Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 16:25

LE TIC

 

Version française – LE TIC – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Il Tic – Giorgio Gaber – 1968

 

Texte de Walter Valdi

 

 

Mort au Travail !

 

 

 

Je travaillais chez Baggio

À la chaîne de montage

Je tournais une manivelle,

La même toujours, toujours elle.
Et un jour ainsi

Un tic me prit.

 

Je travaillais chez Baggio

Sur un tapis d'assemblage

Le moteur passait

Ma tête se tournait

Pour le suivre et ainsi

Un autre tic me prit.

 

On n'est pas si mal

Avec un tic horizontal

Mais il passait trop haut

Je l'atteignais d'un saut

Ainsi, ce tapis tyrannique

Compliqua encore mon tic.

 

Ils m'ont changé de secteur

Résultat : un infar au cœur

Le tapis était bien là

Dans l'autre sens, cette fois

Je me retrouvais mal barré

Avec mon tic modifié

 

Pour faire mon devoir

Il me fallait me mettre de biais

Et comme on peut voir,

J'ai hérité d'un tic à un pied

Et pour freiner cette pédale

J'avais vraiment du mal !

 

Je travaillais chez Baggio

En mai, quand ils m'ont viré

Le directeur m'a déclaré :

Avec vos tics, espèce d' idiot

Arrêtez de faire le malin

Vous n'êtes plus bon à rien.

 

 

Par Marco Valdo M.I. - Publié dans : Giorgio Gaber
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 15:55

LES CHATS

 

 

Version française – LES CHATS – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – I Gatti – Don Backy – 2003

 

 

 

 

Vois-tu mon ami Lucien l'âne aux sabots et aux yeux de braise volcanique, si l'âne est admiré et bien aimé ici, il est un autre animal domestique – au sens, d'animal de la maison – qui est aussi très apprécié et tout comme lui, depuis la plus haute Antiquité. C'était le grand protecteur des récoltes, le gardien du garde-manger des hommes. Un animal aimé et recherché dans les campagnes et dans les villes et jusque dans la marine... Pour les voyages au long cours, on ne partait jamais sans lui. Il a tant rendu de services, tant aidé l'humaine nation – tout comme l'âne d'ailleurs – qu'on lui réserve à présent une place de premier choix dans la maison, où parfois encore, il rend quelque menu service croquant un rat ici, une souris là. Comme tu l'as deviné, je pense, c'est...

 

Le chat... dit Lucien l'âne tout rigolard. À nous les ânes aussi, il rend moult services et nous tient agréable compagnie. Jeune, il est jouette, plus ancien, il est chouette. Il nous débarrasse de ces casse-couilles de rats qui nous réveillent toutes les nuits... Quand Raminagrobis n'est pas là , les rats font la sarabande dans nos étables que c'en est un véritable sabbat. Et pendant ce temps-là, nous, on n'en dort pas. Et puis, ils ont des habitudes charmantes, comme de venir ronronner près de nos têtes pour nous bercer. Décidément, moi, j'aime beaucoup les chats. On dit qu'à certaines saisons, ils font un raffut du diable... mais ce sont toutes menteries... Nous, les ânes, à ces saisins-là, on fait bien plus de bruit que ça. Et puis, ce sont des chansons d'amour... Et nous les ânes, on aime ça.

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, je vois que tu connais bien les chats et depuis la plus haute Antiquité, comme aurait dit celui qui nous fit aimer la chronique et à qui nous devons de finir toutes nos parlottes par cet « Ainsi Parlaient... ». Je ne puis résister à t'en lire quelques mots, je t'en fais un résumé – il s'agit de tigres et de chats : « On conseille beaucoup aujourd'hui de mettre un tigre dans son moteur. C'est une idée parfaitement ridicule. Et même un procédé cruel. Un tigre mis dans un moteur souffre aussitôt de claustrophobie. Il n'entre jamais sans qu'on force, même avec un écouvillon. Tous les zoologistes le savent... Il est avantageux d'y remplacer le tigre par le chat. On peut le mettre dans son moteur beaucoup plus facilement que le tigre. Mais c'est une idée saugrenue. La place du chat est sur les genoux de son maître... » Tu auras reconnu Alexandre Vialatte, lequel disait encore du chat comme dans la chanson de Don Backy : « Les chats n'ont pas les souvenirs des hommes. Ils courent après leurs propres songes, suivant des odeurs qui les guident, les font méditer ou bondir, sans que leur univers croise le nôtre.... Que peut savoir un chat d'un homme qui donné son nom à une rue ? Il y a pourtant des gens qui travaillent toute leur vie pour qu'un chat puisse passer un jour dans un espace mélancolique bordé d'un asphalte brûlant, auquel une assemblée distraite aura décidé finalement de donner leur nom... ». Je m'arrête là, le chat est un sujet inépuisable.


