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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 10:08

DE LA TÊTE AUX PIEDS

 

Version française – DE LA TÊTE AUX PIEDS – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande – Ich bin von Kopf bis Fuß auf Liebe eingestellt – Friedrich Hollaender – 1930

Paroles et musique de Friedrich Hollaender (1896-1976), auteur et compositeur allemand de chansons et de musique pour le cinéma.

 

 

 

Les hommes frétillent autour de moi,

 
 

De vrais papillons près de la flamme.

 

Et s'ils s'enflamment,

 

Je n'y peux rien, moi.

 

 

 

 

Interprétée par Marlène Dietrich dans le film « Der Blaue Engel » (L'Ange Bleu), dirigé en 1930 par Josef von Sternberg, avec la Divine dans le rôle de la serveuse de cabaret Lola-Lola, entourée d'Emil Jannings et Kurt Gerron. Le scénario, en grande partie écrit par Carl Zuckmayer, était basé sur la nouvelle de Heinrich Mann « Professor Unrat » publiée en 1905.

Je propose cette chanson, quoique dans les Extras, pour différentes raisons que je vais illustrer :

 

 

 

L'écrivain Heinrich Mann (1871-1950), auteur du récit dont « L'Ange Bleu » fut tiré, a été un fier opposant du nazisme et pour cela forcé à la fuite et à l'exil déjà en 1933. Inutile de dire que toute son œuvre fut bannie du régime, tout comme celle du scénariste du film Carl Zuckmayer (1896-1977), qui était en outre en partie juif (et finit, comme Mann, exilé aux USA) ;

 

 

 

« Der Blaue Engel » (L'Ange bleu) – un des films symbole de la liberté artistique qui caractérisa la période de la République de Weimar – fut évidemment interdit par les nazis, comme symbole de l'art dégénéré (« entartete Kunst ») qu'il fallait extirpé au nom des valeurs de la race aryenne et de sa tradition culturelle.

 

 

 

« Der Blaue Engel/The Blue Angel » (L'Ange bleu) fut tourné par von Sternberg en même temps en allemand et en anglais, sa carrière, étroitement liée à celle de Dietrich, se poursuivit dans les studios de la Paramount aux USA. Par la suite, les nazis offrirent à Dietrich un contrat spatial si elle acceptait de retourner travailler à Berlin, mais elle, qui les haïssait viscéralement, refusa indignée et au contraire demanda immédiatement la nationalité américaine. Les compères de Lola-Lola restèrent par contre en Allemagne : Emil Jennings devînt un artiste du régime ; Kurt Gerron, qui était juif, crut que sa popularité le sauverait… Il fut enfermé à Theresienstadt, forcé à interpréter le film de propagande « le Führer offre une ville aux juifs » et ensuite il fut éliminé comme tous les autres (voir à ce propos Karussell (Wir reiten auf hölzernen Pferden).

 

 

 

La version anglaise d'« Ich bin von Kopf bis Fuß auf Liebe eingestellt » s'intitule « Falling in Love Again », oeuvre du songwriter américain d'origine roumaine Samuel « Sammy » Lerner (1903-1989, celui de « betty-Boop » et de « Popeye The Sailor ») et, bien que beaucoup moins imprégnée d'érotisme de l'original, elle eut un discret succès, étant interprétée par beaucoup, parmi lesquels le Beatles, Kevin Ayers, Billie Holiday, Doris Day, Sammy Davis, Jr., Nina Simone, Claudine Longet, Ute Lemper, Marianne Faithfull, Bryan Ferry et beaucoup d'autres.

 

 

 

Et « Falling in Love Again » est aussi dans la musique d'un beau film documentaire dirigé en 2000 par Rob Epstein et de Jeffrey Friedman, avec la voix de l'acteur anglais Rupert Everett : « Paragraph 175 » rassemble le témoignage de quelques hommes et de femmes survivants des camps nazis dans lesquels ils furent enfermés pour homosexualité sur la base du « paragraphe 175 », l'article du code pénal allemand, remontant à 1871, qui criminalisait la sodomie et que les nazis exacerbèrent dès 1935. Par milliers furent les homosexuels internés, marqués du triangle rose, et moins de la moitié d'eux survécut.

