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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 15:59

ΒΟΝ, LA FRANCE

 

Version française – ΒΟΝ, LA FRANCE – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson allemande – Bon, la France – Franz-Josef Degenhardt – 1980

 

 

 

 

 

Jusqu'aux années 1940, tous les 20-40 ans, les Allemands ( qui sont notoirement de grands nomades depuis le temps des Völkerwanderungen) ont effectués plus que volontiers de excursions en France. Sauf qu'il s'agissait d'excursions un peu particulières, avec des régiments d'artillerie dans les bagages, de l'aviation, des chars et des divisions d'infanterie. Dans cette chanson, Franz-Josef Degenhardt reconstruit à sa manière l'histoire de ces petits tours, se servant d'une paire de Fritz qui personnifient les deux inséparables âmes de l'expansionnisme allemand : le militaire et l'affairiste : financier et banquier. Sans ces deux Fritz, Hitler n'aurait jamais pu exister. On commence au premier tour, la guerre franco-prussienne de 1870, on poursuit avec la guerre de 1914 et puis avec celle de 1940 ; et comme dit la chanson, : « Les patrons sont les mêmes. Seuls ont changé les modes,... » Il s'agissait toutefois de guerres « guerrières », avec leurs Sedan, Verdun, Ligne Maginot et leurs entrées à Paris. Elles pouvaient se passer bien ou mal, mais le résultat est que, tôt ou tard, de leur volonté spontanée ou à coups de pied dans le cul, les Allemands rentraient chez eux. Puis un jour finalement, ils ont découvert comment faire, sans tirs et fils barbelés, mieux valent les sous et la finance. Si possible sans trop se faire remarquer. La chanson est de 1980, mais sa dernière strophe est , je dirais, plus qu'actuelle. [R.V.]

 

 

 

Je voudrais ajouter une ou deux choses au commentaire de Riccardo, dit Lucien l'âne. D'abord, dire combien cette chanson va dans le même sens que les « Histoires d'Allemagne », jusqu'à présent 50 chansons que tu as écrites, mon ami Marco Valdo M.I., en tirant la substance d'un livre de Günter Grass qui raconte son « Siècle » allemand (1900 – 2000). Ensuite, elle confirme ce mouvement continu depuis, en gros, Otto von Bismarck et qui tend à faire une plus « grande Allemagne » et à mettre l'Allemagne à la dimension de l'Europe (a minima).

 

En effet, dit Marco Valdo M.I., on voit actuellement en Europe – au niveau des institutions européennes, au niveau des convulsions européennes, des contractions de parturition européennes, comme une sorte de « merkelisation » de l'Europe, comme une prémonition de Cinquième Reich... par les voies « pacifiques » de la domination commerciale, financière, administrative, réglementaire et politique. Avec comme le souligne si bien l'histoire des deux Fritz, derrière les circonstanciels politiques (Adenauer, Brandt, Schmidt, Kohl, Schröder, Merkel...) , toujours les mêmes puissances d'argent et d'industrie… En somme, l'illustration parfaite d'un grand épisode de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour étendre leur domination, pour accroître leurs profits, pour renforcer leurs pouvoirs et multiplier leurs privilèges... « Voyez ce qu'ils font aux Grecs... Demain, ce sera votre tour... »

 

Sans doute, dit Lucien l'âne en raclant le sol de son noir sabot, sans doute, ne pourrons nous seuls empêcher que pareil mouvement tectonique se poursuive... Mais, crois-moi, si on laisse ce monde (ici, cette Europe) aller son train , si l'on n'y met fin et rapidement, les pires choses pourraient revenir... Alors, tissons le linceul de ce vieux monde riche, avide, affairiste, arrogant, prétentieux et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Bon, la France
Bon, la France, bien compris,
Savoir vivre, oui oui oui
Les Allemands vont à Paris
Heidi-heido-heida haha,
Et cette fois, nous sommes là.


Ainsi chantaient ces deux-là à pleine voix (à tue-tête)

Pleins comme des boudins de noix

Le junker Fritz et Frizt Krauter.

Le junker à cheval avec les hussards

Manteau rouge et galons d'argent.

Manteau noir, Krauter fixait les prix

Des fusils et des munitions.

Tous deux rêvaient de feu et de sang.

Combien de grenades, combien de soldats

Avait-on vu crever à

Mars-la-Tour et à Gravelotte

Là-bas à Sedan sur les hauteurs

On était en mars septante et un

Quand on entra à cheval dans Paris,

Soûls, même nos chevaux,

Tous les Fritz chantaient en chœur

 

Bon, la France
Bon, la France, bien compris,
Savoir vivre, oui oui oui
Les Allemands vont à Paris
Heidi-heido-heida haha,
Et cette fois, nous sommes là.

 

On change de manteaux et de galons

En à peine plus d'une génération

Mais les Fritz ne changent pas

Ni leurs fabricants de canons.

Le colonel Fritz a galopé tant et plus

Et, en fedlgrau, il veut encercler Paris.

Fritz en frac, fait des dividendes

Il troque l'or contre du fer.

Comme tombent du ciel têtes,

Bras, jambes, éclats de fer

Aucun cri ne résonne comme le tonnerre

Devant Verdun dans la tempête d'acier.

Actionnaires et colonels

Parlèrent aussitôt de coup de poignard,

Les Fritz habituels ronds comme des queues de pelle,

Entonnèrent à nouveau :

 

Bon, la France
Bon, la France, bien compris,
Savoir vivre, oui oui oui
Les Allemands vont à Paris
Heidi-heido-heida haha,
Et cette fois, nous sommes là.

 

Peuple et Führer, Sang et Terre,

Les patrons sont les mêmes.

Seuls ont changé les modes,

Les mots et les signes.

L'Hauptsturmführer Fritz porte des galons,

L'économiste Fritz la chemise brune,

Plus l'artillerie tire vite

Plus s'améliore l'humeur

Des guerres-éclair victorieuses.

Et déjà brûlent les fours

Qu'on place le long des lieux

Où l'on exploite les esclaves du travail.

En 1940, Paris est prise,

Les mêmes Fritz arrivèrent à fond de train,

On est arrivés chez Maxims

Chantent-ils ainsi, par blague.

 

Bon, la France
Bon, la France, bien compris,
Savoir vivre, oui oui oui
Les Allemands vont à Paris
Heidi-heido-heida haha,
Et cette fois, nous sommes là.

 

Une génération plus tard,

Ils sont de nouveau là, les Fritz,

Jeunes directeurs de filiales

Et spécialistes de l'Europe,

L'un, major de la Bundeswehr,

Veston plus clair et très à son aise.

Fritz le banquier, porte beau.

Dès le matin au beau, tous deux

S'arrêtent un instant

Devant le tombeau du soldat inconnu,

Regardent de biais les passants,

Avant de reprendre leur chemin

Discrètement, et ils se dirigent

Vers les Champs-Élysées,

Attaché-case à la main,

Sourire en coin, ils chantonnent :

 

Bon, la France
Bon, la France, bien compris,
Savoir vivre, oui oui oui
Les Allemands vont à Paris
Heidi-heido-heida haha,
Et cette fois, nous restons là.

 

 
ΒΟΝ, LA FRANCE

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