 

http://lesanimauxducinema.l.e.pic.centerblog.net/o/a5624adb.jpg

 

Et si le tigre n'est pas d'accord ?

 


 

En effet, tu causes, tu causes des chats, ces joyeux félidés et pendant ce temps-là, les riches continuent à mener la Guerre de Cent Mille Ans qu'ils font aux pauvres en Grèce (REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT BIENTÔT) et ailleurs, et chat ou pas chat [[39163]], il nous faut avec nos doigts ou même, avec des griffes, tisser le linceul de ce vieux monde morose, grisouillard, empli de noirceur et cacochyme (Heureusement !).

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Les chats sont des animaux étranges

Divins et magiques pour les Égyptiens

Ce sont des magistères en philosophie

Leur vertu, c'est un égoïsme souverain

Ils ne donnent leur confiance à personne et le cas échéant,

Ils mordent la main de leurs fines dents

En eux, la nuit coule comme un fleuve

Ils disparaissent en un instant

Puis, ils sortent d'un coup des ténèbres

Comme des coulisses, un acteur célèbre

Cruels, ils sont prêts à dégainer leurs griffes

Comme les tigres, leurs lointains parents.

Ils se promènent parmi les livres et les nuages

Et tiennent une part active dans les fables

Ils passent dédaigneux au milieu des sorcières et des mages

Ils snobent ceux qui les méprisent

Sì, ce sont des Narcisse

Et des traîtres aux airs d'ermite

Ils font des mines de chattemite

Ils ont des cœurs sanguinaires, jamais serviles

Et une conscience terriblement strabique

Un œil semble regarder le cuisinier

Pendant qu'ils feignent de sommeiller

L'autre œil observe le ragoût de reste.

Mais si je devais faire confiance

À mon prochain ou à ce traître majuscule

Je me fierais à l'animal exotique

Je saurais au moins à quoi m'attendre.

 

Puis, ils sortent d'un coup des ténèbres

Comme des coulisses, un acteur célèbre

Cruels , ils sont prêts à dégainer leurs griffes

Comme les tigres, leurs lointains parents.

Ils se promènent parmi les livres et les nuages.

Mais si je devais faire confiance

À mon prochain ou à ce traître majuscule

Je me fierais à l'animal exotique

Je saurais au moins à quoi m'attendre.


 

Par Marco Valdo M.I.
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 09:52

IMAGINATION


Version française – IMAGINATION – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Fantasia – Don Backy – 1971

Texte et musique : Aldo Caponi (Don Backy)


L'Impératrice fut appelée Imagination. Ce n'est pas par hasard si en 68, nous la voulions au pouvoir.. Baguette magique contre grands pouvoirs. Université sans frontières qui pénètre « l'intériorité » de la pluie et du temps. Prêtresse qui célèbre le mariage de l'eau et du feu. Énergie qui transforme le matériel en plume-voyageuse dans le cosmos, et même au-delà, sans limites. Poussée transformatrice des jambes et des bras déshabitués de monter. Fée qui convainc le rouge-gorge de ne pas fuir quand l'homme s'approche. Intermédiaire avec le dieu des arbres qui agit au près de lui, pour qu'il offre de l'amitié et montre la naissance d'un lilas. Couronne d'une tristesse plus populaire et symbole des tristesses en voyage. Compagne qui devient maladie: sève précieuse qui semble un « état pathologique » dès qu'elle est entrée dans la pierre de viande où fut sculpté l'homme. Potentialité immense sans données personnelles, encore renfermés dans les Archives de l'avenir. Idée cosmopolite qui dessine le corps de la Géographie avec l'encre de l'Assistance Mutuelle. Elle fut appelée Imagination .
Le possesseur révèle tout, privilégié. Le coeur éclate, reconnaissant: "Et je peux donner au monde aussi mon corps, pour qu'on puisse écrire sur lui un mot : Amour."

 

 

 



Que ferais-je – sans ma maladie bleue ?

Que ferais-je – sans cette imagination immense ?

Je ne pourrais certes pas voir les fenêtres pleurer de pluie dans le soir

Je ne pourrais certes jamais savoir

De quelle couleur est une heure...

Je ne pourrais certes pas imaginer

Que l'air qui te touche ne respire pas.

Je ne pourrais certes jamais voir l'eau

Vivre heureuse avec le feu !

Que ferais-je – sans ma maladie bleue,

Sans une imagination infinie...

 

Je peux pour une heure

Voler dans l'éternité du ciel.

Et chaque minute de cette heure

Je vis comme dans une éternité.

Je peux grimper sur les branches

Réchauffer les rouge-gorge avec mes mains,

Prier le dieu des arbres

Qu'il me fasse voir naître un lilas..

 

Avec ma grande, immense, maladie bleue

Dans les champs, je vois aller ma tristesse

Vêtue de neige et solitude

Et je peux baigner mon corps

Comme s'il était le monde...