 

 

 

 

Ah, dit Marco Valdo M.I. en souriant, j'aime beaucoup Marlène Dietrich et son Ange bleu ; elle est très troublante, j'en conviens... Mais d'abord et avant tout, il faut, dirait-on, rendre à César... Je sais que c'est un vieux débat et qu'il a été plusieurs fois abandonné faute de combattants, mais dans ce cas particulier, il importe de remarquer le fait que le César en question fut Friedrich Hollaender, est en soi une raison (une de plus) pour que cette chanson figure dans les CCG, où figurent déjà Hollaender, d'autres de ses chansons et son humour dévastateur... Et puis quand même, il en est l'auteur de cette merveilleuse chanson ; ce qui me semble une raison définitive... Puisqu'enfin, il n'y a qu'un auteur et de très nombreux interprètes... Même si je suis persuadé que Marlène fut une artiste exceptionnelle, une grande dame et une femme éblouissante.

 

 

Je me demande, dit Lucien l'âne les yeux rêveurs, à quelle autre chanson, française celle-là, elle me fait irrésistiblement penser... Car elle me fait ressouvenir d'une autre chanson et d'une autre femme étourdissante. J'entends dans le fond de mes oreilles cette voix à la fois et grave et douce et profonde, une de ces voix qui va au fond du tréfonds, qui remue jusqu'à la tripe...

 

 

Laisse-moi deviner ou plus exactement, laisse-moi te dire que je sais, sans aune restriction, je sais qu'il s'agit de Juliette... et qui d'autre pourrait-ce être ? Je ne l'imagine même pas...

 

 

Si tu t'imagines, fillette... n'est pas la bonne chanson. Mais c'est la même chanteuse, en effet. C'est bien Juliette Gréco... Rien que d'en parler, j'en suis tout retourné... Comme tu peux le voir, j'en tremble tout au long du dos...

 

 

J'imagine fort bien l'effet que peut te faire Juliette et j'imagine aussi celui que peut te faire une fille comme Marlène, d'autant que tu es connu dans le monde entier pour avoir été séduit et ensorcelé par une femme... Sans quoi tu ne serais pas toi-même, Lucien l'âne. Alors, écoute, Lucien l'âne mon ami, moi, je suis comme je suis et quand je dis que je sais, je sais. Alors, la voici ta chanson... Au moins, le début et tu me diras, si moi, comme la fillette de Queneau, je me goure...

« Je suis comme je suis

Je suis faite comme ça

Quand j’ai envie de rire

Oui je ris aux éclats

J’aime celui qui m’aime

Est-ce ma faute à moi

Si ce n’est pas le même

Que j’aime chaque fois... »,

voilà ce qu'elle chante la Juliette.

 

 

C'est bien celle-là et il suffirait de la masculiniser pour qu'elle t'aille comme un gant, cette chanson... À moi aussi d'ailleurs...

 

 

Une bonne chanson... Une chanson de Prévert qu'il faudra insérer dans les CCG, puisqu'on y a bien mis celle de Marlène. Je le ferai moi... Et pareil pour la fillette de Queneau... D'ailleurs, je te promets de le faire bientôt... Mais une chose à la fois, une femme à la fois, retour à Marlène et à l'amour.

 

 

L'amour, l'amour, on ne sait trop ce que c'est... La seule chose que j'en sais, c'est qu'il m'a joué un fameux tour. Mais cependant, à tout prendre, c'est mieux que la guerre.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M .I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

Un regard de guingois
Un « Je ne sais quoi »
Flâne parfois dans les yeux
D'une belle femme.
Mais si mes yeux
Dans un face-à-face
Sont absorbés par les siens
Que disent alors les miens? :

 

Je suis de la tête aux pieds
Captive de l'amour,
Mon monde, c'est l'amour
Et l'amour tout entier.
Je le dis sans aucun détour,
C'est ma vraie nature,
Je peux seulement vivre d'amour
Et de rien d'autre.

 

Les hommes frétillent autour de moi,
De vrais papillons près de la flamme.
Et s'ils s'enflamment,
Je n'y peux rien, moi.
Je suis de la tête au pied
Faite pour l'amour,
Je ne peux vivre que d'amour
Je n'y peux rien changer

 

Comme mes mains frémissent,
Sous leurs brûlantes instances?
Ils voudraient s'éclater
Ils n'en ont jamais assez .
Ils me pardonnent,
Ils le comprennent
J'aime ce qui est nouveau
Je trouve ça si beau !

 

Je suis de la tête aux pieds
Captive de l'amour,
Mon monde, c'est l'amour
Et l'amour tout entier.
Je le dis sans aucun détour,
C'est ma vraie nature,
Je peux seulement vivre d'amour
Et de rien d'autre.

 

Les hommes frétillent autour de moi,

De vrais papillons près de la flamme.
Et s'ils s'enflamment,
Je n'y peux rien, moi.
Je suis de la tête au pied
Faite pour l'amour,
Je peux seulement vivre d'amour
Et je n'y peux rien changer.

DE LA TÊTE AUX PIEDS

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