil palpitant, la liquidation des populations indiennes (et peu s'en faut qu'elle fut totale) est en soi un chose effrayante, abominable et terrible. Cependant, ici, dans cette canzone particulière, ce n'est pas la fin des tribus indiennes qui effraye, mais bien la manière dont cette fin se réalise. Mais je te laisse découvrir la chose…

 

 

Je vais m'empresser de le faire, dit Lucien l'âne un peu étonné. Mais avant, je vois que tu as tiré cette chanson d'une nouvelle...

 

 

En effet, d'une nouvelle de l'écrivain allemand Oskar Panizza… Un écrivain lui-même assez fantastique, qui comme d'autres – Nietzsche et Maupassant, finira sa vie dans la folie suite à une infection syphilitique. Je dirais même un écrivain sulfureux qui fut poursuivi des foudres de la justice, mais surtout aussi, mis à l'index par l'Église. Notamment en raison de son « Concile d'amour ». Il est mort il y a à peu près un siècle et aujourd'hui encore, on le tient à l'écart et on feint de l'ignorer. La chanson a d'ailleurs aussi comme but de le faire connaître. Ainsi, comme tu le comprends, tout le mérite de cette histoire revient à Oskar Panizza.

 

 

Bien. Alors courrons entendre la voix de Panizza et comme lui, tissons – à notre manière, nous aussi – le linceul de ce vieux monde bien-pensant, colonisateur, exterminateur et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

Docteur, docteur, je viens pour te parler.

Regarde, j'ai mis mon costume de grand guerrier ;

Sur ma peau, mes peintures de guerre ;

Sur ma tête, mes plus belles plumes.

 

Je suis peau-rouge, tu es blanc.

Docteur, docteur, tu es un grand sorcier,

Tu connais les secrets des médicaments,

Je le sais et tu dois nous aider.

 

Docteur, tu nous as toujours soignés

Avec tes formules et chaque fois,

Chaque fois, tu nous as sauvés.

Docteur, le Grand Esprit posera son œil sur toi.

 

Docteur, docteur, nous avons confiance en toi.

Avec ta médecine, tu vas nous aider.

Toute la tribu est malade et veut s'en aller

Aide-nous, ce sera la dernière fois.

 

Nous tous, les Sioux, les Dakotas, les Cheyennes.

Docteur, nous voulons partir là-bas,

Prendre le chemin des Chasses éternelles.

Docteur, le Grand Esprit posera son œil sur toi.

 

Les Hommes de cheval, les Visages de mort

Nous ont menti, nous ont tués, nous ont tout pris.

À petit feu, ils nous achèvent avec le brandy.

Docteur, il ne nous reste plus que la mort.

 

Docteur, que penses-tu du brandy ?

On donnera toutes nos fourrures pour du brandy,

On soûlera toute la tribu, on boira tout

Et puis, à tous, on tranchera le cou.

 

Et les enfants ? Chef, tu n'y penses pas.

Chez nous, il n'y a plus d'enfants ;

On les a tous étouffés depuis dix ans.

Docteur, le Grand Esprit posera son œil sur toi.

 

C'est de la folie. S'il faut aller à la mort,

Prenez vos armes, mettez vos peintures de guerre,

Battez-vous jusqu'au dernier, massacrez vos adversaires.

Chef, n'est-ce pas une plus belle mort ?

 

Docteur, pourquoi répandre tant de sang ?

Nous avons déjà les scalps pour aller là-bas.

On les collectionne depuis quarante ans.

Docteur, le Grand Esprit posera son œil sur toi.

 

Docteur, voici ce que nous avons décidé.

Notre chair vaut quand même mieux que celle du sanglier.

Nous allons rôtir nos jeunes filles, nos jeunes gens ;

Puis, offrir aux Visages de mort ces mets succulents.

 

Nous les anciens, nous nous pendrons dans les bois.

Ainsi, tout notre peuple se sacrifiera.

Ce sera quand même mieux qu'un cadavre pendu sur une croix.

 

Docteur, le Grand Esprit a posé son œil sur toi.

La Fin des Indiens

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