L'Europe est ma tête et pense

L'Amérique est ma poitrine qui respire...

Mes bras l'Asie et l'Afrique

Et mes jambes l'Arctique et l'Australie

Qui serais-je, sans ma maladie bleue

Et je peux aussi donner au monde mon cœur

Pour qu'on puisse écrire sur lui un mot: Amour.

Par Marco Valdo M.I.
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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 21:34

LE TRAVAIL REND LIBRES

 

Version française – LE TRAVAL REND LIBRES – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Il lavoro rende liberi – Meltea Keller – 2011


Je porte une aiguille dans la poche de ma veste

Qui se transforme en épée quand ils volent mon temps

Ils m'ont dit que le travail donne de la satisfaction:

Je l'ai redit au préposé aux toilettes de la gare...

 

Vends-toi au mieux, babe, ne vas pas chercher trop loin

Plus tu es intelligente, moins tu auras en main

Chiffres, tettes, yeux éteints, disponibilité

Nous payons en souffle la flexibilité.

 

Il y a une chose qui arrive chaque jour à midi

Explique-le à mon estomac ce qu'est la liberté

Fais le même compromis: ça finira bientôt

Ou quelque dépendance au hasard me sauvera

Ce n'est certes pas ainsi que j'imaginais mon avenir...

 

Et jamais comme cette fois la peur de mourir vivants

Quand ils arriveront au feu sacré en moi

Pourquoi? Pourquoi? J'ai un 'daimon' qui meurt

Car, car - la jeunesse meurt

Change les choses ou tu changeras !

 

Je porte une aiguille dans la poche de la veste

Et toi tu te fous de moi parce qu'ils t'ont déjà mangé

Tu l'as bien vendue pour un plat de lentilles

Et pendant qu'ils te déshabillent tu souris et tu m'injuries

Ce n'est certes pas ainsi que j'imaginais mon avenir...


Et jamais comme cette fois l'angoisse d'un vrai refuge

Pourquoi l'âme ne prend pas le gris de la société

Pourquoi? Pourquoi? J'ai un 'daimon' qui meurt

Car, car - la jeunesse meurt...
Change les choses ou tu changeras !

 

Jamais comme cette fois,

Jamais comme cette fois...

Par Marco Valdo M.I.
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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 16:44

 

Mal aux genoux

 

Canzone française – Mal aux genoux – Marco Valdo M.I. – 2012

Histoires d'Allemagne 69

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass. : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

Mal aux genoux, mal aux genoux... Justement... Elle tombe à pic ta chanson... J'ai horriblement mal aux genoux. Pas étonnant avec ce temps... On souffre terriblement de ça, nous autres, les ânes et en plus, on en a quatre des genoux... C'est d'autant plus douloureux..., dit Lucien l'âne en se relevant d'un coup de reins majestueux sur ses jolis sabots noirs comme le brai. D'ailleurs, tu le vois, je m'étais mis ainsi à genoux dans la boue, car c'est un excellent remède à l'arthrose, l'arthrite et compagnie. Enfin, je suppose que ce n'est pas de mes genoux qu'elle parle cette canzone...

 

En effet, Lucien l'âne mon ami, ce n'est pas de tes genoux qu'elle se soucie, mais de ceux de Willy... Lequel Willy et ses genoux ont réellement existé comme tels dans l'histoire d'Allemagne de cette année 1970. Quand Willy est tombé sur ses genoux, personne ne s'y attendait et ce fut une telle surprise, qu'elle fit le tour du monde. On en parle encore aujourd'hui. Il faut dire qu'il a fait ça en direct devant les journalistes, les télévisions et tous les officiels qui étaient présents à  cette cérémonie. Willy était censé s'incliner un instant et déposer une gerbe de fleurs à l'endroit où il y avait eu un ghetto... et où il n'en restait plus rien... L'autre avait donné l'ordre de le raser complètement, habitants compris. Ce qui fut énergiquement accompli... L'autre avait été nommé chancelier d'Allemagne en 1933 et avait disparu dans les décombres de sa chancellerie en 1945. Entre les deux, il y avait eu des millions de morts, des dizaines de millions de morts... Comme le disait au siècle précédent Platen, un poète élégiaque – allemand lui aussi : « Il n'est rien de pire ici bas que d'être Allemand ».

 

La citation est parfaitement adaptée à la situation... Est-ce toi qui l'as retrouvée ?

