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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 22:34

 

Tract

 

Canzone française – Tract – Marco Valdo M.I. – 2014

 

Le Livre Blanc 10

 

Opéra-récit contemporain en multiples épisodes, tiré du roman de Pavel KOHOUT « WEISSBUCH » publié en langue allemande – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1970 et particulièrement de l'édition française de « L'HOMME QUI MARCHAIT AU PLAFOND », traduction de Dagmar et Georges Daillant, publiée chez Juillard à Paris en 1972.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Évidemment, mon ami Lucien l'âne, comme dans toute affaire qui fait l'objet de polémiques, de communiqués, de rétraction… On voit fleurir d'autres types de réactions. Ainsi voit-on surgir de ce qui était un vide vertigineux des libelles, des feuillets, des feuilles, des papiers, des tracts. D'où sortent-ils ? On ne sait… Mais ils sont là…

 

 

Oh, les libelles et tout ça, les tracts, je connais ça. J'en ai vu depuis fort longtemps ; dès qu'on a pu imprimer, même rudimentairement, dès que l'on eut le papier, ils sont apparus. Le tract est l'arme du réprouvé, il est la voix du faible, il passe le mot sous le manteau. Il peut se répandre à petites doses, venter comme la brise sur l'océan ou déferler comme des vagues marines. Donc, la chanson est un tract, c'est bien ça ?

 

 

Exactement. Une chanson-tract ou un tract en chanson. Mais pas n'importe quel tract, un tract poétique et comme bien des tracts, d'une virulence explosive. Et c'est bien son but, frapper comme une balle. Pas n'importe quel tract, c'est le tract que les jeunes adressent à leurs pères, autrement dit aux pouvoirs en place. Il y a dans ce tract comme un souffle de jeunesse, une sorte de concentré de ce qui se disait à la fin des années soixante du siècle dernier et qui – il faut l'espérer – resurgira au prochain printemps.

 

 

Il me semble aussi entendre d'autres voix, venues d'un autre temps… Par exemple, ces mots de justice et liberté étaient le nom d'un mouvement de résistance sous le fascisme et on les entendit aussi, dans la France de la fin du siècle des Lumières, puis dans l'Europe de 1848… Et bien souvent aussi, ailleurs. On dirait un recommencement, une sorte d'éternel retour…

 

 

Mais c'est de cela qu'il s'agit, Lucien l'âne mon ami, c'est là un épisode classique de la Guerre de Cent Mille Ans et la revendication qu'il porte de changer le monde pour changer la vie devra bien un jour être rencontrée. Car, vois-tu, cette exigence est plus profonde que certains se plaisent à l'imaginer ; elle résulte d'une insatisfaction abyssale, née précisément du trop plein, née cette avalanche de choses, née de la marchandisation du temps et de la vie elle-même. Pour dire les choses plus précisément encore : née de la réification du monde… Ils ont transformé le monde en choses et par le fait-même, ils ont condamné la vie à l'inertie quotidienne.

 

 

Ce sont, écoute bien ce que je dis, Marco Valdo M.I. mon ami, ce sont des apprentis sorciers que ces bâtisseurs d'empire et malgré leur morgue et leur puissance, et sans doute en raison de leur morgue et de leur puissance, telle la vague de la mer cent mille fois recommencée, revient le lancinant propos :

 

« Quant à nous, oui, nous...

Nous, nos espérances sont infinies.

Nous voulons changer la vie,

Nous voulons changer tout. »

 

 

 

L'Histoire n'est pas finie, en effet, dit Marco Valdo M.I. elle n'arrête pas de jouer des tours à ceux qui entendent l'arrêter. Comme si on pouvait arrêter le temps.

 

 

Et nous, pour notre part, nous poursuivons notre notre tâche et nous tissons, imperturbables, le linceul de ce monde ronflant, mercantile, dogmatique, croyant et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

Comme les ours,

Vous hibernez.

Vous n'êtes plus dans la course,

Il vous faut vous réveiller.

Ô pères et autres vieux

Chevaux domestiqués aux tristes yeux

Pris dans les œillères

Ô pères, aux vérités mensongères

Aux mille dogmes, aux mille crédos,

Cette prison de machines emplie,

Croulant sous les frigos, les autos,

C'est votre monde sans vie.

 

 

Quant à nous, oui, nous...

Nous, nos espérances sont infinies.

Nous voulons changer la vie,

Nous voulons changer tout.

Nous, au nom de l'humanité,

De l'avenir, du futur du monde

Contre votre bêtise, contre votre lâcheté,

Votre sclérose, votre hypocrisie immondes,

Au nom de Jean Huss, de Giordano Bruno,

De Galileo Galilée, de tous les réprouvés,

Nous voulons créer un monde nouveau,

Un monde de justice et de liberté.

 

 

Alors, nous allons tout boycotter

Vos églises : boycotter

Vos partis : boycotter

Votre presse : boycotter

Votre radio : boycotter

Vos télés : boycotter

Vos cinémas : boycotter

Vos magasins : boycotter

Vos écoles : boycotter

Et vos universités.

Nous boycotterons tout

Car de votre monde, nous, on s'en fout !

 

Tract

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