 

Non, non... Enfin, oui, sans doute... À force de lire, mais pas directement dans les poèmes de Platen... C'est Karl Kraus qui l'avait publiée dans sa revue Die Fackel... Mais peu importe, je ne vais pas te parler de la Troisième nuit de Walpurgis, ça nous mènerait trop loin. Retiens seulement que Willy, frappé aux genoux par le mal de son pays (rien de pire ici bas que d'être Allemand), peu après que l'autre ait accédé au pouvoir, s'est exilé en Norvège, est devenu Norvégien et n'est rentré et n'a repris la nationalité allemande qu'après l'élimination du Führer des « barbares Aryens » (dans la canzone : l'autre). Et bien des années, vingt-cinq très exactement, un quart de siècle plus tard, il est devenu lui-même chancelier d'une moitié de l'Allemagne et c'est comme chancelier que ses genoux – ce jour-là – l'ont lâché. Il y aurait encore un milliard de choses à raconter, mais je te laisse découvrir la canzone...

 

Certes, mais Willy n'a pas fait que tomber sur les genoux quand à son tour, il fut chancelier... J'en ai le souvenir d'un homme qui a tenté de changer les choses, et en comparaison avec ses prédécesseurs, dans le bon sens...

 

En effet, si on mesure l'action de Willy à celle de ses prédécesseurs (et même de ses successeurs) au poste de chancelier, il constitue une exception... On dirait une sorte de personnage humain et assurément pacifique au milieu d'un monde de belliqueux et d'affairistes. Un gars étrange qui boitait là où tous les autres marchaient au pas de l'oie. Un gars qui imposa des actes de paix là où on en était encore prêt à en découdre... D'ailleurs, finalement, ils ont réussi à l'écarter... Donc, voilà, c'est l'histoire de Willy.

 

Je me demande, dit Lucien l'âne en hochant son vaste crâne, je me demande dans quelle mesure ce ne fut pas, alors qu'il fut plongé dès sa jeunesse dans une phase apocalyptique de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour asseoir leur domination, étendre leurs privilèges, assurer leurs richesses, imposer le travail et l'exploitation, ce ne fut à sa manière que Willy tissa, comme nous nous nous efforçons de le faire, le linceul de ce vieux monde d'épouvante, de détresse, de massacres, mythomane et cacochyme (heureusement).

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 


 

 

Willy, appelons-le ainsi

Willy avait mal aux genoux

Du gauche, du droit, il boitait aussi

Quand il venait chez nous

Ô ses douleurs, ce n'était pas arthrose, arthrite et compagnie

C'étaient les séquelles d'un mal au pays

 

Die Fackel citait Platen, on était en 1933

« Tu le sais depuis longtemps

Il n'est rien de pire ici bas que d'être Allemand »

L'autre était chancelier depuis trois mois

L'idée n'est pas nouvelle comme tu le vois.

Willy aussi en ce temps-là

Se sentait si mal d'être Allemand

Qu'il a changé de nom et même de pays.

 

Willy, appelons-le ainsi

Willy avait mal aux genoux

Du gauche, du droit, il boitait aussi

Quand il venait chez nous

Ô ses douleurs, ce n'était pas arthrose, arthrite et compagnie

C'étaient les séquelles d'un mal au pays

 

Au début, il ne s'appelait pas Willy,

C'est comme je vous le dis

Quand il est né, à Lübeck, il s'appelait Frahm

Herbert Ernst Karl Frahm

Du nom de sa mère; son père,

Un comptable appelé John Möller

Avait simplement disparu

Sans même l'avoir reconnu.

 

Willy, appelons-le ainsi

Willy avait mal aux genoux

Du gauche, du droit, il boitait aussi

Quand il venait chez nous

Ô ses douleurs, ce n'était pas arthrose, arthrite et compagnie

C'étaient les séquelles d'un mal au pays

 

L'autre était chancelier depuis un mois

L'Allemagne suffoquait déjà.

Herbert Ernst Karl entrait dans l'anonymat

Il se renomma Willy Brandt et le resta

Dans la clandestinité, dans l'exil, à l'étranger

Il mena le combat et garda sa dignité

Jusqu'à se faire citoyen norvégien

Pour récuser ces barbares Aryens

 

Willy, appelons-le ainsi

Willy avait mal aux genoux

Du gauche, du droit, il boitait aussi

Quand il venait chez nous

Ô ses douleurs, ce n'était pas arthrose, arthrite et compagnie

C'étaient les séquelles d'un mal au pays

 

L'autre était crevé depuis vingt-cinq ans

Willy était chancelier depuis un an

Pour réparer l'ignominie d'autrefois

À genoux face au ghetto, il tomba.

Recoudre ce qui était déchiré

Une cicatrice bien dessinée

Rapprocher ce qui était séparé

Reconnaître la moitié opposée.

 

Willy, appelons-le ainsi

Willy avait mal aux genoux

Du gauche, du droit, il boitait aussi

Quand il venait chez nous

Ô ses douleurs, ce n'était pas arthrose, arthrite et compagnie

C'étaient les séquelles d'un mal au pays

 

Par Marco Valdo M.I. - Publié dans : Marco Valdo M.I.
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